VIII  Hellfest TV#8

Airbourne
01
Mar
Interview Hellfest : Overkill !!!

Après Demonaz d'immortal, c'est Bobby Ellsworth qui répond aux questions d'hellfest.fr

Mardi 23 février 2010, quelques minutes avant de mettre le feu aux planches parisiennes du Nouveau Casino, Bobby ‘Blitz’ Ellsworth a pris quelques minutes de son temps pour répondre aux questions d’hellfest.fr. Malgré des conditions difficiles (l’interview s’est tenue sur le coin de table d’un café-brasserie en plein service), cette légende vivante du thrash metal a pleinement joué le jeu pendant les 10 minutes qu’il a pu nous accorder. Un parfait gentleman en quelque sorte.

 

Comment se déroule le tour jusqu’à présent ?

Très bien ! Les dates allemandes ont presque toutes été à guichets fermés et il s’agissait de salle deux fois plus grande que celle de ce soir (la capacité du Nouveau Casino est d’environ 400 personnes). Le dernier album marche bien. Overkill n’est pas dépendant du succès de ses disques : le groupe a toujours eu un public fidèle sur les tournées, et qui ne manque pas de faire la fête avec nous à chaque nouvel album. Le côté cool de cette tournée, c’est que le succès d’Ironbound ramène pas mal de public en plus, rendant la foule plus compacte, le show plus intense.

 

Les chroniques de votre dernier album, Ironbound sont excellentes et unanimes : toutes prétendent qu’il est supérieur aux précédents. C’est ton point de vue ?

Ce sont tous mes enfants ! Tous ces albums ! Et ils sont tous aussi réussis les uns que les autres ! (rires) Au bout de 25 ans dans le métier, ce genre de chose ne me préoccupe pas vraiment. Tu ne peux pas accorder plus d’importance que ça à ces chroniques. Aujourd’hui, j’ai appris à dire ‘merci’ mais dans mon fort intérieur, quand je suis aux toilettes et que je manque de papier… une bonne chronique et une mauvaise chronique ont la même valeur ! (rires)

 

Ne penses-tu pas que le thrash metal est remis à l’honneur en ce moment ?

C’est surtout dû aux nouveaux groupes et non pas à nous. Mais nos ventes sont actuellement en progression, en effet. Cette croissance s’explique par l’attrait du jeune public pour ces nouveaux groupes et qui ont l’opportunité de mieux comprendre leurs influences, qu’elles soient Exodus, Testament, Overkill ou le Big Four. C’est vraiment une période unique pour cette musique, celle où trois générations sont balayées. C’est vraiment super.

 

Comment se fait-il qu’Overkill n’ait pas pu intégrer ce fameux Big Four du thrash metal ?

Je pense que c’est juste une question de succès. Ce n’est pas quelque chose que tu peux planifier. Tu ne peux pas prévoir et te dire ‘je vais me retrouver dans telle situation à tel moment’. C’est le succès, la popularité qui détermine la suite : les compos, les bonnes opportunités, le timing adéquat, les grosses tournées… Nous avons manqué de certains de ces ingrédients. Tous ces groupes méritent leur succès mais je ne suis pas du genre à jalouser ce qu’ont les autres. Je ne mesure pas mon succès en dollars ou en euros mais en jours. On ne vit qu’une fois et s’il y a une chose dont je sois fier, c’est notre pureté. Grâce à cette pureté, nous avons pu faire de notre mieux, en fonction de nos possibilités, et ce, pendant 25 ans. Et pour moi, il n’y a pas mieux.

 

25 ans : cela représente une longue carrière… Jamais tenté de jeter l’éponge à un moment ?

J’ai failli mourir plusieurs fois ! (rires) J’ai toujours essayé de vivre le moment présent car c’était pour moi le plus important. DD Verni (bassiste depuis la fondation du groupe) et moi-même avons su comment faire de la musique notre métier et ce, dès le début. Nous n’avons pas un gros public en France mais nous avons toujours bénéficié d’un large soutien autre part. C’est notre métier, on ne livre pas des journaux, on ne bosse pas ailleurs : on a toujours été Overkill ! Le plus important c’est de savoir ce que tu veux faire de ta vie. Dans mon cas, c’est facile de dire ça parce que je vis de ma passion : mon existence est celle d’un mec qui fait partie d’Overkill depuis 25 ans.

 

Comment expliquez-vous votre succès mitigé en France ? Manque d’opportunités, ventes insuffisantes, mauvais management…?

Mauvais management ? Mais le manager,… c’est moi! (rires) Ouais, un mauvais manager! (rires) C’est la combinaison de plusieurs facteurs… On n’a jamais été très gros en France mais notre succès a toujours été solide aux Etats-Unis pendant toutes ces années. Et puis si on compare le parcours d’Overkill à celui d’une multitude de groupes lancés pendant les années 80… On n’a peut être pas eu le succès des groupes du Big Four mais on n’a jamais dû se résoudre à retourner bosser pour Papa et Maman !(rires)

 

Quel est ton point de vue sur le téléchargement illégal : est-ce une menace ou une opportunité ?

(long silence) J’ai toujours fermé les yeux sur cette pratique car je pense que l’industrie musicale se plaint que le téléchargement illégal est en train de la détruire alors alors qu’elle l’a déjà fait elle-même en signant n’importe qui possédant une guitare ! (rires). A notre époque et à mon âge, il faut apprendre à faire avec. Je ne pense pas que cela soit une menace : tu ne peux pas demander à des passionnés vivant en France, en Allemagne ou au Japon de pouvoir se payer les albums de tous les groupes qui les intéressent. Et comme, ce n’est pas possible, je continue de fermer les yeux. J’accepte la situation mais j’espère qu’au final, ils m’aideront à rembourser mon prêt immo (rires).

 

Comme tu le sais, Overkill sera à l’affiche de la prochaine édition du Hellfest en juin prochain. Que sais-tu à propos de ce festival ?

Nantes… Le plus gros festival metal français… Je viens de jeter un œil sur un magazine dans notre bus, Metallian, lequel contient toute une série de clichés sur le Hellfest : ça a l’air plutôt sympa ! Sa réputation est excellente… pas immense mais en pleine croissance !

 

Voila les groupes présents cette année, en attendant la dernière salve qui sera confirmée prochainement (Bobby jette un œil à l’affiche, amputée de la dernière annonce du 25 février – rappel : interview effectuée le 23 février). Qu’est ce que ça t’inspire ? Y-a-t-il des groupes à ne pas rater ?

J’ai grandi à New York donc je suis un grand fan de Twisted Sister ! Et donc de Kiss ! Le truc vraiment géant à propos des festivals, c’est le fait qu’ils proposent des groupes venant de partout : la Novège avec Immortal, New York et le New Jerseyavec Overkill… Plein de groupes différents à l’affiche et ça, c’est excitant !

 

Le Hellfest est-il, selon toi, un festival européen comme n’importe quel autre ou offre-t-il quelque chose qui lui est propre ?

En fait, je ne serais en mesure de te donner une vraie réponse qu’une fois que j’y aurai mis les pieds. Je fais ce métier depuis si longtemps…Je pense toutefois que le festival qui m’a le plus marqué jusqu’à présent est le Roskilde, un festival danois. Il était unique car il y avait à la fois du metal, de la pop, de la musique locale etc.

 

Lors du prochain Hellfest, beaucoup de gens vont vous voir sur scène pour la première fois. A quoi doivent-ils s’attendre en termes de performance et de setlist ?

Nous disposerons de moins de 60 minutes… Il est difficile de résumer 25 ans de carrière en l’espace de 45 minutes : on parle de 2 minutes par an, là ! Ce qu’on aime faire dans pareil cas c’est s’armer jusqu’aux dents avec un set composé de nos chansons les plus populaires. Néanmoins, ça risque d’être plus délicat cette fois-ci en raison du succès d’Ironbound. Je pense qu’on va devoir incorporer de nouvelles munitions pour cet assaut !

 

Pour conclure : un petit message pour les festivaliers ?

Percer en France a toujours été difficile pour Overkill… Nous y avons toujours eu des fans mais pas dans la même proportion que dans d’autres pays. Je pense que le message est ‘Rien n’est impossible, tout est question de temps’. Et je pense que pour notre groupe et ses fans français, la présence d’Overkill au Hellfest en est un signe très fort.

 

Interview réalisée par MetalWombat.

Un grand merci au passage aux équipes de Nuclear Blast et Garmonbozia.