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Interview WORMED

16 janvier 2018

WORMED

Phlegeton (chant) & Migueloud (guitare) Vendredi 16 juin 2017

« Le death metal doit exprimer de la brutalité et de la colère» – Phlegeton

 

Comment ça va ?

Phlegeton: Nous sommes stupéfaits ! Nous venons de finir de jouer et nous sommes avons été impressionnés par la foule. Ça fait du bien !

Migueloud : Tout s’est passé vite !

Phlegeton: Nous sommes arrivés d’Espagne ce matin à 10:30. Grosso-modo, nous n’avons pas pu dormir et nous repartons dans la foulée vers les Etats-Unis.

 

Vous n’aviez jamais joué devant un public aussi nombreux ?

Phlegeton: Je pense, en effet !

Migueloud : Je pense que c’était le public le plus nombreux. C’était génial. Quand tu dois donner un concert, peu importe le nombre de personnes présentes, tu dois le faire. Mais quand même, quand tu jettes un œil et que tu vois autant de monde, ça te fait quelque chose !

Phlegeton: C’était un peu flippant au début mais après, tu t’y fais.

 

J’adore la profondeur des arrangements de Wormed. Comment êtes-vous parvenus à créer un son si puissant ?

Migueloud : C’est la magie issue de la combinaison d’un bon ton et d’une bonne technique. Nous savons ce que nous voulons faire. Nous voulons un gros son bien audacieux et une distorsion délirante. Et puis nous essayons d’être aussi précis que possible quand nous jouons.

Phlegeton: Ce soir, c’était cool car le mec qui gérait le son était super. Du coup, nous avons vraiment pris du plaisir.

 

Qu’est-ce qui vous inspire à proposer une musique qui comprend tant de couches ?

Migueloud : C’est une façon de lutter contre le stress. Nous aimons le death metal des années 90 ainsi que les premiers albums de Cryptopsy et d’Immolation. Nous aimons appliquer des touches black metal également. Il faut que la musique soit massive et qu’elle reflète le travail mis en œuvre.

 

Et comment la musique vous aide-t-elle à lutter contre le stress ?

Migueloud : Je pense qu’elle permet de te relaxer car elle te permet d’évacuer les combats que tu mènes au quotidien. Tu fais face à plein de merdes chaque jour. Et en jouant du bon death metal technique, tu te sens libéré. Si ça te permet de te connecter à d’autres personnes, c’est vraiment top.

 

Quel est votre sentiment concernant la scène death metal technique aujourd’hui ?

Phlegeton: J’en écoute peu, pour être franc ! Beaucoup de groupes me fatiguent. Ils jouent très bien et ont une grosse technique mais ça manque globalement de super riffs. Ce n’est plus aussi sombre, plus aussi malfaisant, alors que ce sont deux choses que nous adorons dans le style. Le death metal doit exprimer de la brutalité et de la colère. Ces groupes jouent sur des tempos élevés mais il y a une forme de joie, rien qui puisse être ténébreux.

Migueloud : Qu’est-ce qu’ils cherchent à représenter ? Les mélodies sont absentes.

Phlegeton: Je respecte mais ce n’est pas mon truc.

Migueloud : Mais nous aimons aussi des groupes comme Animals As Leaders.

Phlegeton: Mais c’est différent !

Migueloud : Exactement ! S’ils se mettaient à jouer du death metal, tous les groupes de death metal technique devraient jeter l’éponge ! Nous n’arriverions pas à les suivre !

 

Pourquoi la musique doit-elle être malfaisante, d’ailleurs ?

Phlegeton: Parce que c’est de death metal dont il s’agit! Impossible de ne faire que l’écouter. Les gens qui ont fondé le style par le passé étaient vraiment en colère et cherchaient à l’exprimer au travers de leur musique. Selon moi, le death metal doit être malfaisant, sombre et doit me procurer de tels sentiments.

 

D’où vient cette colère ?

Migueloud : Je ne suis pas en colère. Du moins, ce n’est pas de la vraie colère. Quand tu es sur scène, il est davantage question d’énergie ! Un peu comme s’il s’agissait d’un sport extrême. C’est le côté du sport extrême qui te fait t’emporter.

Phlegeton: Il n’y a pas que ça. C’est une façon de penser différente. Quand tu en as ras le bol de la vie et de la société, tu joues cette musique. Certains font du punk ou du hardcore. Nous, c’est du death metal. Et ceux qui font du death metal, ils se concentrent sur les sujets malfaisants.

Migueloud : Tous ceux qui sont impliqués dans l’aventure sont très cool, pas en colère du tout. Tout comme pour le punk et le hardcore, il y a un vrai sens derrière. Il faut installer un environnement sombre avec les riffs et les cris.

 

Et pourquoi jouer du death metal plutôt que du punk ou du hardcore ?

Phlegeton: J’adore le punk et le hardcore mais il me fallait plus.  Et c’est ce qui est arrivé quand j’ai découvert le death metal et notamment le groupe Death. Ça a été pour moi : “Voilà la musique que je veux écouter et jouer pendant le restant de mes jours”.

Migueloud : Tu choisis ton chemin et dès la première seconde, tu es emporté !

Phlegeton: C’est fait pour moi, c’est mon sentiment

Migueloud : Nous écoutons tous plein de styles différents. Nous ne nous intéressons pas qu’au death metal. Nous avons des side-projects, d’autres groupes mais il y a vraiment un truc particulier que tu ressens avec la musique extrême.

 

Qu’aimez-vous tant concernant la musique en général ?

Migueloud : Ce que j’aime le plus c’est jouer et passer du temps au contact des fans.

Phlegeton: J’aime participer à son élaboration. Quand tu commences à t’intéresser au genre, tu peux être isolé au début. Puis ta communauté grandit et tu finis par atterrir dans un truc comme le Hellfest. C’est fou ! C’est génial.

 

 

Interview : Matt Bacon.