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Interview WELICORUSS

16 janvier 2018

WELICORUSS

Gojko Marić (guitare) Dimanche 18 juin 2017

« J’ai une théorie : notre groupe doit faire comme Jésus, c’est-à-dire que nous devons être partout sans devoir y être physiquement »Gojko Marić

 

Comment vas-tu, Gojko ?

Je vais très bien !

 

Ce Hellfest est plaisant pour toi ?

Je m’amuse bien et le concert a vraiment été génial.

 

C’est votre plus gros concert à ce jour, non ?

Un des plus gros. Nous avons déjà joué devant des publics équivalents. Mais la tente était bien remplie, c’est vrai !

 

Ton groupe est assez récent. Pourquoi penses-tu que tant de gens accrochent à la musique du groupe ?

Nous sommes en contact avec tous nos fans. Quand nous tournons, nous passons chez eux et leur offrons des cadeaux. Et ils adorent nos cadeaux car ils représentent beaucoup à leurs yeux. Tous les gens qui écoutent notre musique et qui l’adorent éprouvent ce même sentiment. Ça explique en partie le fait de notre succès grandissant.

 

Le groupe a un sens du marketing très aiguisé. Quelle en est l’origine ?

C’est parce qu’Alexey et moi assurons un maximum de promo. J’ai une théorie : notre groupe doit faire comme Jésus, c’est-à-dire que nous devons être partout sans devoir y être physiquement. A cet effet, nous avons gravé 40.000 CD à distribuer sur des festivals où nous n’allons pas nous produire. Donc même si nous n’y jouons pas, nos CD y seront distribués donc ça fera comme si nous jouons dans 4 ou 5 festivals à la fois. Nous avons fait en sorte que les gens puissent avoir notre CD gratuitement quand ils achètent leur pass. Avec ces 40.000 CD, nous avons ciblé les festivals-clés hormis le Wacken et le Summer Breeze.

 

Comment êtes-vous contactés, du coup ?

Les festivals nous contactent directement, et c’est ce que le Hellfest a fait. Les gens savent que nous avons des super fans et que notre fan base est très active, qu’elle communique beaucoup à notre sujet. Bien que nous soyons un groupe jeune, les choses bougent et notre nom commence à être bien connu dans le milieu de l’underground. Enfin, disons que c’est un peu plus compliqué que ça, en fait. Le groupe a 12 ans mais nous n’avions jamais joué en Europe jusqu’à il y peu de temps de ça. Nous sommes un des seuls groupes de black metal symphonique qui ait sillonné la Russie en long et en large. Nous avons bougé en Europe il y a 2 ans, où la scène est très différente et où nous étions alors inconnus. Nous avons joué notre premier concert devant 5 personnes, comme un groupe local à ses débuts. Alexey a plein d’anecdote concernant les voyages en train dans des conditions démentielles à travers la Russie.

 

Comment as-tu été amené à t’impliquer au sein de Welicoruss ?

J’ai toujours voulu monter un groupe. J’ai toujours eu en tête que je devrais me rendre en République Tchèque et y démarrer un groupe, sans savoir pourquoi, d’ailleurs. Je sais que ça paraît fou. Je me suis donc rendu en République Tchèque et Alexey a quitté la Sibérie et est venu me rejoindre. Puis nous avons redémarré le groupe.

 

Comment la vision et la façon de travailler d’Alexey s’accordent-elles aux tiennes ?

Très bien ! Nous avons les mêmes idées, conceptions et goûts en termes de musique. Ça fonctionne vraiment bien entre nous.

 

Maintenant que vous êtes en mesure de jouer dans des festivals, quel est le prochain palier à atteindre pour le groupe ?

Encore plus de festivals et plus de concerts. Nous ne sommes pas pressés concernant une signature chez un label. S’ils ne veulent pas nous donner ce que nous souhaitons… Nous avons décliné toutes les offres qui nous ont été transmises. Si les labels veulent collaborer avec nous, nous sommes prêts à discuter avec eux. S’ils ne sont pas prêts à le faire, tant pis pour eux. Le plan est de sortir un album cette année. Nous sommes en train de travailler sur un DVD et pas mal de tournées, de concerts. Nous avons déjà plein de festivals planifiés pour l’année prochaine: nous en avons déjà 10-15 prévus.

 

Quand vous devez passer de la taille réduite d’une scène de club à une grosse scène de festival, adaptez-vous votre performance ?

C’est compliqué ! Nous essayons de conserver l’esprit du festival. Nous ne nous produisons plus très souvent sur de petites scènes donc la configuration qui nous est généralement proposée nous permet de proposer notre production dans son intégralité. Mais nous devons quelquefois nous adapter à des scènes plus petites et faire en sorte que la performance soit cool malgré tout.

 

Tu es à moitié-Canadien, à moitié-Serbe et tu joues dans un groupe de black metal sibérien, tu ne te sens pas trop déconnecté culturellement ?

Pas du tout. Ma grand-mère paternelle est russe. Du côté maternelle, ma famille est 100% canadienne et est établie au Canada depuis des lustres. J’ai vécu à Chypre, une île où il fait très chaud et j’ai détesté cette expérience car je déteste le soleil. J’aime la neige et les températures glaciales, ce qui est aussi le cas d’Alexey. Nous sommes tous les deux en phase en termes d’héritage.

 

Qu’aimes-tu tant au sujet de la musique ?

Tu as une idée et tu peux la rendre physique. Tu la couches sur le papier, tu l’interprètes. D’une idée, tu fabriques un objet puis tu la donnes à quelqu’un à qui elle procurera des émotions, tout comme celle-ci m’en a procuré lors de sa création. C’est quelque chose immatérielle, une idée, qui devient matérielle – un CD – qui redevient immatérielle quand la personne l’écoute.

 

 

Interview : Matt Bacon.