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Interview TÝR

16 janvier 2018

tyr

Heri Joensen (chant & guitare), Terji Skibenæs (guitare), Gunnar H. Thomsen (basse), Tadeusz Rieckmann (batterie) – Vendredi 16 juin 2017

« Etre fier de tes racines ne signifie pas que tu dois prendre les autres de haut »Heri Joensen

 

Comment ça va, les gars ?

Heri : Super ! Ça ne pourrait pas mieux se passer. Ce Hellfest est fantastique, meilleur que la dernière fois !

Tadeusz : Désormais, ton batteur est allemand : comment cela pourrait-il être mieux ?

Gunnar : Tu es allemand ? Je pensais que tu venais d’autre part !

Tadeusz : Techniquement, je viens de Hongrie mais je suis un immigré ! Un vrai bordel !

 

Donc, ça fait quoi, d’avoir un batteur allemand ?

Gunnar : Ça ne change pas grand-chose, je suppose ! C’est un peu comme avoir un batteur hongrois ! (rire)

Heri : Et tu sais quoi ? C’est un putain de végétarien !

Tadeusz : Je le suis depuis les années 80 !

Heri : Nous allons le nourrir avec de la bidoche tout à l’heure !

Tadeusz : Vous pouvez toujours essayer mais vous n’y arriverez pas.

 

Qu’est-ce qui t’as décidé à devenir végétarien ?

Tadeusz : Ce n’est pas ma décision. Mes parents m’ont dit en 1988 que nous ne mangerions plus de viande et c’est donc ce que nous avons fait.

 

Ça ne parait pas très allemand !

Tadeusz : Au contraire, c’est très allemand : nous avons juste dit « plus de viande » et avons arrêté d’en consommer immédiatement.

 

Ce que j’aime au sujet de Týr, c’est la fusion de prog et de viking metal mais aussi de plein de choses. D’où vient cette combinaison unique d’éléments ?

Heri : J’aime la musique folk nordique mais aussi le heavy metal old school d’Iron Miden, de Judas Priest et, bien sûr, de Rainbow. Terji apprécie davantage des trucs comme Metallica, Pantera. Gunnar préfère des trucs différents, comme Deep Purple et le black metal.

Tadeusz : Il ne peut pas s’endormir sans black metal !

Heri : J’essaie de faire ce que j’aime. L’approche viking est plus idéologique. C’est plus une question idéologique que musicale. Je ne vois pas, pour ma part, une influence viking au niveau de la musique. Le sujet viking intervient au niveau des paroles. Je veux écrire la meilleure musique qui soit et quand vient le moment d’écrire les paroles, j’essaie de recourir à la mythologie nordique, pour laquelle j’éprouve un grand respect. Ce qui ne signifie pas que je sois superstitieux ou un païen traditionnel : j’utilise juste l’imagerie.

 

Comment te détaches-tu du paganisme et l’utilises-tu comme simple inspiration ?

Heri : Je n’y crois pas, c’est tout. Je ne pense pas qu’Odin existe en personne. C’est une idéologie et j’ai toujours apprécié ces histoires depuis que je suis enfant. Il n’y a donc pour moi pas besoin de me détacher du sujet. Si les gens veulent y croire d’une façon littérale, je pense qu’ils se couvrent de ridicule.

 

Tu n’accordes pas de valeur aux archétypes ?

Heri : Bien sûr, ils représentent quelque chose mais ça ne signifie pas que ces divinités existent en tant que telles. Je ne suis toutefois pas très calé en paganisme moderne. Je ne m’implique pas dans ce sujet : je suis athée. Si des gens veulent y croire, c’est leur décision.

Gunnar : Nous respectons ça.

Terji : Nous respectons ça tant que ça ne fait de mal à personne.

 

Un des problèmes liés à la scène folk metal, c’est ses liens avec l’extrême droite. Ce n’est pas votre cas mais ce lien existe d’une manière générale. Quel est votre point de vue sur le sujet ?

Heri : Exactement, il y a un problème. D’où le fait que j’ai écrit un morceau qui s’appelle « Shadow Of The Swastika ». Si en lisant le texte des gens pensent que nous souscrivons à de telles idées, c’est qu’ils sont des crétins.

Terji : Tu dois être fier de tes racines mais tu dois aussi tendre la main aux autres nations.

Heri : Etre fier de tes racines ne signifie pas que tu dois prendre les autres de haut.

Gunnar : Et pas au nom de dieu. Juste en ton nom.

 

Jusqu’à quel point, vous, habitants des Iles Féroé vous sentez-vous différents des autres peuples scandinaves ?

Heri : Pas vraiment. Quand je vais en Norvège ou en Suède, le langage est simplement un petit peu différent. C’est juste que nous vivons plus loin dans l’océan.

Gunnar : Nous sommes très isolés.

 

Isolés en tant qu’habitants des Iles ou de votre localité en particulier ?

Terji : Les îles sont elles-mêmes très isolées, ce qui est assez fou.

 

Týr est une sorte de fusion entre Bathory et Rush et j’adore ça. C’était le but recherché ?

Terji : Honnêtement, je n’écoute aucun de ces deux groupes ! Le côté prog’ est sans doute influencé par Pink Floyd, le côté metal par Pantera et Judas Priest et le côté folk est issu des îles.

Heri : Je ne pourrais pas citer le nom d’un morceau de Bathory ou de Rush, d’ailleurs !

Gunnar : Moi, je pourrais : j’adore ces groupes !

 

Qu’aimez-vous tant au sujet de la musique ?

Terji : Tu peux soulager ton agressivité sans danger et de façon naturelle.

Heri : Elle affecte et dicte tes émotions, ce qui est très important. C’est le moyen non-médical le plus efficace pour changer tes émotions. C’est quelque chose de puissant.

Gunnar : C’est un langage universel.

Tadeusz : Quand tu as la gueule de bois, c’est le seul remède en dehors de ne plus boire d’alcool !

 

 

Interview : Matt Bacon.