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Interview THE DECLINE!

16 janvier 2018
The Deline

The Deline

Ced (basse), Goose (guitare), Antoine (batterie) et Xavier (guitare) – Vendredi 16 juin 2017

« Se la raconter ou avoir des exigences Ă  la con ne sert Ă  rien. Beaucoup oublient que la musique est avant tout une passion avant de devenir un business » – Ced

 

 

Alors, comment se passe cette journée ? Et ce concert, bien ?

Ced : Nous nous sommes levés super tôt parce que nous préférions ne pas venir hier soir et ainsi éviter de tomber dans une embuscade au Metal Corner, vu que nous devions jouer à 11h le lendemain ! Le concert en lui-même s’est très bien passé. Nous avons été surpris de voir autant de monde si tôt sur la Warzone : nous ne nous y attendions pas du tout.

Goose : C’était vraiment cool. Nous avons joué à 11 heures mais si nous avions joué 2 heures plus tard, je pense qu’il y aurait eu autant de monde. Hyper bien !

Antoine : Et puis, nous allons pouvoir continuer la journée avec plein de bons groupes à voir jusqu’à ce soir : ça va être impeccable.

 

Vous ne craignez pas de vous dire : « ça y est, nous venons d’effectuer le plus gros concert du groupe : jamais nous n’arriverons à rameuter autant de monde à l’avenir» ?

Goose : Nous avons déjà joué au Hellfest il y a 3-4 ans donc c’est la deuxième fois que nous effectuons le plus gros concert de la carrière du groupe !

Antoine : Nous apprécions autant de jouer dans un petit bar que dans un festival comme celui-ci, en fait. Donc le plaisir peut être le même dans un bar avec 30 personnes. Au final, un concert plus intimiste peut tout aussi bien devenir le meilleur concert du monde pour nous.

Goose : Mais le concert devant 10.000 personnes, c’est mieux pour les photos de couverture de notre page Facebook !

 

Quand on est programmé pour la deuxième fois en si peu de temps, on se dit qu’on a franchi un palier, qu’on est un groupe qui compte ?

Goose : Vu que nous jouons à la même heure que lors de notre passage précédent, nous n’allons pas parler d’un palier mais, d’un autre côté, ça signifie quand même que l’organisation du Hellfest nous apprécie et que nous représentons un jeune groupe de punk-rock français qu’ils ont envie de nous mettre en avant. C’est cool d’avoir de telles opportunités.

 

Le punk-rock se distingue plutôt par une certaine sobriété. Vous êtes à l’aise dans le cadre très soigné et Disneyland du festival ?

Antoine : Bien-sûr. Je pense que ça parle à tout le monde, quel que soit le groupe. Niveau cadre et scénographie, c’est quand même incroyable.

Ced : Et puis nous avons tous grandi avec les mangas donc tout le côté Disneyland nous accompagne depuis l’enfance. Nous avons grandi avec le Club Dorothée, quoi !

Antoine : Et les Guns N’ Roses ! Peu importe l’esthétique : un festival qui prend soin de ses festivaliers, c’est cool. Le fait que le festivalier puisse se sentir à l’aise dans son festival, c’est essentiel.

Goose : Ce n’est pas pour rien que les festivaliers sont déjà sur le site en masse très tôt le matin. Alors que dans le cadre d’autres festivals, l’ouverture est à 19h mais les gens restent à l’apéro et ne se pointent sur le site qu’à 21-22h. Le côté kermesse fait rentrer les gens du début à la fin.

 

La place octroyée aux groupes français est-elle suffisante ?

Antoine : C’est un festival qui est rempli de têtes d’affiche. Des groupes énormes jouent déjà à 14h donc ça peut être compliqué de faire des découvertes mais on trouve quand même beaucoup de groupes français.

Ced : Peut-être alors qu’il faudrait une scène en plus ? Il y a beaucoup de groupes de qualité en France. Nous avons eu la chance de jouer 2 fois au Hellfest mais il y a aussi plein d’autres groupes qui mériteraient d’y jouer. Mais c’est vrai que si des groupes énormes jouent déjà à 14h, où va-t-on pouvoir placer ces groupes en découverte ? Nous sommes conscients de la chance que nous avons. Pourtant, nous n’avons sucé personne !

 

Vous être en tournée depuis fin avril, pour promouvoir la sortie de votre album sorti le 19 mai (Heroes On Empty Streets). Vos impressions suite aux premiers retours de la presse et du public ?

Xavier : Nous avons commencé à tourner début mai pour promouvoir l’album, aux côtés d’un autre groupe, Not Scientists, de bons potes. Dix dates d’affilée qui ont permis de montrer que les nouveaux morceaux fonctionnaient bien en face. Nous sommes contents de pouvoir proposer de nouvelles choses sur scène. Quant aux retours, ils sont positifs et le concert de ce matin en était une preuve supplémentaire.

Antoine : Nous avons pu observer des gens fredonner ou chanter des morceaux qui ne sont sortis qu’ils y a un mois et ça, c’est cool. Les retours de la presse, nous ne les connaissons pas vraiment encore mais le public répond présent aux concerts.

 

Heroes on Empty Steets : c’est quoi la signification du titre ?

Ced : Quand tu sors de ton quotidien, tu peux être un « hero on an empty street » : tu es n’importe qui et tu as ainsi la chance d’être qui tu veux. Ce n’est pas une chanson de révolte mais une chanson qui encourage les gens à être eux-mêmes. Nous avons tous des obligations dans la vie qui nous font suffisamment chier.

Goose : Le fait de se retrouver dans la rue sans aucun jugement. C’est un peu métaphorique.

 

Quelle est l’ambition de cet album, s’il en a une ?

Goose : Faire mieux qu’avant.

Antoine : Je pense que l’ambition de cet album est de proposer de bonnes chansons.

 

Le style que vous pratiquez, le punk-rock, peut rendre compliqué toute tentative de se réinventer…

Ced : Là où nous arrivons à nous réinventer, c’est que, comme nous n’écoutons pas que du punk-rock, nous pouvons essayer d’incorporer plein d’influences différentes dans notre musique. Nous arrivons à conserver une ligne directrice sans nous interdire de tenter des trucs. Sur l’album précédent, nous avons inséré des cordes, des violoncelles. Et puis, nous nous laissons le temps de composer, sans stress, sans précipitation.

Goose : Nous sommes 5 à composer donc le processus reste rapide malgré tout. Sur 12 morceaux, chacun en compose 2-3.

 

Le quotidien de The Decline! en termes de répét’, de composition, de soumission d’idées, etc., ça se passe comment ?

Antoine : Nous effectuons beaucoup de boulot en amont, en fait. Quand quelqu’un soumet un morceau, celui-ci est déjà très abouti même s’il fait l’objet de modifications par la suite. Certains morceaux ont ainsi pu être finalisés en 15 mins en répet’.

 

Et l’économie autour du groupe elle se rĂ©sume Ă  quoi ? Car la musique n’est pas votre mĂ©tier Ă  100%…

Antoine : Nous sommes semi-pros, je dirais. Nous jouons dans des endroits professionnels mais pas suffisamment pour en faire notre boulot. Quand nous jouons dans de grosses salles ou des festivals, ça nous paye les petites dates dans les bars et dans les clubs. A l’instant T, nous venons de sortir l’album donc nous avons vachement de dettes. Mais en tournant dans de bonnes conditions, nous allons les rembourser. C’est une économie qui s’auto-suffit : nous ne perdons pas d’argent car nous rentrons dans nos frais au bout d’un moment.

Goose : Nous trouvons de bonnes conditions pour rentrer dans nos frais mais nous n’en sommes pas au stade où nous gagnons de l’argent. Et concernant le choix des dates, nous faisons au mieux en fonction de nos boulots.

Ced : Mais globalement, nous avons de la chance : le quotidien du groupe s’est vachement amélioré au fil des années.

 

Avez-vous un groupe-référence, qui vous interpelle autant en termes de musique que de démarche et d’éthique ?

Xavier : A titre perso, j’écoute de la musique irlandaise comme du punk-rock ou du metal. Je préfère aller puiser dans ce qui est intéressant dans les racines folk, punk ou heavy. Mais y a-t-il référence en termes de composition ?

Ced : En termes de démarche, peut-être Burning Heads ? C’est un groupe qui existe depuis 25 ans et que nous croisons assez souvent. Notre style musical est un peu différent du leur mais nous les apprécions beaucoup. Ce sont des gens qui font de la zique car ils aiment faire de la zique. Ils n’en font pas pour le pognon.

Antoine : Ils ont toujours su rester humbles, simples. C’est clair que c’est un groupe auquel nous aimerions ressembler dans 10 ans.

Ced : Le succès, ce n’est pas un dû mais un luxe. Quand tu peux jouer devant des gens, tu as déjà de la chance. Alors imagine quand les gens sont même prêts à payer pour te voir… Se la raconter ou avoir des exigences à la con ne sert à rien. Beaucoup oublient que la musique est avant tout une passion avant de devenir un business.

 

Pour terminer, je vais demander à l’un de vous de bien vouloir finir cette phrase pour moi : « Je n’ai jamais raconté cette histoire et je ne devrais sans doute pas le faire mais… »

Xavier : Un jour en tournée, j’ai pissé dans mon jogging pendant la nuit !

Ced : Et moi, je me suis prostitué une fois pour avoir de l’alcool ! C’est vrai, en plus !

 

 

Interview : Wombat.

Un grand merci Ă  Elodie Sawicz.