News

Interview SUBROSA

18 janvier 2018

SubRosa

Andy Patterson (batterie) Vendredi 16 juin 2017

« Ma vie est elle-même un festival »Andy Patterson

 

Comment ça va ?

Super bien, mec ! Et toi, ça va ?

 

Qu’est-ce que ça fait de prendre l’avion pour participer à 3 super festivals et de repartir dans la foulée pour bosser ?

Vu que je m’occupe d’un studio, ma vie est elle-même un festival ! C’est quand même génial : même quand je rentre chez moi, la vie reste une sorte de carnaval ! Une fois rentré, je n’ai pas à retourner occuper une poste de merde dans un bureau.

 

Comment se passe ce Hellfest pour toi ?

Fantastique. Je suis juste un peu dégoûté de ne pouvoir y rester que 6 heures !

 

Qu’est-ce que ton passé hardcore apporte au sein de Subrosa ?

Une éthique de travail. Le respect des horaires. Jouer aussi bien que possible. Etre pro. Faire partie de groupes de hardcore et jouer plein de concerts m’ont appris des trucs concernant le respect des horaires pour monter sur scène et pour le soundcheck et pour rester cool. Ce n’est pas forcément lié au hardcore mais au fait que j’ai donné tellement de concerts pendant des années.

 

Tu as une idée du nombre ?

Sans doute au moins un millier ? Je n’en ai vraiment aucune idée.

 

Si on considère Subrosa à part, quel est ton ancien groupe préféré ?

Mon ancien groupe préféré est sans doute State Of The Nation. C’est le premier groupe qui m’a permis de tourner en tant que batteur. J’ai pu aller en Europe et tourner à travers les US. C’est mon groupe préféré si on le met en rapport avec l’expérience humaine. Hormis Subrosa, mon groupe préféré est probablement Døne, un duo que je compose avec Cache Tolman (Iceburn), lequel a lui aussi officié dans une multitude de groupes, dont Institute avec Gavin (Rossdale) de Bush.

 

Ton passé punk à Salt Lake City t’a amené à côtoyer un paquet de légendes de la scène punk. Qu’est-ce qui a amené une telle effervescence à Salt Lake City ?

Je ne pense pas qu’elles aient été attirées par Salt Lake City : c’est un phénomène qui s’est créé de lui-même. J’ai toujours pensé que c’était lié au caractère fortement religieux de la ville. Quand il y a une importante forme d’oppression religieuse, il y a forcément un contre-courant underground qui se forme. En raison de l’omniprésence de la religion, des gens de même sensibilité ont cherché une échappatoire : des concerts de hardcore.

 

Comment faire partie d’un mouvement underground et ne pas être pour autant anti-Mormon ?

Pour faire court, je peux très bien être opposé à la religion, sans pour autant devoir me comporter comme un connard. J’ai plein d’amis qui ont des convictions religieuses et je ne vais pas pour autant me quereller avec eux sur ce sujet, je ne suis pas un trou du cul. Ce n’est pas parce que je ne suis pas croyant que les autres doivent faire de même. Le fait de ne pas être croyant ne signifie pas que je suis contre les gens qui le sont. Je suis athée : je suis contre les religions organisées.

 

Ne penses-tu pas que le fait que la frontwoman de ton groupe soit mormone peut induire que le groupe véhicule un message pro-religion ?

Ça ne m’inquiète pas car si Rebecca (Vernon – chant et guitare) a des convictions religieuses opposées aux miennes, car elle croit en Dieu, elle ne me fait pas chier sur le sujet. Bien qu’elle ait un avis différent du mien sur la question de la religion, elle a la même approche que moi. Elle croit en ce qu’elle veut et n’attend pas que les gens croient comme elle. Elle fait également en sorte que cette croyance ne vienne pas interférer avec le groupe. Elle ne prêche pas, ni n’écrit des paroles à caractère religieux. Elle fait en sorte qu’il y ait une vraie dichotomie. Elle fait partie d’un groupe de metal et nous sommes donc supposés être brutaux. Elle va à l’église et ne ramène pas l’église dans nos activités et ça n’a jamais été le cas. Les seules fois où il est question de religion, c’est quand le sujet est abordé dans les interviews.

 

Ça ne me surprend pas, c’est très personnel…

Exactement. J’ai fréquenté l’église jusqu’au début de mon adolescence. Je comprends l’attrait qu’elle peut avoir, au travers de plusieurs aspects, la communauté et le cercle familial.

 

Qu’est ce qui t’en a éloigné ?

Je ne crois pas en un pouvoir supérieur. Je n’ai pas vraiment fui l’église. J’ai réalisé que je ne croyais en rien donc pourquoi continuer à y passer du temps ? Au grand désespoir de ma famille, d’ailleurs.

 

Nous approchons de la fin. Peux-tu me raconter l’anecdote où ta mère a préparé des pancakes pour Zach De La Rocha (Rage Against The Machine) ?

Ça remonte à 1995. Il y avait moi, Zach ainsi que Mark et Rob Hayworth, respectivement le bassiste et le guitariste. Ils allaient tous au lycée à Salt Lake City, ce qui explique pourquoi je faisais partie de State Of The Nation. Nous avons démarré la tournée là-bas puisque nous y étions basés. Zack était arrivé quelques jours auparavant pour répéter. Ma mère a préparé des pancakes pour nous tous, dont Zack et elle est même venue pour le concert. Après le concert, elle nous a dit : « C’était très bien mais pourquoi ne souriez-vous jamais quand vous jouez de la musique ? C’est bien de musique dont il est question, non ? ». Vu que je devais avoir 19 ans ou quelque chose comme ça, j’ai répondu : « Mais parce que c’est la merde dans le monde en ce moment, maman ! Tu ne comprends pas ? Il faut que tu ouvres les yeux ! ». Elle a aussi dit : « Zack est un garçon tellement gentil : pourquoi est-il constamment énervé sur scène ? ». En tout cas, il aimait bien ses pancakes ! Je ne me souviens pas que les pancakes aient été la moindre source d’énervement !

 

Si tu pouvais dire quelque chose à Zack aujourd’hui, que lui dirais-tu ?

« Hey, tu as une clope ? ». Au contact des zapatistes, Zack avait pris l’habitude de fumer un peu car ça faisait partie de leur culture. Il n’achetait pas de cigarettes mais il en fumait. Pour m’en taxer, il me disait : « Yo, Patterson, t’as une clope ? ».

 

Interview : Matt Bacon