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Interview PROPHETS OF RAGE

18 janvier 2018

Prophets Of Rage

B-Real (chant) & Brad Wilk (batterie) Dimanche 18 juin 2017

« Je pense que les gens n’arriveront pas à éteindre le feu qui brûle en nous car ce feu ne peut tout simplement pas être éteint ! » – B-Real

 

Comment se passe la journée jusque-là ?

B-Real : Elle se passe bien. Nous essayons juste d’éviter le soleil. Il fait plutôt chaud ici.

 

C’est la première venue du groupe au Hellfest. Qu’aviez-vous entendu au sujet du festival avant de venir?

Brad: Ce que j’en sais, c’est qu’il s’agit d’un festival vraiment cool avec des groupes très variés. Je sais qu’Agnostic Front a joué hier soir. Et on peut y trouver des groupes qui brassent des styles allant d’Agnostic Front à Aerosmith. C’est vraiment un festival super cool qui est en place. Nous adorons les festivals et nous adorons la France. Aujourd’hui, la France a été notre meilleur public. Comment ne pas vous aimez ? (rire)

 

Le Hellfest est un festival très metal. Pensez-vous que les metalleux vont être en phase avec votre musique ?

B-Real: Tu sais, notre musique est une fusion de hip-hop et de metal. Je pense que beaucoup de gens apprécient ce type de musique. Nous allons monter sur scène, jouer la musique qui est la nôtre et je suis assez certain que les gens vont s’éclater au son de celle-ci. En tant qu’artiste, tu dois saisir des opportunités avec ta musique. Beaucoup de gens n’ont plus été confrontés au style de musique que nous pratiquons, surtout en conditions live. Et nous le renouvelons au travers de notre approche. Et ce style, c’est sur scène qu’il se traduit. Je pense que le show de ce soir va être super.

Brad: Il y a plein de façons différentes de proposer de la musique “heavy”. Et la nôtre est authentique. Je ne pense pas que nous pouvons être classés dans un style particulier ou qu’il soit possible de nous cataloguer d’une manière ou d’une autre. Ce qui en ressort, c’est juste l’expression de nous six, c’est tout. Nous n’essayons pas d’appartenir à la moindre catégorie.

 

A ce stade, le groupe n’a sorti qu’un EP et pour beaucoup, il se résume à “les chanteurs de Cypress Hill et de Public Enemy qui jouent avec les gars de Rage Against The Machine”. Le premier combat est-il de démontrer qu’il s’agit d’un vrai groupe ?

B-Real : Nous avons commencé à jouer ensemble avant même de commencer à enregistrer et nous avons de suite réalisé qu’il se produisait un truc spécial. Nous avons rapidement sorti un EP pour accompagner la tournée, etc. Et les gens ont semblé apprécier. Une fois la tournée achevée, nous nous sommes retrouvés en studio. Une certaine alchimie s’est créée: il nous fallait enregistrer des nouveaux morceaux. Le résultat est très puissant et riche de sens. Et il nous tarde que les gens puissent l’entendre. Ce qui en sort est très organique. Nous ne savions pas ce qui allait en sortir mais nous avons décidé de tenter le coup. Quant à se demander si les gens vont adhérer ou non étant donné qu’il s’agit de rap metal… Quand tu l’entends, tu ressens quelque chose de différent. J’adore les challenges et c’est une des raisons pour lesquelles je suis plus que content de faire partie de ce groupe. Le challenge, c’est “nous qui réveillons les gens, nous qui jouons de la musique explosive, nous qui secouons les gens avec cette musique explosive et qui prouvons que quel que soit notre style de musique nous allons tout défoncer”.

 

Je trouve que le choix de “Unfuck The World” comme premier single est très prudent. Il s’agit sans doute du morceau qui sonne le plus comme du Rage Against The Machine…

Brad : En fait, il me semble que “Radical Eyes” est le premier single ici en Europe…

B-Real : Vraiment ? Je pensais pourtant que c’était “Unfuck The World”…  Nous pensions que “Unfuck The World” était un morceau puissant pour démarrer. Le monde a besoin d’aide aujourd’hui, immédiatement. Le monde a besoin de se porter secours à lui-même. Une de nos contributions est peut-être de motiver et d’inspirer les gens grâce à notre musique. Nous pensions qu’un message comme le nôtre était absent des ondes: que ça soit en image ou à la radio, il n’est pas diffusé de message qui traite de ce qui se passe dans le monde en ce moment. Ce message nous paraissait puissant et adéquat, du moins en ce qui concerne l’Amérique. Le prochain sera “Living on 110”. Mais je crois que tu as raison: “Radical Eyes” est le premier single pour l’Europe et il est super cool. Chuck (D. – chant) défonce tout sur ce morceau.

 

Estimez-vous que les artistes se doivent de prendre parti pour une cause, de s’engager ?

B-Real: Je pense que c’est un choix. Mais je pense qu’ils devraient le faire. Si un sujet te passionne, qu’il te tient à cœur et que tu sais que tu peux agir, tu devrais faire quelque chose en ce sens et t’engager. Car si tu ne fais rien, tu vas le regretter plus tard. Car tu vas te dire que tu aurais pu faire quelque chose et que tu ne l’as pas fait. Si tu te dis que c’est de ta responsabilité, que tu as une opportunité, il ne faut pas hésiter. Mais ça reste un choix. Des gens ont cette opportunité qui s’offre à eux mais ils ne la saisissent pas car cela pourrait avoir un effet négatif sur leurs ventes, sur leur popularité, sur leur potentiel commercial, sur le cachet que des promoteurs pourraient leur proposer, tout ça à cause de l’expression d’un message… Par exemple, Sinead O’Connor a déchiré un portrait du Pape pendant Saturday Night Live, ce qui a eu pour conséquence de briser sa carrière. Elle a saisi une opportunité pour exprimer un message politique. Beaucoup de gens ont adoré son action et étaient d’accord avec elle. Mais beaucoup d’autres l’ont haïe pour ça. Elle a agi en artiste engagé et je respecte ça. Je pense que les gens n’arriveront pas à éteindre le feu qui brûle en nous car ce feu ne peut tout simplement pas être éteint ! (rire)

 

Vous êtes tous très occupés avec d’autres groupes en parallèle. Prophets Of Rage est devenu votre nouvelle priorité ? Il est question d’un engagement à long-terme ?

Brad : Comment dire… Je pense que ce groupe représente ma nouvelle priorité à titre personnel, c’est sûr. Je pense que nous écrivons de la super musique tous ensemble. Il n’y a pas de raison de ne pas continuer à le faire. Les concerts se passent incroyablement bien et nous faisons preuve de créativité… C’est un moment de notre vie que chacun de nous six a envie de prolonger. Donc c’est ce que nous allons faire… Jusqu’à ce que ça ne soit plus le cas !

B-Real : Ouais ! Tout le monde prend la chose au sérieux. C’est un groupe, pas un simple projet ou un side-project. Bien évidemment, ce sont nos autres trucs individuels qui nous ont amenés à nous rassembler… Mais il y a beaucoup de passion dans tout ça, c’est un truc que nous adorons faire. Nous sommes excités par la perspective de faire les choses tous ensemble, qu’il s’agisse de donner des concerts ou d’enregistrer en studio. Il n’y a pas de date d’expiration. Nous allons continuer ce truc tant que nous aurons plaisir à le faire ensemble. Nous allons continuer à secouer le monde avec une musique pleine de sens.

 

Et pour ce qui est du process créatif, de l’écriture de l’album ? Avez-vous travaillé tous ensemble ? Deux par deux ?

B-Real: Tous ensemble.

Brad : Puis nous sommes allés en studio avec Brandon O’Brien. Et le truc cool à ce sujet, c’est que tout le monde était présent. Il y a vraiment eu une super alchimie en enregistrant cet album avec Brandon… Et… De quoi parlions-nous, déjà ? (rire)

B-Real : Nous tous ensemble. Et c’est toujours le cas ! (rire) C’était fun, mec ! Ce fut un moment spécial, tu sais. Nous étions tous là, impliqués dans les idées des autres pour que tout fonctionne. C’était génial, mec. Et il nous tarde de nous attaquer à l’album suivant.

 

Pour finir, pouvez-vous terminer cette phrase pour moi : “Je n’ai jamais raconté cette histoire et je devrais sans doute pas le faire mais…”.

Brad : Quand j’étais plus jeune et que je livrais des pizzas et des pilons de poulet, j’ai chopé une putain de chiasse ! A un tel point que j’ai dû me confectionner des couches pour les mettre dans mon froc ! Et comme ça, j’ai pu continuer à livrer mes pizzas ! Ça craignait ! C’est assez embarrassant… C’est même affreux… Allez, à toi !

B-Real : Il m’est arrivé une fois de réussir à convaincre un agent de police de ne pas me mettre une amende pour excès de vitesse alors que j’avais 3 livres d’herbe dans le coffre de ma voiture.

Brad : Mais il n’y a rien d’embarrassant ! C’est même cool ! Allez, quoi ! (rire)

B-Real : Mais il a dit que c’était une histoire que je ne devrais pas raconter !

 

Interview : Wombat.

Un grand merci à Olivier Garnier (Replica).