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Interview PRONG

18 janvier 2018

Prong

Tommy Victor (chant & guitare), Art Cruz (batterie) & Mike Longworth (basse) Dimanche 18 juin 2017

« Organiser un évènement pour me rencontre, je trouve ça un peu dégueulasse » – Tommy Victor

 

Comment se passe votre journée jusqu’à présent ?

Tommy : Bien ! Super !

 

Vous avez donc apprécié votre set?

Tommy : Ouais, c’était plutôt bon, j’ai aimé. C’était un peu venté sur scène mais c’était bien quand même. Et puis le public a été très bon également.

 

J’étais personnellement déçu par votre créneau, un peu trop tôt à mon goût. Pas vous ?

Tommy : Non !

Arte : C’était un bon créneau.

Tommy : En fait, c’est toujours préférable que les gens trouvent que tu aurais dû jouer plus tard que de se trouver sur un créneau plus favorable et d’entendre dire que tu aurais dû jouer plus tôt. Dans ce cas, mieux vaut jouer plus tôt, tu sais ? En me baladant backstage, des gens m’ont demandé : « à quelle heure vous jouez ? ». « Nous avons déjà joué ! ». Les gens étaient genre « Pourquoi jouez-vous si tôt ? ».

Art : Espérons que nous jouerons peut-être un peu plus tard la prochaine fois. Nous verrons bien.

Tommy : Je pense que ça s’explique par des questions de labels, de trucs comme ça. Certains groupes sont signés sur des « meilleurs » labels, voilà tout.

 

Nous pouvons entendre un peu de nouveau son en ce moment même (Zero Days, le nouvel album du groupe est diffusé dans la tente presse)… Quelle est la valeur ajoutée supposée de ce nouvel album ?

Tommy : Hier, nous avons visionné un documentaire sur Rush. Ces gars ont sortie des disques en série, les uns après les autres… Les groupes des seventies avaient pour habitude de sortir un album tous les 8 mois ! Et puis, soudainement, ça a ralenti et c’est devenu tous les 2-3 ans. Avec Prong, il y a eu une période de… Nous n’avions plus sorti le moindre album depuis longtemps. Nous nous sommes dit qu’il fallait corriger ça, tout en conservant à l’esprit cette nostalgie d’une époque où un album sortait tous les ans environ. C’est un peu une combinaison de tout ça.

 

Zero Days représente un effort collectif au niveau de l’écriture ?

Tommy : Ouais, dans le sens que je fais en sorte que tout le monde soit impliqué. Il me serait impossible d’y arriver seul, non. En gros, j’écris des riffs pendant un mois tout en essayant d’élaborer des idées puis les autres viennent intégrer les leurs.

 

Mike, tu es le dernier arrivé au sein du groupe. Bizarrement, il n’y a pas vraiment eu de communication annonçant le départ de Jason (Christopher) et ton arrivée.

Mike : Ouais : Et ça me va bien comme ça…

 

Je t’ai vu jouer avec Prong à L’Elysée-Montmarte aux côté d’Exodus et Obituary. Tu m’avais semblé beaucoup plus timide à l’époque comparé à aujourd’hui où tu parais complètement intégré …

Mike : Je fais plusieurs passages ces dernières années et aujourd’hui, j’ai vraiment l’impression que le groupe est à son meilleur niveau. Les albums sont de mieux en mieux et les éléments nous tirent vers le haut en ce moment.

 

Le matériel promo mentionne un travail « plus méticuleux » au niveau de l’écriture des textes. Pourquoi cette nécessité d’être plus méticuleux ?

Tommy : Les paroles me rendent fou car il faut impérativement que je trouve qu’elles soient appropriées. Sinon, je ne peux pas les chanter. Elles doivent être quasiment 100% parfaites. Sinon, c’est impossible pour moi. Il est question de trouver des sujets que je souhaite vraiment aborder ainsi que d’y associer les bons mots, les bons titres. Cette fois-ci, ce fut une expérience dingue, où je suis resté debout tard la nuit pour trouver les bonnes lignes. Je ne sais pas ce qui a expliqué que j’ai été particulièrement obsédé par ce point pour cet album et quant à savoir si les gens allaient au final comprendre les paroles… J’ai juste passé énormément de temps dessus, pour me documenter en termes de contenu, pour articuler ça avec des mots qui ne sont pas typiquement utilisés non plus : c’était important pour moi. En général, je n’aime pas trop prendre du recul sur un album car j’aurais souhaité passer plus de temps ou ceci ou cela… Mais pour cet album, rien ne peut me faire penser de la sorte car tout a été terminé. Il a fallu exploiter les dernières secondes disponibles pour tout clôturer mais il ne subsiste rien que je ne considère comme pas fini. Sur cet album, le travail a été terminé complètement.

 

Quel est le marché principal de Prong de nos jours ?

Tommy : Aucune idée, je n’en sais vraiment rien.

Art : Suite à la dernière tournée avec Testament, j’ai été surpris de voir plein d’anciens fans de Prong sortir du bois. Ils ne savaient même pas que le groupe était encore actif. Quant à notre marché principal… Nous venons beaucoup plus souvent en Europe, où nous avons l’impression que la situation s’améliore pour nous à chaque passage. L’Europe devient de plus importante. A chaque venue. Nous verrons bien comment ça va se passer pour nous en Amérique l’année prochaine mais je pense qu’aujourd’hui, notre marché principal, c’est l’Europe.

 

Tourner aux States est très différent de tourner en Europe ?

Art : Je pense que c’est différent, oui. C’est la façon dont les groupes sont traités en général. Je trouve que nous sommes bien mieux traités ici, en Europe. La nourriture et la bière qu’on nous donne, tout ça ! (rire) Hormis ce point-là, j’ai aussi l’impression que le public européen est également davantage reconnaissant vis-à-vis des groupes.

 

Comme vous le savez, les festivals rencontrent de plus en plus de succès en Europe. Ne pensez-vous pas qu’ils sont devenus une forme de menace pour les tournées ? Est-ce que la culture des festivals est en train de tuer les tournées ?

Tommy : J’en entends parler mais je ne sais pas…

Art : Je pense que c’est le cas en Amérique où il y a des festivals qui poussent partout en ce moment. La Caroline du Nord, le Texas, le New Jersey : tout le monde dispose de son festival. Je ne connais pas assez la situation en Europe mais il est possible qu’il y ait des conséquences sur les tournées, les concerts dans les clubs…

Tommy : La situation est également un peu dépendante de l’économie. Je veux dire par là que les Américains ont moins d’argent de nos jours. Les gens doivent se serrer la ceinture. Il faut que tu surveilles tes finances alors que le prix des tickets est élevé. En Amérique, il y a les gros festivals, les grandes salles… Et puis il y a aussi les petites salles. Et les petites salles sont vraiment pourries. Du coup, les gens n’ont pas envie de payer pour s’y rendre. Genre: “Je ne vais pas mettre 20 dollars pour aller dans un club merdique, avec un son pourrave, avoir à trouver une place pour garer ma bagnole et dépenser 8 dollars pour une bière”. Ça joue beaucoup car si les clubs étaient bien, les gens les fréquenteraient… Nous revenons jouer en Europe dans 2 semaines – nous participons à pas mal de festivals et nous avons des dates entre ceux-ci. Notre booker a eu du mal à planifier ces dates. Nous allons avoir des dates un peu bancales dans des petits clubs mais c’est comme ça. Si les concerts dans ces petits clubs sont cool et que les gens s’éclatent, ça me va bien comme ça, tu sais ?

 

Et les packages VIP Meet & Greet, vous en proposez ?

Tommy : Non ! Je m’y oppose. Ce truc me rend mal à l’aise. Neil Peart de Rush s’est d’ailleurs exprimé sur le sujet : « Pourquoi dépenser de l’argent pour me rencontrer ? ». Et je suis un peu sur la même longueur d’onde. Organiser un évènement pour me rencontre, je trouve ça un peu dégueulasse. Ce n’est qu’une histoire de pognon.

 

Pour certains, c’est malheureusement un mal nécessaire, étant donné que plus personne n’achète de CD…

Tommy : Je sais ! Nous avons tourné avec Testament et il avait un Meet & Greet… Quand je jouais avec Ministry il y a quelques années, Al (Jourgensen) faisait payer un montant ridicule pour ça… Et il ne s’y pointait même pas ! Il n’y avait que moi et Tony Campos ! (rire) “Je suis trop défoncé! J’y vais pas!”.

 

Pour finir, je vous laisse terminer cette phrase: « Je n’ai jamais raconté cette histoire et je ne devrais sans doute pas le faire mais… »

Art : Un Tommy Victor sobre est bien meilleur qu’un Tommy Victor bourré.

Tommy: C’est intéressant !

 

Tu es d’accord ?

Tommy : Oui ! Absolument !

Art: Incroyablement meilleur. Il était malheureux quand il était bourré. Aujourd’hui, son énergie est positive. Recommence ta question, je vais te donner une autre réponse.

 

Je n’ai jamais raconté cette histoire et je ne devrais sans doute pas le faire mais…

Art : Les tournées se passent bien mieux sans Jason Christopher. Je dis ça parce que je l’aime. Mais c’est juste que tourner avec lui, c’est la misère. Mais si on oublie le contexte des tournées, je peux traîner avec lui tous les jours. Je t’aime Jason !

 

 

Interview: Wombat.

Un grand merci à Roger Wessier (Replica).