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MOS GENERATOR

14 juin 2018

mosgenerator band

Tony Reed (guitare, chant, etc.)

Interview par e-mail Lundi 21 mai 2018

« Nous avons joué au Hellfest en 2014. Mais cette fois-ci, il s’agit de jouer sur la Main Stage donc une toute autre bête à dompter, avec la possibilité de jouer devant des dizaines de milliers de personnes. Nous allons monter sur scène, faire de notre mieux et nous verrons comment tout va se passe »

 

 

Comment ça va ?

Notre tournée tourne à sa fin. Nous sommes sur le chemin du retour et plus précisément dans le South Dakota à ce moment-même.

 

Vous avez passé pas mal de temps sur la route cette année !

Là, cela fait un mois que ça dure. Nous revenons à la maison et nous avons des trucs à nous occuper. Nous venons de tourner avec Fu Manchu puis nous devons enchainer avec des dates avec Big Business avant de rejoindre l’Europe pour le Hellfest pour ce qui s’annonce comme quelque chose d’excitant. Il s’agira juste d’effectuer un concert sur place puis nous devons repartir pour une tournée US.

 

Justement, concernant le Hellfest : que te procure l’opportunité d’y jouer ?

Nous y avons joué en 2014. Mais cette fois-ci, il s’agit de jouer sur la Main Stage donc une toute autre bête à dompter, avec la possibilité de jouer devant des dizaines de milliers de personnes. Nous allons monter sur scène, faire de notre mieux et nous verrons comment tout va se passer. Bien-sûr, nous sommes à fond dedans donc nous espérons que ça va nous aider. Avec tout le boulot que nous abattons, nous avons besoin de décrocher ces opportunités pour maintenir notre excitation intacte. L’été s’annonce plutôt bien avec des trucs bien cool. Et ceci est un super bonus en plus des offres qui nous sont proposées. Nous reviendrons probablement en Europe au début de l’année prochaine, avec pour objectif de jouer en première partie plutôt qu’en tête d’affiche. Jouer en tête d’affiche est cool mais si nous trouvons un bon groupe pour lequel ouvrir, nous pouvons jouer dans des salles bien pleines. Nous voulons jouer devant un public aussi nombreux que possible.

 

Vous allez rester au Hellfest durant tout le week-end ?

Oui. Nos vols ne partent pas avant le lundi donc nous serons là au moins pendant l’intégralité du vendredi et du samedi.

 

Des groupes que tu as particulièrement envie de voir sur place ?

Je n’ai pas encore regardé la programmation en détail. Je suis certain que sur la scène qui héberge des groupes de heavy rock (The Valley), il va y avoir plein de groupes qui vont me font envie et qu’il y aura plein de groupes dont les membres sont des amis à moi. Pas mal de temps à passer avec des potes et pour des fans avec lesquels nous trainons quand nous sommes en Europe. Ça va être un week-end dingue à ce niveau.

 

Tu conserves des souvenirs du passage du groupe en 2014 ?

Et bien, nous n’avions jamais joué devant autant de personnes auparavant ! Ça représentait un sommet pour nous. J’adore aussi la tente où tu peux acheter tous ces disques (L’Extrem Market). Je pourrais rester des heures au milieu de tous ces disques et rentrer à la maison avec une valise pleine de goodies. Notre label, Listenable Records, y a un stand donc nous allons pouvoir trainer là-bas avec les gens qui s’en occupent.

 

La scène heavy rock / stoner s’est vraiment développée ces dernières années. Qu’en penses-tu ?

Je dirais que c’est en raison de l’honnêteté de la musique et des musiciens qui l’incarnent. Les fans perçoivent cette loyauté vis-à-vis des musiciens. C’est particulièrement le cas en Europe. Les gens disent « les mecs, vous êtes true ». Dans un monde aussi bizarre que celui d’aujourd’hui, c’est ce que les gens recherchent.

 

Tu as la réputation d’être accro aux disques et d’être un vrai défricheur en la matière. Comment tout a débuté à ce niveau ?

Quand j’étais gamin, j’ai commencé à les collectionner. Ma mère m’a raconté que j’avais volé un 45 tours des Muddy Blues alors que je n’avais tout juste l’âge de marcher. Elle m’a dit que je savais déjà ce que je faisais. Difficile de savoir comment ou comment. Mais elle m’a laissé le garder ! C’était en 1972! Jeune, j’ai toujours été attiré par les groupes de heavy metal, surtout ceux de la NWOBHM. Puis cet intérêt a évolué vers le hard rock des 70s. Via un label canadien qui avait notamment sorti un album bootleg de Pentagram par exemple. Audio Archives était également un label qui sortait des compilations de groupes undergound au milieu des années 90. Black Widow faisait de même. Tu pouvais acheter des compilations et, à partir de là, explorer le catalogue des groupes. Après, ça a été l’explosion. A l’époque, il fallait dépenser d’énormes sommes pour des copies originales alors que maintenant tout a été réédité. Je ne suis pas opposé à ces rééditions si elles sont bien réalisées.

 

Tu as sorti un nombre quasi illimité d’albums mais la plupart sont quand même ancrés dans le stoner rock. Pourquoi ?

Il y a beaucoup de trucs que j’ai écrits qui ne sont jamais sortis. Dans les années 90 par exemple, j’ai fait pas mal de power pop et d’indie rock. J’ai l’impression que je fais plutôt du bon boulot en matière de heavy rock et ça semble être le style dans lequel je me sens le plus à l’aise. J’ai d’autres trucs qui vont être publiés cette année mais c’est clair que c’est dans le heavy rock que je suis le plus à l’aise. J’apprends à intégrer d’autres éléments dans ce format. J’ai d’autres side-projects pour le faire. Ils sont heavy mais mélodiques ou bizarres et plus surprenants. Mos Generator peut aussi être surprenant mais il me faut quand même avec ces projets parallèles. J’ai conscience qu’il me faut rester dans les limites d’un certain territoire au sein de Mos Generator. Si je m’aventure trop au-delà, je vais perdre du monde en route.

 

C’est quoi le plan pour tous ces trucs ?

J’ai un album de country rock qui doit sortir plus tard cette année. J’ai un autre projet qui s’appelle HeavyPink pour lequel JJ de chez Obelisk avait d’ailleurs sorti un 7 pouces il y a quelques années de ça. C’est un projet où je ne m’impose aucune limite mais qui ne donnera sans doute jamais de concerts tant sa musique est truffée d’arrangements. Pas mal de vieux trucs que j’ai sortis par le passé font l’objet de rééditions en ce moment. Et puis il y a aussi mon album, Lost Chronicles of Heavy Rock qui va sortir en vinyl ! Je vais compulser toute ma discographie depuis 1984 et je vais réenregistrer tous les morceaux préférés que j’ai écrit, quel que soit le style.  Ce sera une sorte d’anthologie. Celui de HeavyPink va comprendre beaucoup de trucs différents, allant de l’ambiant et de l’electro jusqu’à du super heavy ou du style Beach Boys. Quelquefois, il m’arrive même d’oublier le planning de mes sorties. Mos Generator va sortir 3 disques cette année.

 

Je sais que ta discographie en ligne est quasi-exhaustive. As-tu une idée du nombre de disques sur lesquels tu as collaboré ?

J’oublie ! J’enregistre avec des groupes depuis 30 ans donc ça fait un paquet de disques. La discographie de Mos Generator compte à elle-seule quelque chose comme 48 publications.

 

Qu’aimes-tu tant au sujet de la musique ?

J’aime le fait que la musique soit une forme de vraie liberté. Personne ne peut te dire ce que tu dois faire. Si tu écris un morceau qui te fait vibrer, personne ne peut t’en empêcher de le faire. Personne ne peut te dire ce que tu dois faire avec ce morceau. L’art, et donc la musique, est la seule liberté dont tu disposes. C’est la liberté mais aussi son contrôle. Tout musicien te dira que tu ne peux pas lutter contre ça. Certes, c’est la liberté mais c’est aussi le contrôle.  Ce n’est pas artificiel : c’est une force inconnue !

 

Interview : Matt Bacon.