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Interview MARS RED SKY

16 janvier 2018

Mars Red Sky

Julien Pras (chant & guitare) & Matgaz (batterie) – Samedi 16 juin 2017

« Il s’agit de notre deuxième participation. Y jouer est une sorte de sommet pour un groupe français » – Julien Pras

 

Comment ça va, les gars ?

Julien : Nous sommes un peu fatigués mais ça va très bien. Nous sommes arrivés il y a une heure. Hier, nous avons joué dans une sorte de fête celtique/viking dans les Alpes autrichiennes. C’était dingue.

Matgaz : Il y avait des crânes partout. Et c’était limité à 300 personnes.

Julien : C’était une expérience particulière.

 

Qu’est-ce que jouer au Hellfest représente pour un groupe français ?

Julien : Il s’agit de notre deuxième participation. Y jouer est une sorte de sommet pour un groupe français. C’est un honneur d’y jouer et nous sommes plus qu’heureux d’être là. La première fois, nous avions ouvert la Valley à 10h30, ce qui était tout à fait notre place et nous en étions très contents. Mais demain, nous allons jouer à presque 18h. C’est l’horaire idéal. Nous aurons le temps de digérer notre déjeuner et de picoler après le concert ! C’est mon festival préféré.

Matgaz : Malgré la forte affluence, c’est toujours agréable, ce qui n’est pas toujours facile à combiner.

 

S’exporter est normalement compliqué pour les groupes français. Comment pour y prenez-vous ?

Julien : Nous ne raisonnons pas en termes de frontières.

Matgaz : Dès notre arrivée au sein de la scène stoner internationale, nous avons été bien accueillis, malgré le fait que nous étions inconnus. Les gens sont super. Quand les gens nous ont demandé de venir, nous y sommes allés et avons su nous débrouiller. C’est ce que nous avons fait et je devine que peu de groupes le font de la sorte. Mais ce n’était pas simple.

Julien : Quand tu joues dans un groupe, le but est de quitter ta région, ton pays et ton continent.

 

Quels autres groupes français appréciez-vous particulièrement au sein de la scène stoner ?

Matgaz : Nous adorons les Lillois de Glowsun. Ainsi que les gars de Year Of No Light. Je suis allé à l’école avec un des mecs du groupe. Nous avons également sorti un EP ensemble.

 

Pourquoi, selon vous, tant de personnes sont en phase avec votre musique ?

Matgaz : Après trois albums et évoluant dans un style de niche, nous restons un petit groupe même si nous nous sommes fait un nom.

Julien : Nous n’avons, par exemple, jamais eu l’objectif de jouer en Amérique. L’opportunité s’est juste produite car des gens voulaient nous voir live sur place. Nous avons réussi à booker une tournée l’été dernier. Nous avons ainsi pu participer à des super festivals et donner des concerts dans des clubs cool. Nous étions étonnés de voir que des gens nous attendaient. Ce n’était pas notre but ultime : il ne s’agit que d’un pays comme il en existe d’autres.

Matgaz : Nous avons dû pas mal nous démener au niveau des visas mais ça valait le coup. La plupart des concerts ont été super.

Julien : Quelques-uns ont été plus compliqués mais les plus gros concerts se sont tous bien passés.

 

Quand tu te rends quelque part pour la première fois et que 200 personnes sont excitées à l’idée de te voir, ça doit être bizarre…

Julien : Ça l’est ! Ça nous est également arrivé en Amérique du Sud. Si tu m’avais dit il y a 3 ans que nous allions jouer en Amérique du Sud devant des centaines de gens, je ne t’aurais pas cru. C’est une super expérience qui nous alimente positivement.

 

La scène stoner est en pleine explosion en ce moment. Pourquoi tant de gens sont-ils sensibles à ce courant ?

Julien : Je pense que c’est en partie par nostalgie. Le stoner rock n’est pas nouveau, il appartient aux années 70 pas uniquement en termes de musique mais aussi en termes vestimentaires. Je pense que la majeure explication, c’est la nostalgie.

Matgaz : En France, dans les années 90, les gens étaient à fond dans le reggae. Le phénomène existe aujourd’hui avec le stoner rock.

Julien : Nous appartenons à cette scène et nous l’adorons mais il ne s’agit pas de notre unique terrain de jeu. Nous avons déjà assuré la première partie de groupes de metal à de multiples reprises. Nous pouvons jouer devant des metalleux et la plupart apprécieront notre musique. Ils ont des t-shirts de Watain mais ils apprécient ce que nous proposons et ça, nous en sommes fiers.

Matgaz : Il y a des mecs qui nous disent apprécier notre musique. Mais ils ne l’apprécient pas autant que leurs copines.

 

Et pourquoi votre musique semble être davantage appréciée par les copines ?

Julien : Je n’en dirais rien ! (rire)

Matgaz : Je pense que ça réside dans le chant, qui est plus aigu, plus doux. C’est un peu cliché mais il y a du vrai dans tout ça, c’est certain.

 

Qu’aimez-vous tant au sujet de la musique ?

Julien : C’est difficile à dire car elle est tellement enracinée dans nos vies. La seule chose que je peux dire, c’est que je suis assez chanceux, que j’ai la chance de ne plus avoir à me soucier des styles et que je peux simplement écouter de la musique pour ce qu’elle est. J’apprécie ça. Je peux aussi bien écouter du jazz que du black metal, ça n’a pas d’importance. La musique me fait me sentir libre.

Matgaz : J’aime le côté répétitif. Tu l’entends dans le jeu de batterie mais aussi dans les synthés pour de l’électro et de la trance. C’est quelque chose que j’apprécie.

 

Interview : Matt Bacon.