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Interview INSANITY ALERT

16 janvier 2018

Insanity Alert

Kevin « Heavy Kevy » (chant) & Don Melanzani (batterie) – Samedi 17 juin 2017

« Il n’est pas question de sauver le monde. Nous ne sommes pas Havok !»Heavy Kevy

 

Bon, qu’aimez-vous donc concernant l’alcool ?

Kevin : C’est la question la plus dure à répondre ! Je n’ai commencé à boire qu’à l’âge de 20 ans. Avant, je me contentais de fumer de l’herbe. Pour moi, l’alcool amène une autre dimension à la fête. Je ne bois pas beaucoup quand je suis à la maison mais j’aime bien ça quand je suis en concert et tout !

Don : C’est juste que j’adore la bière. Si elle est sans alcool, je la bois quand même ! J’adore son goût. L’alcool fort, ce n’est pas mon truc.

 

Après un super concert comme celui d’aujourd’hui, on se sent comment ?

Kevin : Je suis en extase ! J’étais vraiment nerveux car pour un groupe comme le nôtre, ça représente une chance énorme. J’ai mal dormi tellement j’étais nerveux. Mais une fois sur scène, je me suis dit qu’il fallait y aller. Quand nous avons terminé, il y avait plein de monde devant la scène ! Nous venons

d’une ville de merde en Autriche donc c’était vraiment un truc spécial pour moi !

 

Et que ressent-on quand six ans après ses débuts, les efforts commencent à payer ?

Don : On ressent du plaisir !

Kevin: Nous avons bossé pour ça. Au début, ce n’était qu’une blague. La première année, nous avons à peine joué, nous n’avons pas fait grand-chose. Puis nous avons commencé à en faire plus, à y croire. Nous avons commencé à imbriquer les choses, en ne faisant pas les choses au hasard. Car nous voulions un vrai objectif, nous voulions avoir un vrai impact. Quand nous avons joué à Nantes l’année dernière avec Iron Reagan, un organisateur du Hellfest est venu nous voir et nous a dit : « Vous voulez jouer au Hellfest ? ». Et voilà ! C’est la seule opportunité qui peut se présenter à un groupe sans label, comme nous. Hormis gagner un concours, mais nous ne sommes pas ce genre de groupe.

 

Vous venez tous les deux de démissionner de vos boulots respectifs. Qu’est-ce que ça fait d’être employé à plein temps comme musicien de thrash metal ?

Kevin : je suis un peu inquiet mais j’essaie toujours de rester rationnel. Et puis mes parents, ma sœur et ma copine me soutiendront si je touche le fond. Je suis quelqu’un de sain et faire des boulots de merde ne m’effraie pas. Nous vivons dans une région du monde où tu peux quitter ton boulot si tu le souhaites. Il faut tenter le coup. Si nous ne le faisons pas maintenant, nous pouvons dire que jouer dans ce groupe n’est qu’un hobby. Et considérer le groupe comme un hobby, nous pourrons toujours le faire n’importe quand.

 

C’est quoi, vos plans pour la suite ?

Kevin : Maintenant que plus de gens nous connaissent, nous pouvons maintenir nos dépenses à un niveau peu élevé. Nous n’avons pas besoin de chauffeurs, etc. Nous partageons l’argent équitablement entre nous. Le but n’est pas de nous enrichir mais si ça nous permet de régler les dépenses du quotidien : le téléphone, la bagnole, le loyer, l’assurance pendant quelques temps, alors ce sera un sacré chemin accompli. Je pourrais beaucoup dépenser mais j’arrive à vivre en dépensant moins.

 

Vos prestations scéniques sont vraiment uniques. Comment les avez-vous élaborées ?

Kevin : Ça a commencé en Italie. Comme les gens ne pouvaient pas comprendre nos paroles, nous avons préparé des pancartes pour que ça soit le cas. Maintenant, nous utilisons plein d’entre elles, comme « Camisole Mosh ». Nous avons aussi un visuel avec un skateur fou dans sa camisole qui a beaucoup fait pour l’image d’Insanity Alert. Quand nous avons constaté que ça marchait, nous nous sommes assurés que le tout ait une dimension très 80s. « Run To The Pit » est un des premiers trucs qui en soit issu : nous trouvions ça vraiment super poilant.

 

Quand j’ai entendu le morceau la première fois, j’avais quinze et il résumait bien ce qu’était ma vie à l’époque. Comment arrives-tu à capturer avec humour le quotidien des metalleux ?

Kevin : J’écris ce que je pense. Genre aujourd’hui, je réalise qu’on a vraiment affaire à plein de crétins de nos jours et je vais éventuellement écrire un morceau sur ce constat. Je pense aussi à tous les laissés pour compte, aux gens différents. Il n’y a rien de politique dans tout ça. Il n’est pas question de sauver le monde. Nous ne sommes pas Havok !

 

Pourquoi te peindre en vert avant de jouer, Don ?

Don : C’était la première fois ! Nous avons pensé que ce serait marrant d’être vert !

Kevin : Ça donnait bien. Ça fait parler les gens. Tu n’as pas la chance de jouer au Hellfest tous les jours donc nous avons pensé qu’il fallait proposer un truc spécial à cette occasion. C’est un festival avec 130 groupes dont les membres sont blancs et avec des cheveux longs. C’est un lieu pour te présenter à toute la scène metal de l’Europe de l’ouest : il faut se différencier

 

Le Hellfest est un rêve devenu réalité. C’est quoi la prochaine étape ?

Kevin : Le Wacken serait un couronnement. Nous sommes issus de la partie germanique de l’Europe donc ça représenterait quelque chose de fantastique pour moi. C’est un festival énorme. Nous voulons aussi participer à des tournées sympas. Nous avons des trucs à venir avec Suffocation et DRI. Je viens d’une ville pourrie en Hollande où peut de gens comprennent ce que nous faisons. Peut-être qu’un jour nous serons en mesure de nous produire en tête d’affiche.

 

Comment le fait de venir de villes pourries en Hollande et en Autriche impacte-t-il votre musique ?

Kevin : Je ne pense pas que ça ait un impact sur notre musique. Mais tu sens qu’il va être nécessaire de bosser davantage que les autres. Si tu viens de Suède ou de l’Angleterre, c’est plus facile pour toi que si tu viens de Hollande ou de l’Autriche. A l’échelle mondiale, il n’y a rien qui vienne à l’esprit : il n’y a pas de légendes, ni de gros groupes qui en soient originaires. Pour l’Allemagne, il y a Sodom ou le Wacken : tu as des références. En Hollande et en Autriche : il n’y a quasiment rien. Quelques groupes te diront quelque chose mais il ne va pas y en avoir des masses.

 

Qu’aimez-vous tant dans le thrash metal?

Don : C’est rapide et assez extrême. J’aime les pits et les foules barrées. J’aime le challenge de jouer plus dur et plus rapide. J’ai grandi au son de cette musique et je l’adore vraiment.

Kevin : Pour moi c’est le parfait mélange des genres que j’affectionne. Si tu joues du powerviolence, ton auditoire sera limité. Mais avec le thrash, tu peux clairement intégrer tous les éléments que tu trouves dans les autres genres : des éléments beatdown, du punk, des riffs… Tout !

 

 

Interview : Matt Bacon.