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Interview exclusive pour hellfest.fr : WO FAT [Kent Stump (guitare et chant), Michael Walter (batterie) & Ryan Lee (basse)]

12 juillet 2016

« J’espère que nous allons en tirer profit pour poursuivre notre progression et participer à davantage de trucs comme ça » – Kent Stump – Vendredi 17 juin 2016

 

Comment ça va, les gars ?

Kent : Bien ! Je suis fatigué mais je vais bien !

Ryan : Je ne pourrais pas mieux aller !

 

Ça fait quoi de jouer le plus gros show de sa carrière à 13h ?

Kent : C’était bizarre.

Michael : Ils ne pouvaient même pas nous servir de la bière ! C’était trop tôt !

 

Vous avez déjà participé au DesertFest et au Freak Valley par le passé mais avez-vous déjà participé à un évènement comme celui-ci ?

Kent : Nous avons joué au Sylak l’année dernière et ça n’a rien à voir avec ici.

 

Comment allez-vous procéder pour la suite ?

Michael : Nous allons déjà rester quelques jours

Kent : J’espère que nous allons en tirer profit pour poursuivre notre progression et participer à davantage de trucs comme ça.

 

Ces dernières années, vous êtes plus ou moins devenus des rois du jam stoner rock. C’était votre but dès vos débuts ?

Kent : Je ne dirais pas que c’était notre but mais cette question du jam a toujours fait partie de notre démarche. Nous commençons à nous faire un nom, ce qui est cool. Nous avons des riffs et une structure également, mais une autre partie de ce que nous faisons repose plus sur une sorte de concept jazzy.

 

Que veux-tu dire par là ?

Kent : Juste que nous abordons le tout dans un cadre jazzy. Certains passages improvisés reposent sur la communication que nous opérons entre nous sur scène. Michael et moi sommes allés à l’Université de North Texas, où nous nous sommes rencontrés. C’est là-bas que nous nous sommes davantage intéressés au Jazz, même si j’avais déjà grandi en écoutant du jazz. Au sein de Wo Fat, nous ne jouons pas du jazz mais nous en conservons l’état d’esprit. Nous ne faisons pas de changements d’accords et nous avons recours à des structures blues mais les idées sont présentes.

 

Il y a un an de ça à la même époque, j’interviewais Samsara Blues Experiment, ici même. Il y a clairement beaucoup de groupes qui pratiquent le jam stoner rock actuellement. Pourquoi ? Et quelle est votre place au sein de la scène ?

Kent : Beaucoup de gens s’intéressent à la scène rock des 70s et se rendent à quel point elle était cool. Si tu jettes une oreille au hard rock de l’époque, à des trucs comme Cactus, par exemple, tu te rends compte qu’il y a beaucoup de similarités avec ce que nous faisons. Avec l’émergence mainstream de la scène metal, quelque chose s’est perdue en route. On ne trouve plus ce groove, ni l’essence originelle. C’est une sorte de renaissance du phénomène.

 

Apparaître comme un dérivé ne te gêne pas ?

Kent : Non. La façon dont je conçois l’écriture et ce que nous proposons sont très basés sur des structures et des mélodies blues. C’est notre langage. Aller au-delà du rock des 70s jusqu’au blues : ces mecs se sont inspirés les uns, les autres, et ont su créer leur propre musique. C’était un paradigme défini mais ils ont su en faire leur propre truc. Ils ont emprunté des idées pour fabriquer leur propre entité. Nous utilisons un certain vocabulaire pour instituer la nôtre. C’est ma façon de voir les choses.

 

Vous avez l’impression d’incarner un blues nouvelle génération ?

Kent : Oui. De la même façon que Led Zeppelin ou Black Sabbath l’incarnent.

 

Pour en revenir aux racines jazz : comment arrives-tu à te positionner, Ryan?

Ryan : Je n’ai pas suivi d’études de jazz mais je ressens cette sensibilité. Je perçois toutes ses influences au sein de a musique des 70s. En termes de jeu de basse, Berk Shelley (Budgie) est une grosse influence, tout comme Geezer Butler (Black Sabbath) l’est. Ils se sont inspirés du blues et du jazz.

 

Vous collectionner les vinyles?

Ryan : Ouais. Je bosse dans un magasin de disques et c’est une énorme partie de ma vie.

Kent : J’achète des disques depuis que je suis gamin. C’est tout ce qui comptait pour moi ! J’ai toujours des disques que j’ai achetés quand j’étais en 4ème.

 

Quels sont les joyaux de votre collection ?

Ryan : Mon album préféré parmi ceux que je possède, c’est Frumpy II de Frumpy. C’est du krautrock allemand et un de mes groupes préférés.

Kent : C’est une question difficile. Il y a des albums sur lesquels tu tombes par hasard et que tu achètes  sans les connaître car tu trouves la pochette cool. C’est ce qui m’arrive avec du jazz latino et des trucs 70s. J’aime le fait de pouvoir trouver des trucs super par ce biais. C’est cool quand le hasard intervient.

 

Pour moi, le meilleur de Wo Fat s’exprime quand il est sans contraintes. Vous êtes aussi un groupe qui doit être écouté sur vinyle, même si ce format est forcément limité. Vous sentez-vous limités par ce format et considéreriez-vous vous en éloigner pour cette raison ?

Kent : Nous ne voulons pas nous en éloigner même si nous devons garder en tête cette limite. Live, notre musique est un long jam et, idéalement, ce serait pareil sur un album. Mais ce serait compliqué en termes de séquençage. Nous avons sorti un live de notre performance au Freak Valley et nous aimerions refaire ça à l’avenir mais il demeure la question de proposer un album avec un bon son.

 

Qu’aimez-vous autant au sujet de la musique ?

Ryan : C’est une vaste question.

Kent : C’est comme quand tu tombes amoureux d’une fille et que tes amis te demandes pourquoi. Sur le moment, tu ne sais pas. Moi aussi, je n’en sais rien.

Ryan : C’est la plus profonde forme d’expression personnelle à laquelle je puisse penser. C’est cool de constater ce qui peut sortir de moi et des autres quand nous en faisons ensemble.

Michael : C’est un phénomène éphémère. Quand nous jouons, nous pourchassons ce moment doré où tout se met en place. Ça n’arrive pas tout le temps. C’est pourquoi tu continues à le faire. C’est transcendant.

 

 

Interview: Matt Bacon.