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Interview exclusive pour hellfest.fr : WALLS OF JERICHO [Dustin Schoenhofer (batterie) and Candace Kucsulain (chant)]

31 août 2016

 « C’est avant tout un honneur que de jouer dans le cadre du festival » – Candace Kucsulain – Dimanche 19 juin 2016

 

 

Comment se passe votre journée ?

Dustin: Elle se passe super bien. Nous adorons venir ici.

 

Et qu’avez-vous jusque-là ?

Dustin: J’ai bu du café, je me suis acheté une nouvelle paire de Dr Marten’s…

Candace: Ouais, nous sommes allés au stand Dr Marten’s!

Dustin: Après j’ai encore bu du café puis j’ai pris de nouveau du café… (rire) C’est tout en fait ! Nous attendons notre tour, nous assurons cette session presse puis nous nous préparerons pour notre set.

 

Vous pourriez vous la couler douce avec vos potes mais pourtant, ça fait deux heures que vous êtes dans ce box à donner des interviews…

Dustin: Nous pouvons toujours le faire plus tard…

Candace : Et puis, nous l’avons déjà fait avant de venir ici. Et plus, il nous reste encore du temps.

 

Vous êtes des habitués du Hellfest. Vous avez un souvenir spécifique lié à vos précédentes participations ?

Dustin : Il me semble que nous y avons joué à l’occasion de la 1ère édition ou quelque chose comme ça. Nous avons également joué au Fury Fest deux ans avant que le festival ne devienne le Hellfest. Je me souviens qu’il pleuvait des cordes quand nous sommes arrivés. Et qu’un groupe en particulier, une tête d’affiche, avait annulé sous prétexte qu’il n’y avait pas d’Internet sur place. Ce qui m’est apparu assez fou. Tu ne peux quand même pas annuler pour ça ! Je me souviens qu’en allant vers la scène il y avait des camions, des véhicules, embourbés. Ils ont nettoyé le chemin pour accéder à la scène. Quand nous avons rejoint la scène, un groupe français jouait avant nous. Je ne me souviens pas de leur nom mais le groupe a insulté le public en français. Du coup, les gens se sont mis à leur jeter des mottes de terre…

 

Ça devait donc être Kickback…

Candace: Ouais ! (rire)

Dustin : Nous nous regardions… “Vont-ils aussi nous jeter de la terre ?”

Candace : Nous ne savions pas comment ça allait se passer. Il y avait de la boue partout.

Dustin : Mais après, ça s’est tassé. Donc nous nous installons et le public est génial avec nous.

Candace : Et Amon Amarth joue en face !

Dustin : Ouais! Nous jouons, je regarde en face et je vois Amon Amarth à l’autre bout du terrain! “C’est fou! Je regarde Amon Amarth tout en jouant un show sympa et personne ne nous jette de la boue ! » : le meilleur show possible ! (rire)

Candace: Ce qui me marque toujours au sujet du Hellfest, ce sont les fantastiques œuvres d’art. Le fait que le festival intègre toute cette culture artistique au sein de la musique. Ce qu’il fait à ce sujet est incroyable.

 

Vous avez eu la chance de jeter un œil à la nouvelle Warzone ?

Dustin : Nous ne nous sommes pas encore rendus à la Warzone mais je viens de rencontrer une amie qui m’a dit que le site était incroyable. Elle m’a dit : « L’endroit où vous allez jouer est fantastique ! ».

Candace : En fait, c’est la seule partie du site que nous n’avons pas encore visité. Ça me donne super envie maintenant.

 

Pas de regrets de ne plus jouer sur la Mainstage alors que vous le faisiez il y a quelques années ?

Dustin: Nous y avons joué deux fois. J’aime bien mais j’aime quand il y a plus d’intimité… La grosse scène, c’est cool mais nous n’avons pas de pyro, pas de trucs flashy : nous sommes un groupe de hardcore. Donc je préfère jouer dans un cadre plus intimiste : autant jouer sur la Warzone plutôt que sur la Mainstage.

Candace : C’est évidemment un honneur de jouer sur la Mainstage mais c’est avant tout un honneur que de jouer dans le cadre du festival.

Dustin : Totalement.

Candace : Une scène reste une scène: ça n’a pas d’importance. Nous sommes juste contents d’être ici pour jouer.

 

Nemtheanga du groupe Primordial m’a récemment dit qu’il trouvait que la culture des festivals tuait les tournées. Partagez-vous ce point de vue ?

Dustin : Je ne suis pas d’accord.

Candace : Bizarre.

Dustin : La culture des festivals aide à tourner. Avoir pu nous produire au Hellfest plusieurs fois nous a permis de grandir et de jouer dans des clubs en France. Je pense que la culture des festivals ici en Europe inspire la culture des festivals aux US et qu’elle est bénéfique pour tout le monde. Désormais tu planifies une tournée autour des festivals dans lesquels tu joues. C’est ce que font les groupes partout aux States. C’est comme ça que ça doit marcher. Ce sont les festivals itinérants qui tuent les tournées, pas les festivals en eux-mêmes. Ces festivals itinérants tuent ce qu’il y a autour quand ils se déplacent partout sur le territoire américain… Un phénomène identique s’est produit en Australie et après c’était mort, tu ne pouvais plus rien faire à côté.

Candace : Tu ne peux pas rivaliser dans ces conditions. Les festivals sont super en eux-mêmes. La seule menace par rapport les tournées, c’est quand les groupes ne font que jouer dans les festivals. Nous, nous ne venons pas que pour jouer dans les festivals : la semaine entre deux festivals, nous donnons des concerts dans des clubs.

 

Votre dernier album, No One Can Save You From Yourself est sorti il y a quelques mois. Il s’était écoulé beaucoup de temps depuis la sortie du précédent, The American Dream (2009)… Qu’est-ce qui vous a tenu si longtemps en-dehors du studio ?

Dustin : Business. Vie privée. Une combinaison des deux. Candace est tombée enceinte…

Candace : je voulais fonder une famille.

Dustin : D’autres membres du groupe ont eu des enfants, se sont mariés, tout ça. Nous étions vraiment cramés en 2009 en raison de tout l’aspect business que nous avions à endurer et Candace nous a fait part de son souhait, etc. Nous nous sommes dit que c’était le bon moment pour disparaître un peu. Car nous étions fatigués de gérer tout ça. En tant qu’artiste, tu ne devais ne penser qu’à ton art et à perfectionner ce dernier. Nous étions tellement impliqués dans le volet du business que nous étions fatigués de tout. Nous ne pouvions plus n’être que des artistes. Nous étions tellement inquiets au sujet de tout le reste. Maintenant, nous sommes de retour. Nous avons trouvé un nouveau partenaire en la personne de Napalm Records et nous sommes de nouveau des artistes, des musiciens.

Candace : N’avions pas envie d’arrêter, c’est ce qui nous a permis de tenir. Je suis tombée enceinte juste après que nous ayons eu cette conversation entre nous. A partir de là, il y a eu un trou de presque 2 ans. Car je n’avais pas envie de quitter ma fille juste après sa naissance. M.A.D n’a jamais cessé de croire en nous et nous a proposé d’assurer de nouveau un Persistence Tour. Nous nous sommes dit que nous ferions de notre mieux pour que ce soit possible. Nous n’avons jamais cessé d’être un groupe : nous avions juste arrêté les tournées. Ça nous a montré à quel point il était important de s’entourer de gens qui croient en nous plutôt que d’être lié à un label qui ne croit pas en nous ou qui ne travaille pas pour nous. En tant que groupe, il est difficile de mettre plus d’énergie dans quelque chose quand les gens qui sont censés bosser pour toi n’en ont rien à foutre. Ce dont il est question, c’est d’être accompagné avec des gens qui croient en toi. Et le fait que nous avons toujours voulu jouer ensemble nous a permis de tenir.

 

Vous n’étiez pas trop anxieux avant de démarrer l’écriture. Genre « Sommes-nous toujours capables de le faire ? »

Dustin : Non, car nous n’avons jamais arrêté. Ce que je veux dire par là, c’est que les membres du groupe ont continué d’écrire pour le compte de leurs autres groupes. Chris (Rawson – guitare) et moi jouions et tournions avec d’autres groupes. Ça te permet de voir plein de choses en dehors du petit microcosme de ton groupe : c’est une source d’inspiration. Mike (Hasty – guitare) et Aaron (Ruby –basse) avaient aussi un autre groupe pour lequel ils écrivaient ensemble. Quand tu écris, tu te dis : «ça, c’est un morceau pour Walls of Jericho » par exemple. La question n’a jamais été de savoir si nous en étions encore capables mais quand nous allions le faire.

 

Parmi les morceaux de l’album, un d’entre-eux s’avère très différent des autres : « Probably Will ». Quelle est l’histoire derrière ce morceau ?

Candace : Sur chacun de nos albums, il y a un morceau plus doux.  J’ai entendu ce morceau il y a de nombreuses années de ça. C’est une sorte de face B de Concrete Blonde et ce morceau a toujours été une sorte d’hymne pour moi. (sourire) Je trouvais aussi qu’il résumait bien l’album. Dans ta vie, tu feras toujours face à une sorte de tyran, quelqu’un qui raconteras de la merde, qui aura un impact négatif sur ta vie. C’est important de garder confiance en soi, de s’élever et de reprendre une bonne trajectoire. Garder confiance en soi permet de le faire.

 

Dernière question. J’ai besoin que tous deux terminiez cette phrase : « Je n’ai jamais raconté cette histoire auparavant et ne devrais sans doute pas le faire mais… »

Dustin: Je vais le faire!

Candace : Je pense que le monde doit l’entendre !

 

 

Interview: Wombat.

Un grand merci à Elodie & Charles (HIM Media).