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Interview exclusive pour hellfest.fr : THY ART IS MURDER [Andy Marsh (guitare)]

31 août 2016

« Tout ce que nous faisons est fou, qu’il s’agisse de hauts ou de bas… » – Andy Marsh – Samedi 18 juin 2016

 

 

Comment ça va?

Ça va super. Je suis arrivé Europe depuis hier et je me sens super bien.

 

Ces derniers mois ont été assez dingues pour toi…

Tout ce que nous faisons est fou, qu’il s’agisse de hauts ou de bas…

 

Peut-on aborder ce sujet controversé lié au business

On peut boursicoter un peu…

 

Votre ancien chanteur (CJ McMahon) a quitté le groupe en affirmant que nous n’aviez gagné qu’entre16 et 20.000 dollars chacun ces 5 dernières années… Qu’a-t-il voulu dire par là ?

Je n’en suis pas certain. Je pense que les gens n’ont pas compris ce qu’il a voulu dire ou lui-même n’a pas été suffisamment clair. Ces chiffres ne sont pas les bons de toute façon. Ce n’est pas bien de parler publiquement d’argent. Il n’est pas nécessaire de balancer ton existence et tes choix sur la voie publique. En communiquant de la sorte, il a fait croire au gens que la situation était pire qu’elle ne l’est réellement. Je ne comprends pas pourquoi il a fait ça. Nous sommes un groupe de metal donc il y a clairement eu un moment où nous ne gagnions pas d’argent. Qui joue du metal pour gagner de l’argent ? Nous jouions des concerts pour parvenir à en jouer d’autres. C’était cool de se dire qu’on a franchi une étape et que nous n’avons plus besoin d’avoir un boulot en plus.

 

Où en êtes-vous à ce niveau ?

Ces derniers 24 à 36 mois ont été très encourageants. Nous faisons partie des groupes australiens ayant le plus tourné : c’est cool d’en vivre.

 

Peut-être que vous êtes le seul groupe professionnel de metal australien ?

Il y a aussi Parkway Drive et Amity Affliction…

 

Vous devez malgré tout faire face à pas mal d’obstacles : comment franchir ces derniers ?

Nous y faisons face au fur et à mesure. Les visas et les vols coûtent très cher et la situation est mauvaise aux Etats-Unis. Aucun autre groupe n’a déjà dû faire face à des obstacles de ce genre.

 

Comment votre management gère-t-il la situation?

Je gère notre management !

 

Et tu manages d’autres groupes ?

Oui. Disentomb, un groupe australien qui démonte et quelques groupes plus petits.

 

Comment équilibres-tu ces activités ?

La possession d’un iPhone facilite les choses. Et avoir un bon sens de l’organisation aide aussi pas mal.

 

Comment t’es-tu décidé à faire ça ?

Je suis issu du punk et j’aime bien faire les choses à ma façon. Monter Thy Art Is Murder nous a confrontés à de gros challenges. Aujourd’hui, j’ai atteint tous les buts que je m’étais assignés en montant le groupe. Je me fixe des objectifs et je fais en sorte de les atteindre : c’est mon mode de management.

 

Mais qu’est-ce qui t’a amené à vouloir manager un groupe ?

Le fait d’aimer le groupe sur le plan de ses individus et de sa musique. Si tu n’es pas à fond dans le truc, tu es baisé. Il faut aimer les morceaux ! Si les mecs sont tes meilleurs amis mais que les morceaux sont pourris, ça ne sert à rien. Il faut vraiment des super morceaux, que tu aimes vraiment la musique et que tu aimes vraiment les gens.

 

Qu’est-ce qu’un super morceau ?

Je ne sais pas, c’est juste un super morceau ! J’aime les morceaux linéaires et j’aime les trucs progressifs bancals.

 

Bosser avec Lochlan (Watt – chant), c’est comment ?

C’est assez cool. Je le connais depuis 10 ans. Nous avions besoin d’intégrer quelqu’un et c’est notre pote, nous nous entendons bien. Je ne peux ni confirmer, ni infirmer qu’il va rester dans le groupe. Nous y réfléchissons. Intégrer un chanteur dans un groupe signifie davantage que trouver une voix. Il s’agit de trouver la bonne voix, la bonne attitude scénique. C’est un peu comme trouver un nouveau membre au sein de ta famille.

 

Vous avez joué une poignée de concerts avec un autre chanteur… Que s’est-il passé ?

Il y a avait une sonorité qui me dérangeait, une sorte de constriction dans sa voix qui me perturbait. J’aime que les vocaux soient intelligibles  et là, c’était très perturbant. Personne ne l’avait vraiment mentionné jusqu’à ce que j’en parle à notre producteur. Son amplitude n’était pas la bonne, nous avions besoin d’un chanteur avec un registre légèrement plus aigu. Il n’était pas en phase avec notre son. C’est une question d’équilibre. J’adore le mec, c’est un Américain et j’ai une certaine sensibilité américaine depuis que j’habite aux Etats-Unis. Mais les autres gars sont davantage australiens, d’autant plus qu’ils habitent en Australie. Ça a été compliqué sur le plan personnel.

 

Pour conclure : qu’aimes-tu tant concernant la musique ?

C’est un boulot mais c’est une passion avant tout. C’est un boulot où tes compétences importent peu. Je trouve ça intéressant. Dans un autre boulot, plus tu es bon, plus tu gagnes de l’argent, sauf exception. Tu peux être le plus incroyable guitariste au monde et ça ne veut rien dire : je trouve ça intrigant. Je suppose que c’est aussi ce qui amène les gens vers la musique. C’est quelque chose qu’ils aiment et ils se trouvent au centre de tout instantanément. C’est une culture qui m’intéresse depuis que je suis jeune.

 

 

Interview : Matt Bacon.