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Interview exclusive pour hellfest.fr : STRIFE [Andrew Kline (guitare)]

21 août 2016

« C’est vraiment cool. C’était vraiment un truc que nous souhaitions faire en montant ce groupe : casser les barrières entre le punk, le hardcore et le metal et essayer d’ouvrir l’esprit des gens » Andrew Kline – Samedi 18 Juin 2016

 

 

Je vais démarrer avec une date: le 11 décembre 1996. Tu te souviens de celle-ci et où tu te trouvais à l’époque ?

En tournée avec Sepultura (tournée Roots pour laquelle Strife assurait la 1ère partie). Où était-ce ?

 

A Newport, au Pays de Galles. C’était mon premier concert de Strife mais aussi le tout premier concert d’un groupe de hardcore auquel j’ai assisté. Tu te souviens bien de cette époque ?

Bien-sûr, mais pas forcément de cette date-là en particulier. C’était dingue. Nous avons participé à cette dernière tournée, celle où Max a joué son dernier concert avec le groupe. Et depuis cette époque, les gens me racontent toujours cette même histoire : « Mon premier concert de hardcore, c’était vous en première partie de Sepultura. Depuis, je suis dans le hardcore et je vais voir des concerts de hardcore depuis 20 ans ». C’est vraiment cool. C’était vraiment un truc que nous souhaitions faire en montant ce groupe : casser les barrières entre le punk, le hardcore et le metal et essayer d’ouvrir l’esprit des gens. Nous pratiquons tous une musique heavy, nous sommes tous des parias, nous sommes tous différents et nous jouons tous une musique heavy avec ses spécificités pour chaque style mais je pense qu’il y a de la place pour chacun dans le genre. Nous voulions vraiment casser les barrières et les divisions. Entendre des propos comme ceux-là est cool car ça correspond à ce que nous avons toujours cherché à faire avec ce groupe.

 

Comment se passe ce Hellfest jusqu’à present?

Génial ! Le concert sur la Warzone a été super. Nous avons joué tôt dans la journée et nous ne savions pas trop quoi attendre. C’était rempli et ça a bien bougé, c’était super fun et nous en avons profité. Il y a quelques groupes aujourd’hui que nous avons hâte de voir. C’était vraiment génial : un super concert et un super public. C’est sympa de voir tant de monde et de voir les gens déployer autant d’énergie si tôt dans la journée, du début à la fin : c’est incroyable. C’’est cool de voir des fans de musique profiter de la musique. Et puis, il n’y avait pas que des fans de hardcore qui assistaient à notre concert. Il y avait de tout : des black metalleux avec le visage maquillé, des punks, des metalheads… C’était vraiment génial et c’est important pour nous, un groupe de hardcore… Il est nécessaire de montrer que nous n’excluons personne. Nous voulons que tout le monde soit impliqué, entende notre message et s’intéresse aux autres groupes.

 

Pas trop déçu d’être positionné si bas sur l’affiche?

Non ! Nous ne sommes pas un gros groupe mais un petit groupe. Aujourd’hui, nous avons joué tôt mais ça restait un gros concert. Peut-être que nous reviendrons et que nous jouerons plus tard. J’aurais été déçu si personne n’était venu nous voir mais c’était plein. C’était un super concert et nous sommes contents et totalement satisfaits que le Hellfest nous ait conviés. J’espère que nous reviendrons.

 

Jouer en plein air est-il un challenge? Je suppose que jouer dans un club et sans barrières est un contexte très différent ?

C’est très différent. Surtout quand tu joues en pleine journée avec toute cette luminosité. Je pense qu’il est important de pouvoir impliquer la foule et de se nourrir de son énergie. C’est un peu comme regarder un film au cinéma avec les lumières allumées. Un groupe qui joue en pleine journée, c’est bizarre pour le groupe et ça l’est tout autant pour le public. Il faut se donner à 100%, concentrer ton énergie et fait en sorte d’impliquer le public de sorte à pouvoir donner le meilleur concert possible.

 

Le groupe s’est remis ensemble il y a quelques années. Comment juges-tu cette renaissance ? C’est un succès à tes yeux ?

Nous avons recommencé à donner des concerts en 2012 et à l’occasion d’un de ces premiers concerts, nous avons pris l’avion pour Paris pour y jouer au Paris Extreme fest. Ce concert avait été fantastique. Après ça, nous avons eu des propositions de concerts dans le monde entier, au Japon, en Amérique du Sud… Nous avons donc repris les tournées mais nous ne voulions pas nous contenter de ne jouer que des morceaux qui avaient 20 ans. Nous voulions écrire un album qui représentait le groupe au présent. Le message actuel n’est pas tellement différent de celui de l’époque mais nous voulions des nouveaux morceaux qui nous bottent et monter que nous n’étions pas un groupe qui se réunissait pour se reposer sur un album écrit 20 ans auparavant… Nous avons toujours beaucoup à donner à cette scène. Nous avons donc écrit Witness A Rebirth et il a été super bien accueilli. Beaucoup de gens disent que c’est le meilleur album de Strife et que, si ce n’est pas le meilleur, il reprend l’histoire où les précédents l’avaient laissée. En fin d’année dernière, nous avons sorti un petit EP sur mon label, War Records. Il contient 4 morceaux et est intitulé Incision. Iggor (Cavalera) jouent les parties de batterie. J’apprécie le fait de faire partie d’un groupe qui soit actif et j’aime écrire de la musique. Je trouve que c’est important que les groupes ne se contentent pas d’écrire de la musique et de sortir des albums mais qu’ils essaient de faire en sorte que leurs nouveaux albums soient au niveau de leurs meilleurs albums. C’est ce que nous essayons de faire de notre côté.

 

Quelle va être l’implication d’Iggor à l’avenir ?

Je ne sais pas… Difficile à dire. Comme je l’ai dit un peu plus tôt, nous étions ensemble sur la tournée Roots en 1996 et nous sommes restés amis depuis. Il m’arrive parfois de m’occuper de la batterie d’Iggor en tournée. Je suis venue au Hellfest l’année dernière avec Cavalera Conspiracy pour ça d’ailleurs. Iggor habite en Angleterre désormais… Si l’opportunité se présente, peut-être que nous jouerons encore ensemble à l’avenir. C’est un bon ami et aussi un fan du groupe. Alors que nous étions en train d’écrire Witness A Rebirth… Nous étions dans une situation d’entre-deux au niveau de la batterie : notre batteur originel bossait comme DJ a plein-temps et il n’avait plus de temps à consacrer au groupe et celui qui le remplaçait jouait également dans un autre groupe qui était très actif et qui était constamment en tournée. J’étais en tournée avec Cavalera Conspiracy aux Etats-Unis et comme j’avais bossé sur des démos, Iggor a voulu les écouter. Il était genre « C’est vraiment cool ! Qui doit s’occuper de la batterie ? Ok, je m’en charge ! ». Nous avons donc organisé ça et avons enregistré Witness A Rebirth au Brésil avec Iggor à la batterie et ça a été génial. C’est un fan du groupe depuis le début des années 90 et il a même joué sur un morceau de In This Defiance (1997). Si c’est possible, il rejouera avec nous. Si ce n’est pas possible, nous resterons amis quoi qu’il arrive donc c’est cool.

 

Vos projets pour les mois à venir ?

Nous sommes actuellement en tournée en Europe et aujourd’hui, c’est la deuxième date de la tournée donc il nous reste encore quelques semaines ici. Puis nous rentrerons à la maison et participerons à un festival hardcore, le This Is Hardcore, à Philadelphie en août. Nous avons également un festival au Mexique en septembre. Nous avons également commencé à bosser des morceaux pour un nouvel album. Nous verrons comment nous avancerons mais nous espérons que nous pourrons débuter l’enregistrement d’ici la fin de l’année.

 

Que connais-tu de la scène hardcore française ?

Je connais quelques groupes mais uniquement en raison du fait d’avoir joué en France. Nous avons joué avec Rise Of The North Star en mars dernier. C’était une tournée avec Madball et ils assuraient la première partie. Ils ont des influences hardcore mais ils évoluent un peu en marge. Ils utilisent des trucs venus du hardcore, du metal, du rap-rock, des trucs à eux aussi… Il semble que ça se passe bien pour eux. Nous avons également fait une tournée Persistence avec The Arrs. Ils sont davantage hardcore, je dirais. Bref, ce que je connais n’est que via les tournées en France. Typiquement, nous jouons à Paris presqu’à chaque tournée mais cette fois-ci ce ne sera pas le cas, mais nous donnons quand même 5 concerts en France, ce qui est plus que de coutume pour nous, de toute façon.

 

Comment aimerais-tu qu’on se souvienne de Strife une fois que l’aventure sera achevée ?

Un groupe qui se donnait toujours à 100%. Je trouve que nos concerts font partie des meilleurs au sein de la scène hardcore. Nous nous efforçons d’y consacrer toute notre énergie. J’aimerais qu’on se souvienne de nous pour ça. Nous essayons d’être cool avec tout le monde, de nous faire des amis  C’est tout, en fait. Pendant toutes ces années, nous avons rencontré beaucoup d’amis à travers le monde.

 

 

Interview: Wombat.

Un grand merci à Jay (tour manager) et War Records.