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Interview exclusive pour hellfest.fr : Rob Wrong (THE SKULL)

1 juin 2016

« S’il y a quelque–chose que tu souhaites faire, comme jouer de la musique, tu devrais tout le temps pouvoir le faire car tu dois faire ce qui te rend heureux et ne pas te contenter de peu » – Rob Wrong – 07/05/2016

 

 

Alors, comment ça va ?

Je vais plutôt bien. Je suis de retour à Portland pour me préparer pour de nouvelles aventures… Ma femme et moi allons voyager un peu, à travers la France et les Pays-Bas, à la période du Hellfest, le Hellfest représentant l’évènement majeur, bien-sûre.

 

Que ressens-tu à l’idée d’être en mesure de financer ce genre de projet grâce à ta musique ?

Je ne diras pas que c’est vraiment le cas mais le prix du billet d’avion est très onéreux. Mais c’est sympa. C’est sympa de ne pas avoir à mettre plein d’argent de côté en prévision des pertes qu’engendre une tournée. Je l’ai pourtant fait pendant des années et c’est difficile. Si tu veux vraiment y arriver, il faut vraiment trimer. J’en suis à un point où c’est devenu une sorte de boulot à temps partiel mais qui n’est pas très bien rémunéré. Mais j’en suis quand même satisfait.

 

Qu’est-ce qui fait que tu y tiens autant ?

Et bien, il me faut jouer de la musique et c’est ce que je fais. Et c’est ce que je fais depuis très jeune. C’est un exutoire, je suis en mesure de partager une partie de ma vue que je ne suis pas en mesure d’exprimer avec des mots.

 

Ces derniers mois ont été visiblement assez remplis pour toi… Tu peux un peu me raconter ça ?

Je n’ai rejoint The Skull qu’à compter de décembre dernier. Je venais de rentrer d’une tournée avec Witch Mountain en support de Danzig. J’ai rencontré le bassiste (Ron Helzner) de The Skull, qui œuvrait précédemment au sein de Trouble. Il m’a proposé d’être le nouveau guitariste de The Skull et j’ai donc dû apprendre 16 morceaux et jouer un concert avec un groupe donc je n’avais jamais rencontré 3 des autres membres. Nous avons ensuite enregistré un single et un EP sur TeePee Records. En janvier, nous avons joué avec Sleep. Puis, en février, un concert assez épique avec Witch Mountain et Yob. Fin février, j’ai tourné avec The Skull pendant 3 semaines à travers l’Allemagne, la Hongrie et l’Autriche. Je suis rentré à la maison avant de retourner jouer au Roadburn et en Scandinavie après quelques semaines

 

Qu’est-ce que ça fait de faire partie au quotidien d’un groupe légendaire ?

Tu sais, contrairement à pas mal de monde, je ne suis pas ébloui par ce genre de chose. Mais c’est assez saisissant quand même quand je m’y penche : je joue des reprises de Trouble avec des mecs qui jouaient dans Trouble. J’apprécie particulièrement l’esprit de camaraderie et les liens qui nous lient au sein du groupe. Je pense que c’est ce qui prévaut par-dessus tout. C’est vraiment cool de jouer aux côtés de quelques-uns de mes héros, même si j’en connais certains depuis 15 ans. Ce sont simplement des gens comme les autres.

 

Comment votre relation s’est-elle instaurée ?

J’étais en tournée avec Witch Mountain en 2001 et j’ai rencontré Ron à cette occasion. Bien avant que l’usage des téléphones portables devienne la norme, nous avons pris l’habitude de nous appeler l’un l’autre de temps en temps. Nous parlions tout le temps de jouer ensemble mais pendant longtemps cela ne s’est résumé qu’à des paroles. Et quand l’occasion s’est enfin présentée suite au départ de Matt (Goldsborough – guitare) en avril 2015, de pouvoir jammer avec Ron a été cool. Nous avons beaucoup d’estime l’un pour l’autre, tout s’est posé naturellement.

 

C’est assez irréel… Je n’imagine ce qu’on doit ressentir en pareille occasion, même pour quelqu’un avec un parcours comme le tien. Bien que je te connaisse, je suis quand même fasciné…

Je pense que les gens ont une idée pré-conçue de ce que sont les gens. C’est sans doute encore plus le cas avec Ron ou Eric qui sont plus connus et qui sont admirés. Moi aussi, je rencontre beaucoup de gens qui m’imaginent différent de ce que je suis.

 

Et comment les gens t’imaginent-ils être ?

Je ne sais pas. C’est juste bizarre. C’est gens sont juste super fans d’un de mes groupes. Quelquefois, ils vont aussi me parler normalement. Je ne sais pas vraiment ce à quoi ils pensent. Je peux seulement imaginer qu’il doit être difficile de pouvoir aller où on le souhaite quand on a atteint un gros statut en termes de notoriété.

 

Ça me rappelle le moment où Kayla Dixon a rejoint ton autre groupe, Witch Mountain… Nous nous sommes rendus à un festival et nous avons dû nous arrêter 5-6 fois pour prendre des photos avec des fans…

Elle a déjà bien roulé sa bosse… Elle a déjà tenu le devant de l’affiche à plusieurs reprises avec d’autres projets.

 

Revenons à cette tournée commune Witch Mountain/The Skull… Tu avais déjà eu l’occasion de jouer deux sets le même soir sur une tournée auparavant ?

Je ne l’avait fait qu’à une seule occasion et ça remonte à 1994. J’avais joué au sein de deux groupes différents à l’occasion d’un festival.

 

Comment se prépare-t-on à cette occasion ?

J’ai passé la majeure partie des dernières décennies à jouer à 60 bpm. Faire partie de The Skull me permet de rester sur le qui-vive en tant que musicien. En me partageant entre les 2 groupes, je dois être en mesure d’interpréter quelque chose comme 35-40 morceaux. Un set de The Skull, c’est 20 morceaux alors que pour Witch Mountain, c’est 5-10. Aujourd’hui, je répète davantage que par le passé. Je continuer mon apprentissage !

 

Jusqu’à quel point ce double statut impactera-t-il Witch Mountain ?

Je ne sais pas. En ce moment, Kayla m’envoie des trucs, je travaille dessus et je lui renvoie. Il y a forcément une évolution depuis son arrivée au sein du groupe. En revanche, je ne mesure pas l’impact à ce jour sur nos compositions. Je suppose qu’il y aura bien un impact à un certain point, mais ça restera un truc qui me correspond. Rejoindre The Skull ne signifie pas modifier mon style. Mes réglages sont similaires à ceux que j’ai quand je joue avec Witch Mountain.

 

Tu peux me parler de ton précédent passage au Hellfest?

C’était il y a 2 ans… Tu étais là aussi. Ça a été la plus grande expérience musicale que j’ai jamais vécue. J’y ai vu des gens qui incarnaient tout ce qui représente le plus pour moi, en train de regarder les performances de groupes fantastiques. Participer au Psycho Las Vegas est très excitant mais pour moi, le Hellfest est LE festival. J’y ai vu un enchainement Iron Maiden-Slayer en l’espace d’une minute dès mon arrivée sur le site. Puis, j’ai vu Aerosmith, Deep Purple, Unleashed, Monster Magnet, Acid King, Subrosa et puis, bien entendu,  Black Sabbath avec Ozzy… Se balader sur place et voir tout ce monde, c’était super. Tu déambules entre les différentes tentes et tu entends plein de styles de metal différents. J’ai beaucoup aimé la grande roue également, c’était chouette !

 

Pourquoi ce genre d’évènement n’existe-t-il pas aux Etats-Unis?

Probablement en raison de son financement. Il doit y avoir quelqu’un avec beaucoup d’argent derrière le Hellfest, surtout si on considère le nombre de personnes qui travaillent sur le site. Ça doit coûter des millions. L’appréciation de l’art est également plus sensible en Europe, notamment pour ce genre de musique. Des groupes comme Enslaved décrochent des Grammies en Norvège alors que des groupes comme Halestorm obtiennent des Grammies aux States. Et puis, Ghost ! Je ne sais pas si tu aimes ?

 

Je les adore. Ton point de vue les concernant ?

Je peux apprécier mais je ne suis pas un gros fan. Si tu aimes le théâtre, je devine que c’est cool. Je trouve que le mélange de théâtre et de musique est cool mais je suis le genre de mec qui aime fermer ses yeux et écouter la musique. Je pense que leur jeu de scène rend le groupe plus attrayant que sa musique ne l’est.

 

Quelques paroles pleines de sagesse pour conclure ?

S’il y a quelque–chose que tu souhaites faire, comme jouer de la musique, tu devrais tout le temps pouvoir le faire car tu dois faire ce qui te rend heureux et ne pas te contenter de peu.

 

 

Interview : Matt Bacon

07/05/2016 – phoner