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Interview exclusive pour hellfest.fr: Rob Caggiano (VOLBEAT)

10 juin 2016

« Le Hellfest, comme je l’ai dit plein de fois aujourd’hui – et je ne dis pas ça car je me trouve en France en ce moment !– est probablement mon festival préféré » – Rob Caggiano – 19.05.2016 – Paris

 

 

Qu’est-ce qu’une journée promo comme celle d’aujourd’hui? Une super opportunités pour recueillir des retours concernant le nouvel album (Seal The Deal & Let’s Boogie – sortie le 03.06.2016) ? Ou un mal nécessaire ? Ou les deux ?

Pour le moment, c’est vraiment cool et même bien fun. Nous avons abordé des sujets variés. Généralement, ça peut s’avérer ennuyant car tu dois répondre à la même question à de multiples reprises. Personnellement, j’y vois un peu de paresse au niveau des journalistes, tu sais. Car ils connaissent la réponse, hein ?! (rire) Mais aujourd’hui, ça s’avère vraiment cool.

 

Es-tu satisfait des premiers retours ?

Jusque-là, les retours sont très positifs pour tous ceux auxquels j’ai parlé donc c’est un sentiment très agréable. Nous sommes très fier de cet album et il nous tient vraiment à cœur. Bien entendu, les fans n’ont pas encore eu l’opportunité de l’écouter mais en ce qui concerne les journalistes, les magazines, les médias, le retour est super.

 

Quel sentiment prédomine chez toi ? Excitation ? Crainte ? Impatience ?

Nous sommes excités, c’est sûr. Nous sommes aussi un peu anxieux car nous avons engagé beaucoup de travail pour sa conception. Nous avons juste hâte qu’il sorte et il nous tarde de repartir sur la route et de mener notre barque.

 

Peux-tu m’éclairer au sujet du nom de l’album ?

Michael est venu avec ce titre il y a quelque temps de ça. J’ai trouvé l’idée brillante Je me suis tout de suite dit : « C’est génial !”. (rire) Je trouve que c’est un titre qui colle vraiment au son et à l’esprit de Volbeat. Et qui résume bien aussi, à sa façon, ce qui se dégage de l’album.

 

C’est le sixième album de Volbeat. Quelle est son ambition ?

Le truc avec Volbeat, c’est qu’il n’y a pas de formule, pas de règle à suivre dès lors qu’il est question d’exprimer des idées ou d’écrire des morceaux, de la musique. Je ne pense pas que ne serait-ce l’un de nous ait pensé au préalable : « Oh, on va faire ceci comme-ci et ceci comme-ça ». En revanche, il me semble que nous ne voulions pas persévérer avec le concept western/hors la loi du dernier album. Nous souhaitions proposer quelque-chose un peu différent, aussi bien au niveau de la musique que des paroles. Je pense que c’est la seule chose que nous avions à l’idée. Hormis ce point-là, il était juste question de produire les meilleurs morceaux possibles et c’est ce que nous avons fait.

 

Comment as-tu vécu le processus d’écriture et d’enregistrement ? Pour cet album tu étais un membre à part entière dès les premiers pas cette fois-ci : c’était différent ?

Je ne dirais pas que c’était très différent. Mais clairement, vu que j’étais membre à part entière du groupe depuis plus longtemps, nous étions très à l’aise les uns et les autres. Le côté sympa cette fois-ci, c’est que j’ai pu participer au processus d’écriture et de pré-production dès le début. Nous étions tous ensemble dans la salle de répet’ à bosser collectivement les morceaux. Je pense que ça a eu pour effet d’améliorer le résultat final. Ce qui en est ressorti est très bon et très puissant.

 

Pour beaucoup de gens, Michael (Poulsen – chant et guitare) est la force créative du groupe. C’est facile d’exister pour toi, à côté de lui ?

Musicalement, nous sommes complètement en phase. Je suis aussi une force créative et nous travaillons très bien ensemble. Et le faire pour cet album a été très fun.

 

Vous venez d’annoncer l’identité de votre nouveau bassiste (Kaspar Boye Larsen). Quelles sont les qualités requises pour rejoindre Volbeat ?

Je pense que ceci est valable pour n’importe quel groupe : la personnalité est un élément majeur. Il faut également être sur la même ligne musicalement. Et puis faire partie d’un groupe, c’est comme un mariage. Même si les mariages ont tendance à plus souvent ne pas marcher que marcher ! (rire) Faire partie d’un groupe, c’est comme avoir une relation intime, c’est difficile, quoi. C’est pour cela que j’ai tellement de respect pour tous ces grands groupes qui ont un line-up stable depuis toujours : c’est fantastique.

 

Vous allez promouvoir l’album à travers les festivals dans un premier temps. Vous planifiez une tournée en tête d’affiche par la suite ?

Oui, nous sommes en train de préparer tout ça en ce moment. Nous allons essayer d’aller aussi loin que possible et de tourner partout dans le monde. Nous allons énormément bosser pour ça et cette perspective est très excitante à notre niveau. Nous allons clairement effectuer une tournée des arenas aux States une fois la saison des festivals européens achevée. Puis, au moment venu, nous ferons de même en Europe.

 

Tu te rappelles du jour où tu as rencontré les gars pour la première fois ?

J’ai rencontré les mecs pour la première fois à l’époque où je jouais avec Anthrax. Nous faisions un concert Big Four en Suisse, je crois que c’était le Sonisphere. Je ne sais pas pourquoi Volbeat était là. Peut-être que le groupe était à l’affiche sur une autre scène, je ne m’en souviens pas. Bref, ils étaient là et quelqu’un nous a présentés. J’ai donc fait la connaissance de Michael et Jon (Larsen – basse), qui sont deux gros fans d’Anthrax, et nous avons discuté ensemble quelques minutes. A l’époque, je n’avais alors jamais entendu parler du groupe, ni entendu sa musique. Bref, quelqu’un nous a présentés, nous nous sommes serrés la main, nous avons bu une bière et rien de plus. Peu de temps après, j’ai collaboré au sein d’un autre groupe, The Damned Things… Nous ensuite avons sorti un album et Volbeat a été assez sympa avec nous puisque le groupe nous a embarqués en tournée. C’est ainsi que nous avons vraiment appris à nous connaître et nous sommes devenus bons amis… Et voilà où nous en sommes aujourd’hui ! (rire)

 

Qui est Rob Caggiano ? Un musicien qui produit des groupes ou un producteur qui joue dans un groupe ?

Les deux. Je suis un musicien. La définition d’un musicien, c’est quelqu’un qui fait de la musique. Quand je produis un album, je fais de la musique. Si je joue de la guitare, je fais aussi de la musique. Pour moi, c’est la même chose.

 

Je suppose que tes activités de production vous être très impactées par ton emploi du temps avec Volbeat pendant les mois/années à venir ?

Oui. J’ai pris une décision délibérée il y a quelques années : celle de produire que des projets qui… Il faut qu’il s’agisse de projets spéciaux, des projets auxquels je crois particulièrement ou au sein desquels je joue de la guitare. Je viens de terminer l’album de Jim Breuer (Songs From The Garage – sortie le 27.05) et c’est un projet qui me tient à cœur. C’est vraiment un album spécial. J’ai quasiment écrit toute la musique et joué toutes les parties de guitare. Les parties de guitare qui figurent sur cet album font partie de mes meilleures et j’en suis très fier. Jim est un incroyable chanteur, les gens ne connaissent pas ce côté-là de lui. C’est un des comédiens les plus marrants de tous les temps mais il est aussi un putain de bon chanteur de rock. Il y a aussi une chanson avec Brian Johnson d’AC/DC. Cette collaboration représente un des plus grands moments de ma carrière. Avoir ce mec dans le studio, bosser avec lui, le produire : c’était génial.

 

Des projets de transposer ça en live ?

Je ne sais pas. Nous avons discuté de la possibilité de donner quelques concerts ici et là, si mon agenda me le permet. Peut-être quelques apparitions à la télé, nous verrons bien. Ce serait cool de pouvoir le faire.

 

Que penses-tu du dernier album d’Anthrax, For All Kings ?

C’est un super album. Et c’est un super groupe, ouais.

 

Y a-t-il un avenir pour The Damned Things ?

Je l’espère. Je pense que c’est quelque-chose que chacun de nous aimerait refaire car cette expérience fut très fun. La seule difficulté avec ce groupe, c’est le conflit d’agendas. A l’époque où nous avons bossé sur l’album, l’activité était réduite au niveau d’Anthrax, Fall Out Boy avait splitté. Du coup, la planification n’était pas compliquée. Maintenant c’est complètement différent car tout le monde est très actif. Je suis super occupé par Volbeat, les gars d’Anthrax le sont aussi, Fall Out Boy est reparti et n’a jamais aussi bien marché qu’aujourd’hui, Keith Buckley a toujours Every Time I Die… Du coup, tout le monde est vraiment occupé. Espérons que nous soyons en mesure de le faire à un moment donné. J’adorerais ça.

 

Hellfest maintenant. Que peux-tu m’en dire ?

Le Hellfest, comme je l’ai dit plein de fois aujourd’hui – et je ne dis pas ça car je me trouve en France en ce moment ! (rire) – est probablement mon festival préféré. J’aime la façon dont il est conçu ainsi que sa programmation. Au sein de Volbeat, nous sommes tous des gros fans de musique et, quand nous participons à un tel festival, nous essayons de voir autant de concerts que possible. Et il s’avère que le Hellfest est un de ces festivals où tous les groupes que tu aimerais voir figurent sur la même affiche ! (rire) C’est vraiment cool. Nous avons toujours hâte d’y jouer. Et puis, c’est super quand tu regardes depuis la scène, avec le feu et tout! (rire)

 

Des groupes que tu souhaites voir en 2016 ?

Cette année, j’ai vraiment envie de voir Ghost. Et je veux également voir ce groupe de black metal barré, Inquisition. Et puis Rammstein, bien entendu : ils sont toujours fantastiques. J’espère que je verrai leur set dans son intégralité car ils sont incroyables.

 

Nemtheanga de Primordial pense que les festivals tuent les tournées. Tu partages ce point de vue ?

Intéressant… Je ne sais pas… Je ne pense pas que ça soit nécessairement le cas. Quoi qu’il en soit, les festivals sont super, tu sais ? Par exemple, les festivals rock sont géniaux pour la musique rock. Je pense que si les festivals n’existaient pas, la musique rock ne serait pas aussi forte qu’elle l’est aujourd’hui. L’Europe organise des festivals depuis longtemps et il y en a plein. Quand tu montes sur scène et que tu vois autant de monde, c’est génial, il faut le dire. J’ai l’impression que l’Amérique commence à se rattraper en ce moment. Tu commences à voir de plus en plus de festivals qui se montent là-bas et ils fonctionnent bien. C’est quelque–chose de positif : honnêtement, je ne pense pas qu’ils tuent les tournées. C’est juste qu’à partir du moment où tu vas jouer les festivals, il faut que tu établisses une stratégie solide et que tu agisses en fonction. En d’autres termes, si tu joues une série de festivals et que tu fais une tournée en tête d’affiche le mois d’après, il faudra se montrer malin et parvenir à créer la demande. Il ne faut pas que les gens se lassent pour que tu puisses revenir jouer ! (rire)

 

Pour conclure, peux-tu terminer cette phrase: “Je n’ai jamais raconté cette histoire auparavant et je ne devrais sans doute pas le faire d’ailleurs mais…”

(rire) Wow ! Je ne sais pas… C’est une drôle de question… Bon, j’ai déjà raconté cette histoire par le passé donc il n’y aura pas vraiment d’effet de surprise… C’est un truc marrant qui est arrivé à l’époque où je jouais au sein d’Anthrax, pendant les concerts donnés avec le Big Four. Il y avait ce jour particulier à l’occasion du concert de Sofia, en Bulgarie. C’était le concert le plus important de la tournée car il devait être retransmis dans des cinémas et faire l’objet d’un DVD. Nous sommes montés sur scène pour ce qui s’est avéré le pire concert de ma carrière en qualité de guitariste ! (rire) Et nous avons tous passé un mauvais moment. Le problème, c’était le son : nous n’entendions rien sur scène et la scène était très grande, très large. Quelque-chose clochait avec les retours. Par exemple, je n’entendais que Charlie (Benante – batterie) dans le mien. C’était fou, putain ! (rire) Scott (Ian – guitare) entendait la basse de Franck (Bello) à fonds dans ses retours, chose qui n’arrive jamais. Tout était à l’envers. Nous ne passions pas un bon moment. Difficile de passer du bon temps quand tu évolues dans un tel contexte. C’est intéressant quand même : c’est toujours lorsqu’il s’agit du concert le plus important qu’un truc comme ça se produit, tu sais ? Le concert précédent, c’était parfait, génial. Le concert d’après ? Parfait aussi. Mais pour ce show en question, c’était un putain de cauchemar! (rire) Je ne l’oublierai jamais… En rentrant dans les loges, nous étions déprimés; « Qu’est-ce qui s’est passé? C’était terrible ! ». Alors que nous étions en train de nous changer, le mec de Metallica qui captait le concert est entré – car l’idée, c’était que chaque groupe qui jouait devait visionner l’enregistrement et valider son contenu afin de pouvoir confirmer la projection dans les salles ; et nous n’avions que peu de temps pour le faire. Donc le mec vient avec le DVD et nous n’avions pas franchement envie de regarder un truc pareil. Nous mettons alors le DVD dans mon PC et nous le regardons et ça s’avère assez bon au final ! (rire) Impossible de penser qu’il y avait un problème en le regardant ! Ça représentait presque un concert différent de celui que nous avions vécu sur scène. Je pense que c’est une question d’expérience et le fait d’avoir déjà beaucoup joué ensemble par le passé ainsi que de bien connaître les morceaux. Nous nous en sommes bien sortis et avons été super carrés. Les solos n’ont pas été joués tels que j’étais sensés les jouer car je n’entendais rien ! (rire) Il fallait plutôt que je fasse en sorte de m’en sortir quand même. Mais au niveau de la rythmique, nous sommes restés soudés, tous ensemble. Peu de gens connaissent cette anecdote, je crois… La performance n’a pas été retouchée, nous l’avons laissée en l’état. Nous sonnons comme un putain de bon groupe de rock ! (rire)

 

 

Interview: Wombat.

19/05/2016 – Hotel Renaissance, Paris.

Many thanks to Olivier (Replica).