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Interview exclusive pour hellfest.fr : NASHVILLE PUSSY [Ruyter Suys (guitare)]

11 juillet 2016

« Nous voulons être sales, amusants et nous voulons continuer à jouer du rock. Nous voulons continuer à rendre Lemmy fier de nous » – Ruyter Suys – Vendredi 17 juin 2016

 

Comment se passe ta journée jusqu’à présent ?

Jusque-là, ma journée se résume à ça : lever tôt, pas de repas, dormir assis puis jouer du rock n’roll devant 35.000 personnes. C’était fantastique ! Puis aller au bus Gibson et y jouer “Ace Of Spades” avant de démarrer ma série d’interviews. Pas de bouffe mais du Jack Daniel’s ! (rire)

 

Et pourquoi effectuer ces interviews plutôt que de te la couler douce ?

Je me la coulerai douce plus tard. (sourire) C’est aussi mon boulot : il faut que j’assure un peu de ça.

 

C’est un mal nécessaire, quoi…

Non, c’est fun.

 

C’est ta deuxième participation au Hellfest. Tu as des souvenirs de ta précédente venue ?

Oui, ça avait été génial. Nous y avons joué pour la première fois en 2009 et ça a été tellement bon que nous avions annulé notre concert du lendemain. Nous devions jouer en Suisse et nous avons dit « Et puis merde, quoi ?!Nous restons ici et nous allons faire la fête toute la nuit ! ». C’était juste dingue. C’était sur l’ancien site du Hellfest et nous tournions à la Ketamine. Notre batteur a fini par s’endormir sur le terrain de foot ! (rire) Il s’en juste réveillé au milieu du terrain de foot ! Mon dieu ! C’était tellement marrant ! Heaven And Hell jouait cette année-là et les backstages ressemblaient juste à une réunion de potes. Tous ces gens venus du monde entier : Misfits, Down, Saint Vitus… Que des gens que nous connaissions et avec qui nous avions déjà fait la fête et nous étions tous réunis au même endroit. Il y avait aussi Anthrax. Je ne me souviens plus qui d’autre était là. C’était une sorte de Loce Fest, le Paradis, quoi ?! C’était une telle surprise, genre le plus fantastique festival sur Terre! La suprise a vraiment été grande car nous ne savions pas trop à quoi nous attendre à la base. Et puis, il y avait cette grande photo de moi qui est toujours présente aujourd’hui : j’adore !

 

Le site a pour le moins évolué, tu ne trouves pas ?

Je n’y suis pas encore allée mais ça reste toujours très organisé. Nous verrons bien si quelqu’un s’endort sur le stade de foot cette nuit ! (rire)

 

Penses-tu que les festivals tuent les tournées?

Non ! Clairement : non ! Bien-sûr que non! Le rock n’roll, le divertissement, ce sont des montagnes russes. Impossible de prédire ce qui t’attend à la prochaine étape. Peut-être que tu vas jouer devant 50 personnes, peut-être que tu vas jouer devant 50.000 personnes. Il faut te préparer à tout. Hier, nous avons fait un show d’entraînement dans un club minuscule, une petite cave. Notre batteur ne pouvait même pas se tenir debout tellement le plafond était bas mais ça a été absolument fantastique. Je crois qu’il ne devait y avoir que 120 personnes au total dont 80 avaient payé leur place. C’était parfait pour débuter la tournée et aujourd’hui, nous avons joué devant 35.000 personnes et c’était fun, là aussi ! (rire)

 

Votre album est sorti il y a environ 2 ans maintenant. Quelles sont les prochaines étapes pour le groupe ?

Up The Dosage, notre dernier album, est sorti il y a au moins 2 ans et 10 Years Of Pussy, une rétrospective se concentrant sur la dernière décennie chez SPV Records, est sortie l’année dernière. Nous souhaitons retourner en studio en novembre. Nous ne savons pas encore qui sera notre prochain label donc nous sommes en train de « faire les courses », comme on dit. Nous cherchons un label, donc. Nous voulons enregistrer au Kentucky. Nous avons un studio, un producteur et des morceaux : nous attendons que tous les éléments s’imbriquent parfaitement. Tu connais le plan : jouer de la musique jusqu’à la mort !

 

Jouer de la musique jusqu’à la mort : c’est vraiment votre plan, alors ?

Ouais ! Bien-sûr ! Ou alors trouver un boulot – ça va pas, non ? (rire)

 

Tu vies de ta musique ?

Ouais, putain ! Depuis 20 ans ! (sourire)

 

Les meet and greet où les fans paient pour rencontrer les groupes en marge des concerts : c’est quelque-chose que tu ferais ?

Nous le faisons mais nous le faisons gratos ! (rire) Principalement parce que nous jouons dans des clubs et que si nous voulons boire un coup, il faut aller au bar… Nous nous rendons au bar ! Où nous rencontrons plein de gens. Le truc dont tu parles… Je suis certaine que quelqu’un finira par faire payer les gens pour nous rencontrer et que si nous devons le faire, nous le ferons. Mais espérons que ça ne devienne pas un truc dingue, genre 1.000 dollars. Mais si c’est le cas, j’empocherai quand même l’argent. D’ailleurs, tu me dois 1.000 dollars maintenant ! (rire)

 

Twisted Sister fait payer 995 dollars apparemment…

Et voila… Wow ! Pour rencontrer le groupe ? Pour rencontrer Dee Snider, putain? C’est intrigant… Mon dieu… Qu’il le fasse tant qu’ils le peuvent…

 

Revenons au sujet du nouvel album. Aura-t-il une ambition spécifique ?

Je pense que c’est suffisamment amitieux d’essayer de ne pas abaisser nos standards qui sont déjà assez bas comme ça, je crois ! (rire) Nous voulons être sales, amusants et nous voulons continuer à jouer du rock. Nous voulons continuer à rendre Lemmy fier de nous.

 

« Jouer du rock jusqu’à la mort », tu disais tout à l’heure… Un jour, ce sera le cas : le groupe mourra. Comment voudrais-tu qu’on se souvienne de lui ? Qu’est-ce qui figurera sur son épitaphe ?

Putain, mec… C’est une sacrée putain de question. Sur notre épitaphe… « Nous n’avons jamais cédé, nous n’avons jamais abandonné ». (rire) Je ne sais pas… Définitivement « Rock jusqu’à la mort » ou « Donne tout ce que tu as ». Tout le temps. « La vie est trop courte : vis-la du mieux possible ».

 

Tu avais le privilège de connaître Lemmy. Quels ont été tes meilleurs moments en sa compagnie ?

Des milliers de moments. La première fois que je l’ai rencontré – je suis une fan de toujours, depuis quelque chose comme mes 13 ans – la première fois que nous avons joué avec Motörhead, il y a 18-19 ans… Nous sommes backstage et quelqu’un avait écrit le nom d’un groupe sur le mur : Sinis. Un nom qui se lit à l’endroit comme à l’envers. Donc je rentre dans la pièce et Lemmy pointe le mur du doigt et dit : « C’est un palindrome ». Et moi : « Quoi ? ». « C’est un palindrome : ça se lit pareil, à l’endroit comme à l’envers. Un palindrome, quoi. ». Nous avons continué à nous entretenir notre relation à travers les années et Lemmy est devenu une sorte de père pour nous, un grand soutien pour le groupe. Je pense qu’il a vu en nous un petit Motörhead à un moment. Nous avons souvent changé de bassiste et à chaque changement, nous nous devions d’obtenir le consentement de Lemmy. Nous devions l’entendre dire : «J’aime la petite dernière, elle est encore meilleure que la précédente : c’est ma préférée, il faut la garder ». Il disait ça à chaque fois ! Il a constamment été à nos côtés. (sourire)

 

Brian Johnson a dû quitter AC/DC pour quelques dates. Si Blaine (Cartwright – guitare et chant) devait lui-même s’éclipser temporairement, qui serait un remplaçant souhaitable ?

Sans doute Brian Johnson ! (rire) mais certainement pas Axl Rose ! Merde alors ! Qui pourrait remplacer Blaine… Mon dieu! Quelqu’un qui pourrait chanter et jouer de la guitare comme lui… Ike Turner ? Non, il est mort… Iggy Pop ? Non, il ne joue pas de guitare… Merde ! Personne ne m’a jamais posé une question pareille ! Je n’ai pas à le remplacer non plus. Il est un mélange de fou, de hippy, de redneck… Merde ! Le mec qui pourrait remplacer Blaine n’a pas été inventé! Désolé, pas de réponse ! (rire)

 

Tu joues en France assez souvent. Qu’est-ce que tu aimes ou détestes particulièrement concernant la France ?

Je dirais que la France fait partie de mes 5 pays préférés. Si ce n’est pas dans mon top 3 et que je ne sais pas qui sont les 2 autres ! (sourire) Qu’est-ce que j’aime à propos de la France… J’aime les paysages, ils sont magnifiques. L’esprit y est sans équivalent dans le monde. C’est très semblable à la fierté sudiste : très étrange, rebelle, provocatrice et ça, j’adore. E puis la nourriture, bien entendu. Les gens et la nourriture et les paysages, donc.

 

Un plat en particulier ?

Mon fromage préféré, c’est le Comté ! Mon dieu ! Je pourrais en manger toute la nuit ! De la brioche, du Comté, miam ! Rien que le fromage… J’ai des racines néerlandaises comme tu peux le voir : la couleur de cheveux et les nichons ! Mais je m’y connais en fromage. J’aime aussi la tartiflette ! Qu’est-ce que j’aime d’autre… Il y a tellement de bons plats en France.

 

Dernière question. Je te remercie de finir cette phrase pour moi : « Je n’ai jamais raconté cette histoire auparavant et je ne devrais sans doute jamais le faire mais… »

Fuck you ! Mon dieu ! Je n’ai jamais raconté cette histoire auparavant et je ne devrais sans doute jamais le faire mais… Je suis vraiment un homme en réalité ! (rire)

 

Allez, une toute dernière : des plaisirs coupables dont je devrais être au courant ?

J’aime Casey And The Sunshine Band. Et puis Abba. Tout le monde aime Abba. D’autres plaisirs coupables ? Mes plaisirs ne me rendent pas coupables : ce ne sont que des plaisirs.

 

 

Interview : Wombat.

Un grand merci à Roger (Replica).