News

Interview exclusive pour hellfest.fr : KAMPFAR [Dolk (chant)]

10 novembre 2016

« Nous réfléchissons beaucoup à ça : nous ne voulons pas nous complaire dans la sécurité encore et encore » – Dolk – Vendredi 17 juin 2016

 

 

Comment s’est passée ta journée jusqu’à présent ?

Ma journée s’avère fantastique car il y a 7 jours de ça, j’ai dû être hospitalisé d’urgence, si bien que j’ai cru que je ne pourrais jamais venir au Hellfest. Je ne m’étais jamais senti aussi bien qu’hier depuis cette hospitalisation et nous avons pu assurer notre concert aujourd’hui. Je suis extraordinairement heureux d’être ici.

 

Kampafar est un groupe qui joue régulièrement au Hellfest. J’imagine que c’est un festival que tu apprécies assez…

Nous l’apprécions, oui. Nous ne parlons du Hellfest qu’en bien. Nous avons déjà participé à d’autres gros festivals plusieurs fois, le Wacken par exemple… Et je ne raconte pas des conneries quand j’affirme que le Hellfest dispose d’une façon authentique d’aborder la musique et qu’il ne se contente pas de monter une sorte de grand parc d’attraction. Le Hellfest compte dès lors qu’il est question de musique. Pour moi, c’est très important et c’est en toute honnêteté un des meilleurs festivals en Europe.

 

Vous étiez encore sur scène il y a quelques minutes de ça. Plutôt que de se la couler douce avec tes potes, tu assures des interviews dans la foulée. C’est une sorte de mal nécessaire ?

(rire) D’une certaine façon ! Mais finalement, je m’y suis habitué. Je suis dans Kampfar depuis 22 maintenant et nous tournons régulièrement depuis 2005 donc ça fait partie du business, tu sais. C’est également très important que nous le fassions pour le label. Pour nous, ce n’est plus vraiment un grand sujet mais j’apprécie de répondre à des questions dès lors qu’il s’agit de parler comme nous le faisons ici. Par contre, j’ai arrêté les interviews par e-mail car je ne dispose plus du temps pour le faire. Les interviews comme celles d’aujourd’hui me vont très bien. Totalement.

 

Partages-tu le point de vue de Nemtheanga de Primordial qui pense que la culture des festivals tue les tournées ?

Non, pas vraiment. Je ne pense pas que ça soit le cas. Ces dernières années, nous avons tourné plusieurs fois et nous repartons en tournée en octobre, puis en Italie en novembre. Tout dépend comment tu appréhendes les choses. Pour moi, ceci n’a que peu d’importance car – je suis honnête en disant ça – j’aime beaucoup jouer dans le cadre de grands festivals mais j’aime aussi partir en tournée et jouer dans des petits clubs devant 300 personnes : le sens est identique à mes yeux. Ce n’est pas grave que le marché soit un peu plus réduit à cause des festivals, d’autant plus que je ne pense pas que ce soit le cas. Je pense que les gens qui ont un intérêt authentique pour la musique et ton groupe viendront voir tes concerts quand tu vas tourner. Les festivals sont quelque chose de différent car le public se déplace pour plein de groupes. Je ne pense pas du tout qu’il s’agisse d’une compétition, ce n’est pas mon sentiment. A l’occasion de nos tournées, il y a dans le public des gens qui nous suivent depuis des années, tu sais. Ce qui est évidemment très cool. Mais les festivals sont aussi très cool : le public y est plus conséquent et il s’agit aussi d’un nouveau public. Je ne pense pas que les festivals et les tournées soient en compétition. C’est mon opinion.

 

Kampfar a été assez productif ces 2 dernières années avec 2 albums en 2014 (Djevelmakt) et 2015 (Profan). Du nouveau matériel verra-t-il le jour en 2016 ?

Quand nous avons débuté un nouveau cycle avec l’album Mare en 2010, nous avions cette idée un peu brute de faire trois albums. Nous venons donc d’achever ces 3 albums : voilà où nous en sommes et nous n’avons pas du tout discuté du futur à ce stade. Nous devions faire ces 3 albums et nous l’avons fait. Vu que nous n’abordons pas vraiment le sujet de la suite à donner, je ne suis pas en mesure de te répondre ! (sourire) Je ne peux pas te répondre mais je peux te dire qu’en ce moment, ça fait vraiment du bien d’être dans ce groupe et nous allons jouer live plus que nous ne l’avons jamais fait et c’est sur quoi nous sommes en train de nous concentrer. Nous verrons bien ce qui se passera.

 

Y a-t-il quelques expérimentations scéniques que vous souhaiteriez effectuer à ce stade de votre carrière, comme l’incorporation d’instruments traditionnels ou la présence d’une chorale ?

Bien-sûr, nous y pensons. Pour Djevelmakt, nous avons proposé des morceaux que nous ne pensions jamais pouvoir réaliser. Nous essayons de repousser nos limites. Et avec Profan, nous avons décroché un Grammy norvégien, ce qui est assez énorme pour nous. C’est pour ça que nous essayons de repousser nos limites et peut-être même celles du black metal en général plutôt que d’essayer d’exécuter ce que nous penserions que le public veut entendre. Nous réfléchissons davantage à ce que nous voulons faire, où nous voulons aller. Le public devra nous suivre ou nous laisser tomber ! (rire) Nous sommes des musiciens, nous sommes un groupe et nous sommes vraiment… Nous réfléchissons beaucoup à ça : nous ne voulons pas nous complaire dans la sécurité encore et encore. Nous voulons évoluer et cela signifie évidemment apporter de nouveaux éléments.

 

Je suis loin d’être un fan de black metal. Hormis Kampfar et Satyricon, il n’y a pas vraiment d’autres groupes dont j’achète des CD. Comment pourrais-tu expliquer que ces deux groupes parviennent à captiver mon attention ?

Tu sais, il y a toujours eu une grosse compétition entre les groupes de black metal en Norvège. Ça a toujours été le cas et je crois que Satyricon a créé quelque chose de nouveau avec Nemesis Divina. Cet album a ouvert une nouvelle perspective et il me semble que nous avons débuté quelque chose de similaire avec nos deux précédents albums. Peut-être que les deux groupes peuvent être comparés sous cet angle… L’état d’esprit est probablement différent mais musicalement, si la musique pouvait être peinte, il pourrait y avoir beaucoup de similitudes entre Kampfar et Satyricon.

 

Que vas-tu faire une fois tes interviews achevées ?

Je vais dès à présent aller dîner ! (rire) Ce concert est le premier en 22 ans que je donne sans avoir bu d’alcool au préalable. Aujourd’hui, je ne bois pas d’alcool, je ne prends pas de drogue ou quoi que ce soit. Mon but, c’est de profiter totalement du festival, de parler à des gens, de rencontrer plein d’amis. Et puis samedi, je rentre à la maison retrouver ma famille. Voilà, mes projets.

 

Dernière question. Il faut que tu termines cette phrase pour moi : « Je n’ai jamais raconté cette histoire auparavant et je ne devrais sans doute jamais le faire mais… »

Que pourrais-je dire… Je peux te dire qu’il y a 7 jours de ça, je me sentais très mal et que j’ai dû être hospitalisé pour des troubles cardiaques et de respiration. Je ne m’en suis jamais ouvert auprès des fans et je ne devrais sans doute pas le faire mais je le fais quand même. Aujourd’hui, je suis là et ça fait tellement de bien. C’est la vérité et c’est pourquoi je ne bois que de l’eau aujourd’hui. Je veux remettre de l’ordre dans ma vie maintenant. J’ai eu des problèmes avec la drogue etc. par le passé et je dois prendre soin de moi pour revenir en pleine forme. C’est une bonne chose. Je te raconte ça car c’est une bonne chose pour moi. C’est une motivation que d’en parler.

 

 

 

Interview : Wombat.

Un grand merci à Elodie & Charles (HIM Media).