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Interview exclusive pour hellfest.fr : HARM’S WAY [James Pligge (chant) & Bo Lueders (guitare)]

11 août 2016

« Serons-nous metal comme Pantera ? Bien-sûr que non. Mais nous avons le potentiel pour être appréciés par les deux publics » – James Pligge – Vendredi 17 juin 2016

 

 

Comment ça va, les gars ?

James Pligge : Plutôt bien. Nous pensions qu’il allait pleuvoir mais vu que le temps est ensoleillé, c’est sympa et appréciable.

Bo Lueders: La nuit sur la route depuis la Belgique a été éprouvante donc nous ne nous sentions pas au top en arrivant. Mais depuis que nous avons joué, mangé et pris une douche, nous nous sentons super. Et nous avons eu des massages !

James : Le massage gratuit a été super judicieux!

 

Cette expérience du Hellfest est donc tip-top ?

James : Ouais !

Bo : Nous n’en avions entendu que du bien mais pouvoir vivre ça, c’est encore plus fort, c’est clair

 

Ça représente votre plus gros show à ce jour ?

Bo : Un des plus gros.

James : Dans le Top 3. Nous avons déjà participé à un festival où le public qui a assisté à notre set était de taille identique. Mais ce festival est plus grand en termes de fréquentation globale.

Bo : Aux States, il y a également ce festival qui s’appelle This Is Hardcore où des milliers de personnes se rendent. Là aussi, il y avait beaucoup de monde pour nous.

 

Ce qui est assez incroyable, c’est qu’il y a peu de temps de ça, je vous ai vus jouer dans des caves…

James : Sur cette tournée, il nous est arrivé de jouer devant 30 personnes.

 

Et qu’est-ce que ça fait de passer de 30 personnes à plusieurs milliers ?

James : A titre personnel, je ne ressens pas vraiment de différence. Je ressens les morceaux de la même façon, que je les interprète devant 30 personnes ou quelques milliers. Bien-sûr, la scène est bien plus imposante donc je me fatigue plus vite ! J’ai plus d’espace pour me déplacer !

Bo : Ça ne me dérange pas. C’est positif et ça nous permet de garder les pieds sur terre. Nous avons déjà tourné avec At The Gates aux States et ça avait été très bon. C’était une tournée avec un groupe reconnu. Puis, nous avons poursuivi avec des concerts en tête d’affiche et un des derniers concerts de la tournée s’est déroulé dans une cave à Omaha, ce qui nous a rappelé d’où nous venions. Ça nous permet de ne pas trop développer nos égos, ce qui est une bonne chose.

James : Au final, nous pouvons jouer ici comme dans une cave. Ici, le public est néanmoins très différent : il y a une majorité de metalleux ici alors que dans les caves, le public est constitué de coreux.

 

Vous êtes straight-edge. Comment le gèrez-vous quand vous tournez en Europe ?

Bo : En Europe ou sur Mars, ce serait pareil, ça n’a pas d’importance. Les gens pourraient venir sur des bâtons sauteurs que ça n’aurait pas d’importance pour nous : nous sommes habitués à la situation. Les gens fument dans les salles et c’est comme ça : ça fait partie des choses auxquelles il faut t’attendre quand tu joues en Europe. Peut-être que nous avons trouvé que la situation était craignos lors de notre première tournée : « Mon dieu ! Tout le monde est bourré ! ». Il faut passer à autre chose : nous y sommes habitués car c’est notre cinquième tournée européenne.

James : La plupart des tournées américaines que nous effectuons le sont avec des groupes qui ne sont pas straight-edge. C’est un sujet qui nous concerne mais nous ne nous prenons pas la tête, c’est comme ceci que nous fonctionnons actuellement. Je mesure le fait que toutes les différentes cultures soutiennent avec plus ou moins d’application ce mode de vie.

 

Abordes-tu cette question de la culture straight-edge avec les Européens ?

James : Au début des années 2000, il y avait une bonne scene straight-edge en Europe. Mais je ne vois plus beaucoup de straight-edge kids en Europe désormais. Personne ne m’a posé de questions à ce sujet.

Bo : On ne les voit plus. L’écart n’est pas si important en Europe. Aux US, il y a peut-être 60% de straight-edge dans notre public contre 30% environ en Europe.

James : Le phénomène était plus populaire aux States auparavant mais il est sur le déclin.

 

A quoi est-ce dû ?

James : Les gens vieillissent ?

Bo : James a 30 ans, j’en ai 29 et nous avons été straight-edge depuis plus longtemps que nous ne l’avons pas été. Nous n’y pensons pas.

James : Nous le sommes, point. Je ne me balade pas en disant aux gens que je suis straight-edge. Je vis ma vie, c’est tout, tu vois. Si tu ne l’affirmes pas ouvertement, je ne pense pas que les gens vont si souvent aborder le sujet avec toi.

 

Allez-vous essayer de participer à davantage de festivals européens à l’avenir ?

James : C’est quelque chose que nous avons toujours voulu faire. C’est juste compliqué de réussir à être bookés. Dans le cas présent, c’est une bonne étape franchie vu qu’il s’agit d’un gros festival. Si nous arrivions à faire une grosse tournée de festivals, ce serait génial. C’est la façon pour un groupe de vraiment franchir un cran, je crois. Quand tu es issu de la scène hardcore, même si ta musique est influencée par le metal, tu n’as pas trop l’occasion de jouer devant un public metal. J’aimerais pouvoir jouer dans tous les festivals metal européens.

 

Harm’s Way peut-il s’imposer comme un pont entre les deux scenes ?

James : Oui. La musique que nous apprécions est majoritairement du metal. Nous sommes influencés par Bolt Thrower, Carcass, des groupes dans cette veine.

Bo : Cette année, nous avons tourné avec Black Dahlia Murder et At The Gates et nous avons été bien accueillis par le public. Donc oui, c’est possible.

James : Serons-nous metal comme Pantera ? Bien-sûr que non. Mais nous avons le potentiel pour être appréciés par les deux publics.

 

Nous approchons de la fin. Qu’aimez-vous tant au sujet du hardcore ?

James : A mon niveau, ce qui m’a plu au début, c’est le côté excitant, en colère et énergique. Et c’est toujours quelque chose que j’adore. Il y a aussi l’interaction avec le public : l’énergie, la colère. Voilà pourquoi je suis rentré dans le hardcore : j’étais en colère.

 

Du coup, comment fait-on quand on doit jouer avec des barrières ?

James : Clairement, nous ne sommes pas un groupe qui génère beaucoup de chant au niveau du public. Mais ça ne me gêne pas et j’essaie de faire comme d’habitude, de jouer avec la même dose d’énergie, comme lors d’un petit concert.

Bo : James a dit par le passé qu’il écrivait ses textes pour lui-même. Si les gens veulent chanter avec nous, c’est super mais, au fil des années, nous avons pris l’habitude que les gens ne le fassent pas. Nous jouons dans des caves avec des gens à quelques centimètres de nous, ces derniers ne chantent pas car Harm’s Way est un groupe individualiste.

 

 

Interview : Matt Bacon.