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Interview exclusive pour hellfest.fr : HALESTORM [Lizzie Hale (guitare & chant) & Joe Hottinger (guitare)]

14 décembre 2016

« C’est comme chez Disney mais en beaucoup plus metal ! » – Lizzie Hale – Vendredi 17 juin 2016

 

 

Comment ça va pour vous ?

Lizzie Hale : Il se trouve que nous allons très bien.

Joe Hottinger : Ça n’a jamais été mieux.

 

C’est le Hellfest qui l’explique?

Lizzie : Nous adorons tous ces festivals et c’est la première fois que nous jouons dans celui-ci.

Joe : C’est sympa que nous ayons pu visiter le site. C’est un des plus cool parmi ceux qui existent.

Lizzie : C’est comme chez Disney mais en beaucoup plus metal !

 

Vous êtes un groupe-phare parmi les groupes dits « à chanteuse ». Pourquoi pensez-vous qu’il existe un marché dédié ?

Lizzie : Je pense que certaines filles ont enfin eu « les couilles » de sortir de l’ombre. Je pense que c’est aussi une certaine évolution, de génération. Du temps de mes parents, nous avions de la chance que certains parents disent « fais ce que tu aimes » alors que beaucoup étaient plus dans un état d’esprit « Non, trouve-toi un boulot normal, une clôture blanche pour ta maison et marie-toi  avec quelqu’un qui a de l’argent ». Nous génération, elle, encourage vraiment les jeunes filles à faire ce qu’elles aiment faire et à aimer celui qu’elles souhaitent.

Joe : La moitié de la population est composée de femmes. Et le rock n’roll est génial. Cela fait à peu près une décennie que nous observons des femmes qui en imposent au sein de la scène rock n’roll. C’est une inspiration pour beaucoup de gamines.

Lizzie : Ce n’est pas une question de sexe mais de talent. Au final, la question est : est-ce que tu es capable de convaincre un public en 20-40 minutes ?

Joe : Ce n’est pas la mini-jupe que tu portes qui compte. C’est « Est-ce que tu assures ? ». Est-ce que tu mets des claques et que tu marques les esprits ou est-ce que tu obtiens juste la moyenne. Il se trouve qu’on trouve des filles qui ont un talent énorme est qui ont une approche différente vis-à-vis du rock n’roll. C’est authentique et c’est ce qui compte.

 

Ce qui m’interpelle au sujet d’Halestorm, c’est que dans un monde où le rock n’roll est marginalisé, vous avez su concevoir votre propre « rock n’roll dream »… Y a-t-il un sens à tout ça ?

Lizzie : Peut-être que le rock est marginalisé si tu résonnes en termes de ventes d’albums. Mais il y a plein de gens qui veulent du rock.

 

Vous faites partie des premiers groupes à avoir émergé après la période du butt rock. Un vrai bénéfice pour vous ?

Lizzie : Je ne sais pas de quoi nous bénéficions. Nous portons toujours des œillères, quoi que nous fassions. Tout ce que nous créons est égoïste. Et c’est ce qui nous excite. Nous ne cherchons pas à plaire à quiconque ou à suivre une mode. Notre approche, c’est de faire ce que nous aimons. Est-ce que nous allons être excités de chanter tel morceau sur scène ? Si c’est le cas, ça me va bien.

 

C’est cette philosophie qui vous a permis de décrocher un Grammy ?

Lizzie : Je ne sais pas ce qui nous a permis de décrocher un Grammy.

Joe : Nous ne savions même pas que nous étions concernés. Nous pensions que Lamb Of God allait le décrocher. Et puis, c’est un de mes groupes préférés. Mais c’était classe d’être récompensés.

 

Vous semblez apprécier le metal mais disons qu’Halestorm évolue dans un style qui en est assez éloigné…

Lizzie : Nous ne savons où nous nous situons ! Tout dépend de la perspective dans laquelle tu te places et dans laquelle les gens veulent te percevoir. Ce que nous faisons, c’est apprécier notre métier. Je fais ce que j’aime avec des gens que j’aime et j’en fais mon métier. C’est un rêve éveillé.

Joe : J’aime la musique, c’est tout. Un de mes albums préférés est un album de Gojira et j’adore Rival Sons en parallèle. J’aime la country aussi, Sturgil Simpson par exemple. J’adore donner des concerts rock, le rock étant le plus fun de tous les types de musique.

Lizzie : Prends la chose comme ça : que tu aimes la pop, le rap, le R&B, tout ce qui te ressemble, tu as toujours envie de rock à un moment donné.

Joe : Le rock, c’est l’énergie.

Lizzie : ça arrive tout le temps – les gens veulent porter du cuir et imiter Slash !

Joe : Miles Davies a dit un jour : « Jouer une note, c’est 20%. Les autres 80%, c’est le motherfucker qui joue cette note ». Pour moi, c’est un rocker. Tu peux habiller un morceau avec de la distorsion mais jouer du rock, c’est une question d’attitude. Tu peux faire du rock dans plein de styles. Tu veux être un de ces motherfuckers ?

Lizzie : Tout le monde veut être ce genre de motherfucker.

Joe : Tout le monde ne peut pas être un motherfucker.

 

 

Interview : Matt Bacon.