News

Interview exclusive pour hellfest.fr : FOREIGNER (Jeff Pilson (basse)]

31 août 2016

« S’il y a bien une chose à laquelle je crois, c’est que tu dois écouter ton cœur et que tu dois être fidèle à tes convictions » – Jeff Pilson – Samedi 18 juin 2016

 

 

Alors, comment ça va ?

Super ! Un peu fatigué par le voyage mais hormis ça, je me sens vraiment bien. Le public a été cool. Je pense que nous aurions pu continuer à jouer pendant 2 heures de plus !

 

C’est clair ! Pourtant, en février dernier, quand tu m’as dit que Foreigner pouvait se produire aux côtés de groupes de death metal, je n’étais pas franchement convaincu…

Nous sommes plus heavy et énergiques que les gens pensent, ce qui ne manque pas de les surprendre après coup.

 

D’où tirez-vous cette énergie?

Nous aimons jouer, c’est tout. Et c’est un super groupe. Nous adorons les morceaux et le public aime les entendre. Le groupe dispose des bons ingrédients, ce qui n’est pas le cas de tous les groupes. Mais c’est en général celui des bons.  Et il se trouve que nous avons tous les bons ingrédients au sein du groupe pour que ça fonctionne. Et le fait que nous aimions jouer ensemble rend les choses super.

 

Quels sont les ingrédients ?

La qualité d’interprétation de la musique et du chant. Mais aussi énormément d’écoute. Comprendre ce qui se passe et être capable de s’adapter. Sentir, avoir un bon groove. La capacité d’exécution. La capacité à interagir avec la foule car chaque public est un peu différent. Je ne supporte pas qu’un groupe se plaigne du public : il faut savoir s’adapter au public et ce groupe sait le faire. Et puis disposer d’un super frontman est un élément clé et c’est notre cas !

 

A quel point passer d’un show acoustique au Lincoln Center au Hellfest  est étrange pour nous ?

Je pense que c’est le témoignage que les morceaux peuvent sonner tout aussi bien dans ces deux contextes. C’est une des choses qui me plaisent au sujet de ce groupe. J’adore les concerts acoustiques et j’adore les festivals. C’est ce que je préfère faire dans le cadre d’un groupe de rock : jouer dans des festivals ou dans des arenas. Mais aussi de pouvoir jouer des concerts comme ceux du Lincoln Center, car c’est très musical. Je n’aime pas quand la musique est étriquée : j’aime quand elle peut procurer des sentiments. Etre capable de le faire dans ces deux cadres signifie que tu peux exprimer toute l’émotion de la musique et communiquer.

 

Dirais-tu que tu te sens plus capable de faire de telles choses avec Foreigner plutôt qu’avec Dokken ?

Je ne dirais pas plus capable. Nous avons déjà effectué des shows acoustiques avec Dokken et ça avait été assez cool, vraiment fun. Nous pensions d’ailleurs en faire davantage car nous avions pris bien plus de plaisir qu’escompté à le faire. Nous avons d’ailleurs déjà discuté ensemble par l’éventualité de donner des concerts acoustiques dans le cadre de notre prochaine tournée au Japon en octobre prochain. En revanche, il est évident que Dio n’aurait pas joué de concerts en acoustique. Pourtant, à l’occasion de l’enregistrement de Angry Machines, Tracy Gene avait écrit un morceau de toute beauté. En studio, nous en avions parlé avec Ronnie : « Qu’est-ce que ça donnerait si on utilisait un piano plutôt qu’une guitare ?». Nous avons donc enregistré juste avec moi au piano et Ronnie au chant. C’était puissant et émotionnel. Quel délice que de faire partie de ce groupe. Cela faisait des jours que Dio chantait et il commençait à fatiguer mais sa voix était superbe. Ça a été un grand moment et une façon d’exprimer de la diversité.

 

 

J’ai d’ailleurs l’impression que ta carrière est placée sous le signe de la diversité…

J’essaie de faire en sorte que ça soit toujours le cas, d’autant plus que c’est naturel pour moi. Beaucoup de gens veulent entendre le truc le plus heavy qui soit. C’était mon cas quand j’étais un gamin obsédé par Deep Purple et Sabbath. Mais en vieillissant, c’est important qu’il y ait une certaine diversité.

 

Comment vis-tu cette expérience au Hellfest ?

Elle n’a commencé qu’il y a quelques heures et on y trouve beaucoup de super groupes et de personnes. J’adore les festivals. Pour moi, la musique heavy est faite pour les festivals. C’est comme ça qu’elle s’exprime le mieux et que je l’aime. Ressentir que 40.000 personnes partagent le même groove, c’est le meilleur feeling qui soit.

 

Quel a été ton premier gros festival ?

Je ne saurais même pas te le dire ! (rire) Le premier qui me vient en tête, c’est la tournée que nous avons faite en 1988 avec Van Halen, Scorpions, Metallica, nous (Dokken) et Kingdom Come. C’était une tournée Monsters Of Rock. Nous ne jouions que dans des arenas et c’était vraiment cool. Malheureusement, c’était la période où Dokken était en train de partir en morceaux donc ça ne représente pas que de bons souvenirs au niveau du groupe. Par contre, la tournée était vraiment fun. Peut-être un peu trop fun d’ailleurs !

 

Qu’est-ce qui s’est passé ?

Juste un peu de consommation ! (rire) 5 groupes dans le même hôtel pendant plusieurs nuits : il y avait pas mal de débauche !

 

La débauche, c’est une clé du rock n’roll ?

Ce n’est pas une clé. Ce n’est pas un ingrédient nécessaire mais je pense que c’était utile pour grandir. Elle te permettait de te lâcher et de mieux jouer. Mais ceci peut s’avérer destructeur et c’était destructeur pour moi. C’est différent pour chacun et ça n’a pas marché pour moi ! (rire)

 

Quelques mots de sagesse ?

Je ne prétendrais pas avoir la moindre sagesse ! Mais s’il y a bien une chose à laquelle je crois, c’est que tu dois écouter ton cœur et que tu dois être fidèle à tes convictions.

 

 

Interview : Matt Bacon.