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Interview exclusive pour hellfest.fr : ENTOMBED A.D

16 mai 2016

« Pas besoin de consulter la programmation : il faut juste aller au Hellfest. Parfait ! » – L.G. Petrov – La Cigale, Paris – 08/02/2016

 

 

Quel est le dernier morceau de musique que vous avez écouté aujourd’hui ?

Nico Elgstrand (guitare): “Olé” (1961) de John Coltrane. 18 minutes de pure magie. C’est le death metal avant même la naissance du death metal.

Olle Dahlstedt (batterie) :Du trve black metal même ! (rire)

 

Le concert de ce soir (Behemoth / Abbath / Entombed A.D / Inquisition) est sold out. Au regard des évènements qui ont frappé Paris il y a quelques semaines, qu’est-ce que ça fait ?

Nico : Pas que du bien mais je n’y avais pas pensé jusqu’à ce que tu abordes le sujet. Ça fait partie de ces sujets difficiles que tu essaies d’évacuer. Car si jamais tu conserves ça à l’esprit, tu as juste envie de rentrer chez toi. En fait, on nous en a parlé pour la première fois il y a 10 minutes et du coup, nous avons pensé « Merde ! C’est Paris » et c’était tout. Tu n’as pas envie d’y penser même s’il faut bien mourir un jour…

Olle : Nous avons déjà eu l’occasion de jouer dans la salle où Dimebag Darrell a été assassiné. Je n’en avais aucune idée, jusqu’à ce qu’on me le dise après…

Nico : Si je commence à penser à des trucs pareils, je vais rester à la maison. Donc, pas question.

L.G. Petrov (chant) : Donc nous faisons ce que devons faire.

Nico : C’est comme la peur de l’avion : si tu as cette phobie, c’est difficile de la combattre. Donc si tu dois impérativement voyager en avion, mieux vaut penser à autre chose ! C’est mieux pour tout le monde ! (rire) Nous continuons d’avancer même si ça peut sembler gênant. Ce qui s’est passé est incroyablement horrible.

 

Comment se passe la tournée jusqu’à présent?

L.G. : Les concerts sont sold out depuis le début.

Nico : Ce qui est encore mieux, c’est cette dynamique que nous observons : tout est parfaitement équilibré. Tout le monde est heureux, constamment. Tout se passe bien pour chaque groupe. Et ce phénomène est également transmis au public car ce dernier semble apprécier chaque groupe. C’est plutôt inhabituel pour un package. En général, les deux premiers groupes ne passent pas forcément un bon moment, le premier joue normalement devant 30 personnes. Mais sur cette tournée, la salle est remplie dès les premiers instants.

 

Et quels sont vos riders de base sur cette tournée ?

Nico : ce que tu vois là ! 2 bouteilles de vodka, du whisky pour Inquisition (Inquisition et Entombed partagent la même loge), de la bière…

L.G. : Comme Nico l’a dit, aucun groupe n’est meilleur qu’un autre donc nous partageons tout. Ce n’est pas : « ça, c’est à moi et ça, c’est à toi ».

Nico : Si un jour, pour une mystérieuse raison Abbath n’a pas de vodka et que pour une raison tout aussi mystérieuse, nous n’avons pas de glace, nous nous rendons service mutuellement. Chacun partage. Ce n’est que du bon sens et ça fonctionne. En 25 ans de tournée, c’est la première fois que j’ai l’impression d’être embarqué dans une putain de machine, à tous les niveaux.

 

Le contexte semble être bien éloigné de la tournée Masters Of Death (2006) avec Grave, Unleashed et Dismember…

Nico : Celle-là était plus intense! (rire)

L.G. : Ce sont deux histoires très différentes. La tête d’affiche changeait chaque soir… Et puis, nous étions tous potes à la base donc c’était beaucoup plus dingue ! (sourire)

Nico : Oui, putain ! Beaucoup trop de Scandinaves!

 

Pas trop bizarre de tourner alors que l’album (Dead Dawn) n’est pas encore sorti ?

L.G. : Nous n’en jouons qu’un morceau, effectivement.

Nico : C’est un peu étrange. Nous aurions préféré que l’album soit sorti avant de démarrer la tournée, histoire de pouvoir en jouer plus de morceaux. Mais si les gens ne les ont pas entendus au préalable et que le son est mauvais, la réaction risque d’être « Merde, c’est quoi, ça ? ». Mais nous avons quand même choisi de démarrer le set avec un nouveau morceau (« Midas In Reverse »). Comme il est disponible sur YouTube, le public a déjà eu l’occasion de l’entendre. Il est bien accueilli d’ailleurs. Donc une version courte de la réponse serait : « Oui, c’est un peu bizarre et ce serait sympa de pouvoir jouer davantage de morceaux du nouvel album ».

 

Vous allez avoir l’opportunité de promouvoir l’album en bonne et due forme aux States en tournant avec Amon Amarth. Quid de l’Europe ? Allez-vous effectuer une nouvelle tournée européenne dans les mois à venir ?

L.G. : Oui…

Nico : Malheureusement ! (rire)

 

“Malheureusement” ? Pourquoi “Malheureusement” ?

Nico: Non, c’est juste que nous sommes fatigués. Moi, au moins, je suis fatigué. Une fois cette tournée achevée, nous allons enchaîner sur une nouvelle. C’est pour cette raison que nous faisons des albums : pour partir en tournée. Donc oui, nous reviendrons jouer un vrai set avec une plus grande part dédiée au nouvel album.

 

Pouvez-vous toutefois mesurer l’impact de ce nouvel album?

Olle : Nous le sentons vraiment bien.

L.G. : Oui, vraiment bien.

Nico : L’accueil est vraiment très bon. C’est un de ces trucs où tu donnes le meilleur de toi-même et, tout à coup, les gens deviennent très enthousiastes à son sujet. C’est très cool de constater qu’il y a un intérêt très fort et spontané vis-à-vis de l’album dans la phase précédant sa sortie. C’est vraiment sympa.

L.G.: Nous avons répondu à beaucoup d’interviews, ce qui est bien. C’est vraiment agréable que les gens aient encore envie de nous parler ! (rire) Ouais ! J’ai besoin de parler ! (rire)

 

Et à quoi les gens peuvent-ils s’attendre ?

Nico : Il est un peu plus dispersé…

Olle : Plus énergique, plus varié également.

Nico : Je dirais que nous faisons des trucs qui sont notre signature mais le reste est plus énergique, plus direct, je pense. Nous avons été très à l’aise durant sa conception. Pas d’histoires, pas de blah-blah-blah… Je dirais que désormais, nous avons une approche plus relaxe concernant notre musique.

L.G. : Rien à voir avec avant. (sourire)

 

Il n’y aura eu qu’un intervalle de 2 ans entre les sorties de Back To The Front et Dead Dawn. Vous semblait-il nécessaire de publier de nouvelles compos rapidement ?

L.G. : Pas vraiment rapidement mais nous avons essayé d’optimiser le timing et de travailler, disons, correctement. Nous n’avons commencé à travailler dessus qu’il y a peu de temps de ça. Nous avons essayé de nous fixer une deadline dès le début et de travailler sans stress. Il y a quand même eu un peu de stress mais pas trop.

Nico : Voilà comment ça s’est passé : nous étions désireux d’écrire un album mais pas juste pour sortir un album. Evidemment, au niveau business, c’est toujours préférable d’être en mesure de proposer un nouveau produit mais ça ne nous sera bénéfique qu’à l’unique condition que ce soit un très bon produit. Même si ce nouvel album a été réalisé plus rapidement, il est plus réfléchi et il contient plus d’émotion au sein de la musique que son prédécesseur car nous avions d’autres problèmes à régler en parallèle (les droits sur le nom du groupe, notamment)… Si on considère le contexte de l’époque, nous nous en étions bien sortis. L’album en avait quand même souffert. Mais cette fois, nous n’avons pas eu toute cette merde à endurer.

L.G. : Nous n’avons pas eu à penser à ça. 2 ans, c’est rapide, en effet. Mais si tu ne bosses pas, rien ne se fera tout seul.

 

Auparavant, c’est Alex (Hellid) qui se chargeait de la conception des pochettes. Comment procédez-vous désormais ?

Nico : C’est moins pesant aujourd’hui.

Olle : Eric de Watain nous a filé un coup de main pour Dead Dawn.

Nico : Je trouve qu’Eric a un vrai feeling au niveau graphique. Il ne fait pas un grand usage des couleurs et de fioritures… Il dispose vraiment d’une touche complète. C’est ce que je pense et que les autres partagent. S’il a une bonne idée, il arrive à l’exprimer.

Olle : Il n’a eu qu’à écouter 3 morceaux et c’était bon.

Nico : Je pense que sa touche est unique. C’est vraiment sympa quand un de tes amis dispose d’un tel talent. Embauchons Eric à chaque fois ! OK ?

L.G. : OK ! (rire)

 

J’ai vu Entombed sur scène pour la première fois en 1997 à Newport, au Pays de Galles avec Machine Head et Misery Loves Co. Des souvenirs de cette tournée ?

Olle : Ouais! (rire)

Nico : Olle jouait au sein de Misery Loves Co à l’époque. (smiles)

L.G. : la chouille, la picole…

Nico : Bref, c’était une bonne tournée, quoi?!

L.G. : Je nous revois à Nice. Nous étions assis dehors et nous observions Gérard Depardieu qui était en train de tourner un film. Il marchait, rentrait dans une voiture et saluait de la main. Il a fait ça cinquante fois ! Du coup on le saluait aussi à chaque fois ! (rire)

Olle : Et nous avons également vu Max Von Sydow. Peter (Stjärnvind) venait tout juste de remplacer Nicke (Andersson) au sein du groupe. Un mec lui avait crié : « You’re the best, Nicke! » (rire). C’était une tournée longue et dingue, d’ailleurs.

L.G. : Je l’ai sur VHS quelque part chez moi…

Nico : La tournée complète ? (rire)

L.G. : Ouais! 3 semaines de tournage nons-stop! En une seule prise! (rire) Facebook et tous ces trucs n’existaient pas…

 

Parlons un peu du Hellfest. Cette année va marquer votre 4ème participation…

L.G. : C’est un endroit sympa. Ben (Barbaud) continue de nous faire venir, ce qui est également génial.

Nico : Et au niveau de la bouffe, c’est très…

L.G. : Healthy (trad. : sain). Ça va être Health Fest ! (rire)

Nico : Sérieusement, la bouffe est vraiment bonne.

Olle : Et puis, il y a plein de super groupes.

L.G. : Il y a quelques années, le festival était sur un autre site, vraiment genial. J’ai dit à Ben : “N’agrandis pas la taille du Hellfest ”… Et puis… Il l’a multipliée par deux ! (rire) Mais il a réalisé du bon boulot et il continue à attirer de bons groupes : la programmation est toujours excellente.

 

Voici d’ailleurs la prog’ pour cette année. Des groupes qui vous intéressent ?

L.G. : Une nouvelle fois, Ben a fait un excellent boulot. Même si c’est devenu un festival énorme, il y a toujours un feeling propre aux petits festivals.

Nico : Black Sabbath! Mon vieux pote Tommy Iommi! (rire) Ho, Terrorizer?!

L.G.: In-qui-si-tion! (rire – les membres d’Inquisition viennent d’entrer dans la loge)

Nico : Foreigner ? Putain, mec ! J’y crois pas: Foreigner, Joe Satriani, Glenn Hughes et Loudness le même jour, putain !

L.G. : Il y a tellement de bons groupes. Pas besoin de consulter la programmation : il faut juste aller au Hellfest. Parfait !

Nico : Le chaos emerge toujours à proximité de Napalm Death. Il est toujours préférable de jouer avant Napalm Death car Napalm Death, c’est Napalm Death. Que peut-il se produire après Napalm Death ? Rien car il ne reste rien de vivant : tout a été passé au napalm ! (rire)

L.G. : C’est un festival où tu as envie de passer les trois jours. Si nous n’avons pas une autre date le vendredi ou le dimanche, je vais essayer d’y rester plus longtemps. Il y a beaucoup de potes présents : Amon Amarth, Ghost, Grand Magus…

Nico : C’est cool, mec, très cool.

 

Dernière question. J’ai juste besoin que l’un d’entre-vous finesse cette phrase pour moi: “Je n’ai jamais raconté cette histoire et je ne devrais sans doute pas le faire mais…”

Nico : Je me suis branlé il y a 5 minutes! (rire général)

L.G. : Et c’est vrai car il me l’a également dit avant!

Nico : J’ai dû faire un choix entre me prendre pour un violeur ou me branler et j’ai choisi de me branler ! Mais je n’aurais jamais dû te le dire ! (rire)

 

Merde, tu m’as serré la main quand je suis arrivé dans la loge !

L.G. : Puis nous t’avons également serré la main ! Putain ! (rire)

 

 

Interview : Wombat.

La Cigale, Paris – 08/02/2016

Un grand merci à Valérie et Isabelle (Century Media)