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Interview exclusive pour hellfest.fr: DRAGONFORCE [Frédéric Leclercq (basse)]

20 septembre 2016

« Je suis un guitariste au plus profond de mon cœur mais les gens me connaissent en tant que bassiste d’un groupe de power metal. En fait, j’ai toujours été un guitariste passionné par le death metal » – Frédéric Leclercq – Dimanche 19 juin 2016

 

 

Alors Fred, comment vas-tu ?

Je vais bien !

 

Comment s’est passé ton set ?

Très bien ! Nous avons commencé à l’heure. Nous avons rencontré quelques difficultés techniques mais j’ai pu m’en sortir du fait que le public est Français et que je suis Français moi-même. Tout s’est donc bien passé. Nous avons déjà joué ici avec Dragonforce en 2009 et j’y suis revenu tous les ans depuis. Mais cette année, c’était un peu différent étant donné que j’ai été plus sobre de sorte à bien jouer. C’est sympa de voir du monde. C’est un festival sympa, c’est mon préféré en Europe. La nuit, on se croit en enfer. Tout est super ici.

 

Vous allez jouer aux côtés de Saint Vitus le mois prochain…

C’est notre manager qui a organisé ça ! On me dit « Tu dois faire ça » et je le fais. Je ne vais pas dire que c’est un truc que j’ai toujours voulu faire. Nous apprécions les shows intimistes et d’après ce que j’ai compris, il s’agit d’un petit club. J’aime les concerts où tu as le public sous le nez. Jouer dans le cadre d’un festival, c’est cool mais l’interaction avec le public y est limitée. Nous allons jouer au Prog Power également. Ma copine sera à New York donc j’aurais l’occasion de la voir sur place, c’est cool.

 

Tu as rejoint le groupe qui s’est fait connaître par « Through The Fire And The Flames ». Est-ce bizarre de faire partie d’un groupe dont la renommée est autant associée à un morceau ?

C’est mieux que de ne pas être connu du tout ! Je parlais aux gars de Disturbed hier et eux aussi ont un hit principal, « Down With The Sickness ». Nous concernant, les gens connaissent « Through The Fire And The Flames », grâce au jeu Guitar Hero. Au début, ça nous gonflait un peu mais au final, c’est bien comme ça. Ça amène les gens à assister à nos concerts et à découvrir davantage ce que nous faisons. Je trouve que c’est plutôt bien car nous enregistrons ainsi de nouveaux fans. Par le passé, certains venaient aux concerts avec des guitares en plastique et s’ennuyaient ferme jusqu’à ce que nous jouions « Through The Fire And The Flames », ce qui était pour le moins gonflant pour nous, musiciens. Au final, tant que les gens s’amusent, c’est cool.

 

Au regard de tes tatouages, etc., tu sembles plus death metal que Herman Li (guitare)… Comment contrebalances-tu ça au sein du groupe ?

J’écris davantage de morceaux aujourd’hui. Sam (Totman – guitare) apprécies également le death metal et le black metal. Nous disposons de tout un cercle d’influences. Nous avons un peu de growls sur certains morceaux et c’est moi qui m’en occupe. Mon autre groupe, Sinsaenum, est évidemment plus orienté death metal. Avec Dragonforce, j’écris constamment des morceaux où je me concentre sur le côté power metal. Quand j’écris du death metal, je les classe autre part. Sur les deux derniers albums, j’ai beaucoup écris de trucs mais en me focalisant sur les influences initiales de Dragonforce. Mais Dragonforce  utilise aussi des éléments extrêmes comme le blast beat, etc. !

 

Ton autre groupe, Sinsaenum, c’est une sorte de rêve qui se concrétise ?

C’est la musique que j’ai toujours voulue jouer ! Je suis un guitariste au plus profond de mon cœur mais les gens me connaissent en tant que bassiste d’un groupe de power metal. En fait, j’ai toujours été un guitariste passionné par le death metal. Et pouvoir sortir cet album avec des musiciens exceptionnels et qui sont aussi des amis, c’est fantastique.

 

Comment Stéphane Buriez a-t-il rencontré Joey Jordison ?

Tout le monde s’est rencontré par mon intermédiaire. Attila et Joey s’étaient toutefois déjà rencontrés par le passé. J’ai rencontré toutes ces personnes au gré de tournées et festivals, au fil des années. Joey, je l’ai rencontré lors d’une tournée en 2008. J’ai demandé à Stéphane en premier s’il était intéressé et j’ai également reçu un sms de Joey me disant qu’il était partant. Stéphane et moi nous sommes donc rendus à Londres car Joey y jouait avec Scar The Martyr. C’est comme ça qu’ils se sont rencontrés la première fois.

 

Techniquement, c’est ton groupe ?

Oui. Au début, j’envisageais ça comme un projet ou un truc de studio mais quand nous avons commencé à répéter pour tourner des vidéos, j’ai réalisé que ça ne pouvait pas se limiter au studio. Nous souhaitons tourner et nous travaillons sur un nouvel album mais nous sommes tous très occupés en parallèle ! Nos fans, s’il en existe, doivent comprendre que la tâche n’est pas aisée car nous avons d’autres fonctions dans des groupes d’envergure. Mais nous souhaitons considérer Sinsaenum comme un vrai groupe. Ce n’est pas parce que nous jouons dans d’autres groupes que nous ne pouvons pas le faire. Les gens appellent ça un « supergroupe » mais nous, nous préférons l’appeler un « groupe » car c’est de cette façon que nous le ressentons.

 

J’ai l’impression que les gens ne se rendent pas compte à quel point les musiciens de metal se connaissent à un certain niveau…

Exactement ! Si je ne fréquentais pas ce niveau moi-même, j’aurais du mal à l’imaginer. Mais en fait, c’est très simple. Nous sommes tous musiciens et tu as un bon feeling avec certains et tu décides de collaborer.

 

Vos backgrounds personnels sont tous très différents !

Ouais ! Il n’y a aucune explication derrière : il s’agit juste des personnes que j’estimais être les bonnes.

 

Qu’aimes-tu tant au sujet de la musique?

Je me suis moi-même posé cette question il y a peu ! J’ai toujours pensé que la musique était la seule chose que je sois capable de faire. J’en ai besoin, j’ai besoin d’en jouer tout le temps. Peut-être que c’est la crise de a quarantaine mais j’ai toujours eu ce sentiment, en fait. J’ai toujours eu besoin d’en jouer même si la situation est parfois difficile. C’est une question compliquée. Je ne peux pas aller trop en profondeur. La musique, c’est tout pour moi. C’est du divertissement et il y a d’autres choses importantes dans la vie. Mais sans la musique, je deviendrais fou.

 

Quelques paroles sages pour conclure ?

Continuez à écouter du metal et à soutenir la scène. Essayez d’acheter des albums ! Je ne fais pas la manche mais c’est un business compliqué. Soutenez les artistes, aller voir des concerts et profitez de la vie.

 

 

Interview : Matt Bacon.