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Interview exclusive pour hellfest.fr : CATTLE DECAPITATION [Josh Lemore (guitare)]

2 novembre 2016

« Nous ne nous prenons pas au sérieux mais nous prenons au sérieux ce que nous faisons » – Josh Lemore – Samedi 18 juin 2016

 

 

Comment vas-tu ?

Je vais bien. Tout ce contexte est assez amusant !

 

Amusant comment ?

Nous avons joué notre set, nous avons regardé les gens devenir fous puis nous avons enchainé les interviews pendant 4 heures ! Là, je viens de manger, d’avoir un vrai dîner – ce qui est super – et je suis en train de boire ma première bière de la journée. Je commence à m’imprégner de toute cette ambiance.

 

Quelle a été la pire question durant ces interviews ?

Il n’y a pas vraiment eu de mauvaises questions. Certaines étaient juste stupides. Des trucs auxquels j’ai déjà répondu mais je comprends toutefois pourquoi les gens les posent.

 

Et à quelles questions aimes-tu le moins répondre ?

Bon, je n’ai pas eu à répondre à des questions dans le genre « Comment vous êtes-vous rencontrés » ou « Depuis quand le groupe est-il actif ». Mais on m’a demandé ce que la pochette de l’album signifiait. Je pense que tout le monde m’a posé cette question ! Une chaîne télé française ne m’a pas du tout posé de questions de ce style, les questions étaient plus d’ordre général.

 

Pour toi, qu’est-ce qui fait qu’une interview est une bonne interview?

Une interview qui n’a rien à voir avec le groupe ! Quelque chose de fun avec des questions ridicules. Une de mes meilleures interviews, c’était avec un mec qui venait du New Jersey. Nous étions assis à l’arrière d’une voiture, il pleuvait et ça a été une des interviews les plus fun que j’ai connues. C’était une sorte de succession de questions à la « Est-ce que vous préféreriez », etc. Une demi-heure de questions débiles. Trois adultes assis sur la banquette arrière d’une petite bagnole et qui répondent à des questions stupides. Le groupe n’en retire rien mais c’est fun.

 

C’est intéressant que tu dises ça car Dattle Decapitation n’est pas vraiment un groupe fun…

Nous sommes sérieux concernant notre musique mais hormis ça, nous ne le sommes pas. Nous ne nous prenons pas au sérieux mais nous prenons au sérieux ce que nous faisons. Si tu mets beaucoup de passion et d’effort dans quelque chose, il en résulte un enjeu émotionnel. C’est important que ça soit le cas. En dehors de la musique, nous sommes plutôt « pipi-caca ». Nous avons beaucoup de goût en la matière ! Ce n’est pas le cas de beaucoup de groupes.

 

Qui a mauvais goût dans l’enceinte de ce festival ?

Je pourrais probablement cracher et en trouver quelques-uns. Je suis certain qu’ils penseraient la même chose de moi.

 

Tu as une blague « pipi-caca » préférée ?

Je me souviens avoir eu un fou rire incontrôlable quand j’étais gamin car un autre gosse avait dessiné un dessin incroyablement naze avec une femme nue. Le « buisson » était juste un gribouillis et les nichons deux énormes cercles avec des points à l’intérieur. J’ai tellement rit que je me suis même un peu pissé dessus. La prof est venue mais elle n’a pas vu le dessin. Ce n’est pas une blague de « pipi-caca » mais plutôt une blague de femme à poil. Voyons, une autre… Ma femme se lève tôt et va à la salle de gym et je vais au lit un peu plus tard. Un soir, je vais vers le lit, la pièce est dans l’obscurité complète et ma femme dort à poings fermés. Et alors que je passe tout proche de sa tête, genre 20 cm… Ҫa me surprend moi-même : je lâche une caisse, un vrai missile. Là, elle se redresse dans le lit, moitié éveillée et commence à faire de l’hyperventilation avant de se rallonger. Je suis resté éveillé toute la nuit pour lui en parler ! A l’occasion, elle mentionne cette anecdote avec des potes, genre « Au moins, toi tu n’as pas été réveillé par un pet en pleine tronche ! ». Elle le prend plutôt bien. Je préfère mille fois qu’elle en parle comme ça plutôt que d’être en colère. Je suis content qu’elle puisse être cool sur le sujet. J’ai trouvé la bonne – et je ne suis pas ça grossier quand je dis ça.

 

Jusqu’à quel point trouves-tu que ta relation avec ta femme est similaire à celle que tu as avec les membres de ton groupe ?

C’est vraiment le même type de relation. C’est similaire dans ce sens que tu es plus ou moins marié avec le gars du groupe car tu passes beaucoup de temps avec eux. Il faut s’adapter à eux. Il y a des tonnes de différences toutefois, plein de règles différentes. Je pense que tout le monde répondrait différemment.

 

Votre dernier album était génial. Bossez-vous sur de nouvelles compos ?

Nous n’écrivons pas vraiment sur la route. Certains groupes le font. De toute façon, pour ces groupes-là, c’est souvent juste un seul gars qui écrit tout. Nous, nous écrivons tous, donc la situation est différente. Nous recherchons déjà des festivals pour l’été prochain. Une fois que nous y serons parvenus, nous nous attaquerons au prochain album.

 

Vu que le dernier album a reçu de multiples louanges… Ressentez-vous beaucoup de pression vis-à-vis du prochain ?

Ça n’est rien par rapport à la pression que nous nous imposons. Nous apprécions ce qui est dit, mais c’est notre truc au final. Nous n’écoutons pas ce que dises les gens car nous nous crevons le cul. Nous n’avons pas de formule : ce ne serait pas fun. Bien-sûr, nous avons des morceaux qui nous en rappellent d’autres mais c’est juste pour notre propre référence. C’est cool si un morceau t’en rappelle un autre mais ce n’est pas le but. Nous n’essayons pas d’appliquer de vieilles formules à nos nouveaux morceaux. Nous faisons ce que nous voulons tout en restant dans le cadre de notre genre et pas « over the top ». Peut-être que c’est la combinaison d’éléments légèrement différents et la découverte de nouvelles choses que chacun de nous peut apporter pour que le groupe se développe. Ça nous rend encore plus efficaces !

 

 

Interview: Matt Bacon.