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Interview exclusive pour hellfest.fr : ASPHYX [Martin Van Drunen (chant)]

31 août 2016

« Suis ton cœur et les choses se passeront toujours bien ! » – Martin Van Drunen (chant) – Samedi 18 juin 2016

 

 

Comment vas-tu ?

Fatigué. Un peu crevé, en fait. Pas à cause du concert mais nous avons dû nous lever à 4h du mat’ pour prendre notre avion. Nous ne sommes plus des jeunots ! Le concert m’a également fatigué mais c’est un sentiment satisfaisant. Je suis fatigué mais je me sens bien car j’ai bien travaillé. Et ça, ça fait du bien. J’ai donné au public ce qu’il méritait.

 

Et qu’est-ce que méritait, le public ?

De pouvoir secouer la tête et se bouger ! C’est ce que nous faisons et ce que nous ferons toujours !

 

Qu’est-ce qui définit Asphyx ?

L’esprit du metal. Nous faisons ce que nous avons envie de faire sans avoir recours à des artifices. Nous montons sur scène et jouons comme un putain de groupe de rock n’roll. Ça sonner comme un cliché mais nous prenons plaisir à la faire. C’est l’essence d’Asphyx.

 

Je ne vous avais jamais vus jouer live avant et je dois dire que j’ai adoré le côté rock n’roll roulant des mécaniques…

C’est parce que nous nous éclatons. Nous savons que nous faisons des pains quelquefois mais nous laissons faire car nous préférons faire un peu les cons plutôt que de jouer à la perfection, donc il arrive que des trucs clochent. Il nous arrive de nous rendre compte que nous avons foiré quelque chose quand nous sortons de scène mais ça ne nous gêne pas plus que ça. Nous jouerons mieux la fois d’après, c’est tout. Le show parfait n’existe pas chez Asphyx mais nous donnons toujours plus de 100%. J’ai grandi en écoutant du metal et c’est toujours le cas. J’ai 50 ans maintenant mais, quand j’ai vu Iron Maiden et Motörhead étant gamin, ces groupes défonçaient sur scène. Mais quand ils jouaient, ils affichaient un grand sourire car ils s’exprimaient musicalement comme ils le souhaitaient. Nous essayons d’adopter cet état d’esprit.

 

Le morceau éponyme de l’album Deathhammer est haut-la-main mon morceau préféré de death metal. Qu’est-ce qui t’a amené à être si véhément vis-à-vis de tous ces poseurs ?

J’ai connu une période où j’étais embarrassé d’être un metalhead. Je me revois assis dans un train à côté de ma copine, en France. Elle feuilletait un magazine de metal avec des trous du cul maquillés sur la couverture. A proximité, il y avait un autre couple et le mec était du genre « C’est quoi cette merde ? ». Ce n’était pas du metal ! J’avais honte ! Je n’ai pas honte de mes racines. C’est ma façon de vivre et j’en suis fier. Mais cette fierté a été endommagée à travers les années par des groupes qui cherchaient à proposer les trucs les plus chiadés techniquement au détriment de la qualité de la composition. Puis, ce fut la multiplication des sous-genres. Selon moi, du metal, c’est du métal, point. Tu montes sur scènes, tu t’éclates et tu donnes tout ce que tu as ! Le death metal, c’était ça. Mais tous ces gens foutent la merde au sein de la scène. Quand j’étais gamin, j’étais stigmatisé car j’avais les cheveux longs, je portais un patch Motörhead, etc. Je me suis battu contre ça, j’ai dû combattre les critiques car le metal était important pour moi. Et quand tu penses que ta musique est acceptée, tu as tous ces malades et ces clowns qui débarquent. Ça me tapait sur le système. Un jour, j’étais à la maison et les gars du groupe avaient déjà enregistré la musique du morceau. J’ai bu quelques bières et j’ai écrit ces paroles rock n’roll qui pissent sur tout le monde. C’est un concentré de colère.

 

J’ai quelques-unes de ces questions qui peuvent te mettre en colère. Si l’objectif du metal est de faire chier les gens et que ces groupes te font chier, ne sont-ils pas metal selon ta propre définition ?

Non, car ce sont des groupes de merde ! Ils ne me font pas chier, ils m’embarrassent. C’est quelque chose de bien différent. Je pense que les gens seraient beaucoup plus choqués si je montais un groupe hardcore avec des paroles qui prôneraient celles de l’Etat Islamique. Il y a longtemps que le but de choquer n’est plus d’actualité. Tout le côté satanique exercé par Venom et Sabbath par le passé, c’est du déjà-vu. Satan et son royaume sombre, etc. ça a déjà été fait. Le rock n’roll est le diable, c’est un fait. Et écrire des paroles dans cette veine, ça a déjà été fait.

 

Qu’est-ce que ça fait de jouer dans un festival aux côtés d’un paquet de groupes mainstream ?

Je ne sais même pas qui ils sont ! Mais il y a ici beaucoup de groupes que j’aime beaucoup, ici. J’étais dans le même avion que mes vieux potes de Discharge ! Les mecs de Primordial sont aussi de bons amis. J’apprécie aussi des trucs mainstream. Le Hellfest n’est pas un festival metal : c’est un festival rock. Ils ont choisi de mettre Foreigner à l’affiche et c’est leur décision. Ça reste du rock. J’aime le morceau « Cold As Ice » de Foreigner : c’est un super morceau de rock ! Il y a des milliers de gens ici et seulement 10.000 d’entre-eux écoutent de la musique que je n’aime pas. Comme tout festival, le Hellfest se doit de proposer une affiche aussi variée que possible.

 

Nous approchons la fin : qu’est-ce que tu aimes tant au sujet du metal ?

L’agressivité et le volume. Quand j’étais gamin, je pouvais me débarrasser de toute ma colère en écoutant du metal. Je montais dans ma chambre l’après-midi et, quand mes parents n’étaient pas là, je montais le son à fond et j’écoutais du Exciter ou un truc dans le genre et ça m’éclatait. Et après ça, je n’avais pas envie de faire du mal à quiconque, de shooter dans la tête de quelqu’un. Quand j’allais voir des concerts, beaucoup de ces groupes insistaient sur la nécessiter de s’amuser. Ce n’est pas qu’une question d’agression et de colère : il te faut prendre du plaisir à faire ce que tu fais. La colère est assumée mais il est question d’une propagation positive de musique agressive. Ça reste fun de boire une bière, de s’amuser avec ses potes, de toujours se sentir rebelle et d’avoir un sentiment d’appartenance. C’est une belle chose.

 

Quelques paroles sages pour conclure ?

Suis ton cœur et les choses se passeront toujours bien !

 

 

Interview : Matt Bacon.