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Interview exclusive pour hellfest.fr : AGORAPHOBIC NOSEBLEED

21 mars 2016

« Au Hellfest, notre batteur donnera des cours particuliers d’une demi-heure. 5.000 dollars la leçon ! » – Scott Hull

 

Comment ça va, les gars?

Richard Jonhson (chant): Ça va bien, putain !

Scott Hull (guitare) : Ça va tellement bien qu’on envoie des ondes positives en retour! Et toi, comment ça va ?

 

Pas encore assez saoul mais bon…

Scott : Il faut gérer ça sur la durée, mec !

 

Quelle est votre stratégie en termes de picole dans le cadre de festivals ?

Scott : Tout dépend du jour où nous devons nous produire. Le jour où nous jouons, je ne bois rien jusqu’à une demi-heure avant notre entrée sur scène. Puis je picole à fond pendant notre set. Et après, tous les coups sont permis !

Richard : C’est un peu pareil pour moi. Ma stratégie, c’est d’être super bourré la veille, de sorte à ne pas avoir envie de boire le jour du concert.

John Jarvis (basse) : Moi, j’essaie plutôt de rester sobre.

Richard : Je suis un poids léger donc j’essaie moi aussi de ne pas trop boire sur scène.

Scott : Il boit quand personne ne le regarde !

Richard : Je fais plein de trucs quand personne ne me regard, d’ailleurs !

 

Et qu’est-ce que tu fais quand personne ne te regarde ?

Scott : Ouais, qu’est-ce que tu fais ? Et si tu parlais de ce corps que tu as enterré ?

Richard : Je vais en enterrer un autre d’ici une minute !

Scott : Et toutes ces drogues que tu t’envoyais ? Et ton inculpation pour pédopornographie ?

 

A quel point cet alcoolisme occasionnel a-t-il des conséquences sur votre travail ?

Scott : Je bois à chaque répet’. Tout dépend de ce que tu veux dire par alcoolisme.

Richard : Est-on alcoolique dès qu’on boit de l’alcool ?

Scott : C’est ce que beaucoup de gens pensent.

Richard : Ces gens, je ne les qualifierais pas d’ »amis ». Je les questionnerais sur leur définition de l’alcoolisme.

John : Je ne pense pas que nous soyons confrontés à un tel problème. En tous cas, ma définition de l’alcoolisme n’est pas celle-ci. Par chance, nous n’en sommes pas là. Il m’est arrivé d’être ivre sur scène avec Pig Destroyer et c’était bizarre…

Scott : Je ne pourrai pas être sobre sur scène au avec Pig Destroyer : ça flinguerait le set. Je suis bien trop complexé et nerveux.

John : Tu ne te bourres pas la gueule non plus…

Scott : C’est vrai. Mais j’ai besoin de quelque chose pour me relaxer…

Richard : Je ne me sens pas capable de pouvoir tout contrôler sous l’influence de l’alcool donc j’essaie de rester sobre

Scott : Boire permet de se sentir un peu plus à l’aise.

John: Tu n’as joué que deux fois. Nous verrons, une fois que nous aurons joué plusieurs concerts.

 

Au sujet des concerts d’ailleurs… Pourquoi avoir choisi de jouer au Hellfest plutôt qu’au Wacken ou à un autre festival ?

Scott : Le Hellfest nous voulait déjà l’année dernière. C’est une question qui se règle au niveau des promoteurs et des bookers.

John : Ça dépend de l’émetteur de la demande. Pig Destroyer a joué deux fois au Hellfest et ça s’est avéré génial. Le festival est un évènement énorme mais qui reste agréable. C’est vraiment cool et tu as l’occasion d’y voir plein de bons groupes. Quand nous avons annoncé que nous allions jouer au Maryland DeathFest nous avons reçu un paquet d’offres de la part de festivals même si nous n’avions pas encore pris la décision d’envisager de nouveaux concerts. Je n’avais pas envie de m’engager dans des plans merdiques. Nous nous sommes concentrés sur le concert du Maryland DeathFest avant de commencer à étudier quoi que ce soit.

Richard : Je n’avais pas non plus l’intention de devoir être impliqué dans un plan merdique.

Scott : Le prends pas mal mais ça t’es arrivé plus d’une fois !

John : Les choses se sont plutôt bien passées donc il nous a semblé qu’accepter l’offre du Hellfest était sensée.

 

Vous pensez conserver ce rythme de deux concerts par an ?

John : Je ne sais pas ce que nous allons faire. Je n’ai de toute façon pas l’intention de multiplier les concerts tant que nous n’aurons pas sorti de nouvel album. D’ailleurs, nous jouerons quelques petits concerts quand nous aurons un nouvel album. Je n’ai pas envie d’autre chose tant que nous n’aurons pas de nouveau matériel.

 

Je voulais également parler de solo de votre boîte à rythme…

Scott : C’était de l’improvisation totale ! Nous ne savions pas qu’il allait le faire. Mais il l’a fait !

John : C’était génial – un super solo.

Richard : Pourquoi les boîtes à rythmes sont-elles toujours des « il » ?

Scott : C’est vrai. Nous ne dirons d’ailleurs pas que la nôtre n’est pas un « il ».

 

J’en déduis donc que votre boîte à rythme est de sexe masculin ?

Scott : Mais elle pourrait aussi être de sexe féminin !

 

Mais comment attribuez-vous un sexe à une boîte à rythme ?

John : Nous devrions concevoir une histoire a posteriori. Lui donner un nom, une page Wikipédia. Tout imaginer…

Richard : Comme pour Goldflesh : les parties de batterie étaient toujours créditées  « Machines ».

Scott : Vraiment ?

John : Je crois que c’était le cas sur certains albums.

Scott : Nous n’avions jamais accordé trop d’importance au sujet mais je pense que nous allons désormais le faire ! (rire)

Richard : Excellente question.

 

Quel est votre sentiment concernant le culte dont vous faite l’objet auprès des fans d’Agoraphobic Nosebleed ?

Richard : C’est dingue. Jamais je n’aurais pu imaginer faire partie d’un groupe que des gens aimeraient au point de se faire tatouer à son sujet. J’ai moi-même un tatouage de Voivod mais se trouver de l’autre côté est un sentiment étrange.

Scott : C’est assez génial. Quand tu ne donnes pas très souvent des concerts, tu génères une forte demande. Mais hier, voir Phil Anselmo et Kirk Windstein à fond sur le côté de la scène pendant notre set m’a estomaqué. A la base, monter Agoraphobic Nosebleed était une démarche personnelle visant à écrire des morceaux et à les publier. Le truc devait se passer entre nous et la personne qui écoute la musique chez elle. Pendant longtemps, nous avons pensé qu’il s’agissait du seule espace d’échange permettant au groupe d’exister, rien à voir avec tout ce blablabla dont nous sommes en train de parler aujourd’hui. Mais vu que ça fait des années que nous sommes embarqués dans l’aventure, nous avons désormais envie de la partager dans des conditions live.  Je ne savais pas à quel point nous étions populaires car nous ne sortions jamais.

Richard : Beaucoup de nos fans sont très extrêmes. Surtout au niveau de leur personnalité. Pas que je dise qu’il faut être quelqu’un d’extrême pour se faire tatouer mais les e-mails que nous recevons nous font penser que nous attirons un certain type de fanatiques.

 

Qu’aimez-vous tant au sujet de la musique

Richard : Tu as sans doute déjà entendu ça mais nous avons besoin d’un exutoire créatif  pour pouvoir nous exprimer. Si je ne pouvais plus jouer de guitare ou chanter je me sentirais comme enfermé dans une bouteille.

Scott : Je pense que le moment où je suis le plus heureux, à part bien-sûr quand je suis avec ma femme et mes enfants, c’est celui où je suis en studio en train de créer quelque chose. C’est ce que je ressens de plus positif. Sortir un CD, c’est comme avoir un nouvel enfant. Je ne peux pas m’imaginer faire ça toute ma vie, mais je ne m’imagine pas ne pas le faire.

Richard : Je pense qu’il est important de bien vieillir et de connaître tes limites au fur et à mesure que tu deviens plus vieux. Je pense que c’est faisable mais il appréhender la chose avec une certaine grâce.

John: C’est davantage l’aspect live de la musique qui m’intéresse. J’adore les voyages et la camaraderie. Ces festivals sont comme des réunions de famille. Tu y revois de vieux amis. C’est vraiment ce que je préfère : parcourir les gros festivals et s’éclater avec les potes.

 

Quelques paroles sages pour conclure ?

John : Ne fumez pas au lit !

Scott : Soyez gentils avec votre maman. Au Hellfest, notre batteur donnera des cours particuliers. 5.000 dollars la leçon ! (rire)

Richard : Une des raisons qui font que j’attends le Hellfest avec impatience, c’est que je n’ai jamais joué en France jusqu’à présent !

Scott : Tu vas voir Paris pendant dix minutes  puis tu verras la campagne !

Richard : Je me contenterai de ce que j’aurai !

Scott : Nous pourrons boire du bon vin !

 

 

Interview : Matt Bacon

Housecore Horror Fest, Austin, Texas – 15/11/2015

Un grand merci à Liz Ciavarella (Earsplit)