News

Interview exclusive – hellfest.fr : THE DEAD DAISIES [John Corabi (chant) et Marco Mendoza (basse)]

24 février 2017

 

itw THE DEAD DAISIES

« Le Hellfest est parfait pour nous : nous allons bien y figurer »

Marco Mendoza  – Le Trabendo, Paris – 08 Décembre 2016

 

 

Bonsoir messieurs. J’ai interviewé Ryan et David d’Airbourne la semaine dernière et je leur ai demandé de me soumettre une question pour vous. La voici : « Rouge ou blanc avec votre dîner ? ». Alors ?

John : Rouge.

Marco : Pas de vin pour moi : je ne bois pas.

John : Il se contente de prendre de l’héroïne. (rire)

Marco : Dès que je peux le faire. (sourire)

 

Qu’est-ce que vous avez écouté comme musique avant cette interview?

John : J’ai passé un peu de musique dans ma chambre, une compilation de morceaux de Paul McCartney. J’adore “Maybe I’m Amazed” que j’ai donc écouté.

Marco : C’est très beau.

John : Ouais, c’est un super morceau.

Marco : J’étais un peu à la bourre, j’essayais de ranger mes affaires et… J’aime bien les trucs jazzy car ils sont déstructurés. Ça me procure… J’ai écouté du Herbie Weather, Wheather Report. Je connais les morceaux car il m’est arrivé de les jouer. C’est fun.

 

Votre biographie officielle stipule que la raison d’être de The Dead Daisies est de rendre hommage à des groupes comme Bad Company, Aerosmith ou Foreigner. C’est vraiment la raison qui a fait que vous vous êtes réunis. N’y a-t-il pas un autre objectif derrière ?

Marco : Bon, à l’origine, le groupe a été monté par David Lowy (guitare). C’est lui, le membre fondateur du groupe, avec un autre chanteur à l’époque, Jon Stevens. Moi, je n’ai jamais demandé à en faire partie. Il se trouve que je tournais en Australie avec Thin Lizzy au sein d’un package Mötley Crüe/Kiss et David jouais en première partie. Pour faire court, David m’a dit : « Marco, nous avons un album et des nouveaux morceaux. Nous avons envie d’être un vrai groupe et de tourner pour jouer ces morceaux. Si tu as le temps, j’aimerais que tu en fasses partie ». J’ai donc écouté la musique et j’ai adoré. Plus tard, Richard Fortus et Dizzy Reed (Guns N’ Roses) ont dû quitter le groupe – ce sont des amis d’ailleurs, j’ai déjà bossé aveux eux par le passé. Quand l’opportunité d’ouvrir pour Aerosmith s’est présentée, j’ai dit : « C’est bon, j’en suis ». Au début, le but – et tu voudras peut-être également poser cette question à David – était de faire une petite tournée, des dates. Mais après trois ou quatre concerts, nous avons réalisé qu’il se passait quelque chose de spécial. Nous avons commencé à nous regarder et à nous dire « Yeah ! ». Notre manager, David (Edwards) m’a dit : « Tu sais, il y a moyen de faire un truc cool avec ça. Comment est ton agenda ? Tu serais intéressé ?”. J’ai juste répondu que j’avais pris quelques engagements préalables. Et très rapidement – boom – nous enregistrions et tournions au States avec le Uproar festival avec Alice In Chains et Jane’s Addiction. Les choses se sont alors enchainées. Le truc, c’est que nous adorons tous la musique des seventies jusqu’au eighties, nous avons ça en commun. Et nous faisons frotter son étendard en guise de célébration. C’est ce qui nous unis, ce sont nos racines. Plus tard, nous avons appelé John (Corabi) et l’intégration de John s’est avérée parfaite : il apportait exactement ce dont nous avions besoin. Puis ce fut au tour de Doug (Aldritch – guitare) et nous voilà. Nous sommes des musiciens, la musique est notre métier, pour la vie. Bon, c’est une longue réponse mais en version courte, disons…

John : Une réponse courte serait : « Oui ! ». (rire)

 

Beaucoup de membres se sont succédé depuis la création du groupe en 2012. Le line-up d’aujourd’hui, c’est la bonne formule ? Le line-up devrais désormais être stable ou mouvant car dépendant de vos engagements en parallèle ?

John : Quand le groupe s’est mis en place et qu’il a été demandé à Marco s’il voulait y prendre part, Marco a répondu qu’il était d’accord mais il n’a pas pu assurer quelques dates car il avait déjà pris des engagements. Donc – je n’étais pas encore là, d’ailleurs – Darryl Jones l’a remplacé pendant cette période. L’année dernière, lors de la tournée de l’album Revolucíon, Brian (Tichy – batterie) ne pouvait pas nous accompagner sur certaines dates et c’est Tommy Clufetos (Black Sabbath) qui s’y est collé. Aux States, on dit toujours que l’ensemble prend toujours le pas sur les différentes parties qui le compose. C’est valable aussi pour The Dead Daisies. La liste est trompeuse : les musiciens qui ont joué au sein du groupe depuis le début n’ont pas tous été des membres à part entière. Certains étaient davantage des amis qui nous ont donné un coup de main en assurant quelques shows. L’année dernière, par exemple, juste avant de partir en Australie pour tourner avec Kiss, Richard (Fortus) – qui était notre guitariste à l’époque – a eu un accident de moto. Il s’est fracturé une vertèbre et des côtes. Donc impossible de partir en tourner, théoriquement. Mais nous n’avions pas franchement envie d’annuler donc nous avons pris un autre guitariste – Richard était lui d’accord, tu sais. Nous avons pu partir et assurer la tournée. Donc, oui, la liste est longue mais elle comprend le nom d’amis qui ont juste dépanné pour quelques shows, ici et là. Mais ils font partie de la famille, tu vois ce que je veux dire ? La liste est un peu trompeuse.

Marco : Ouais, la liste est trompeuse et une des raisons pour lesquelles nous voulions faire cet album (Make Some Noise – 2016) cette année… Nous étions prêts pour le faire mais nous voulions également solidifier le line-up : Doug, Brian, David, John et moi. Et je me dis : mission accomplie car nous sommes encore tous ensemble. Je pense que c’est un super album et plus nous en jouons des morceaux, plus je l’apprécie. Les fans deviennent dingues : ils chantent les morceaux. J’ai l’impression qu’ils étaient tous prêts pour cet album. L’album est une réussite et surpasse les prévisions. C’est vraiment « Wow ! ». Nous sommes donc contents, très contents, même!

John : Ou « Oui ! » (rire)

 

The Dead Daisies. C’est un nom qui m’intrigue. Quelle est l’histoire derrière ce nom?

John : L’ancien chanteur, Jon Stevens, avait quelques problèmes de santé. Apparemment, son docteur lui a dit que s’il ne ralentissait pas, qu’il n’opérait pas quelques changements dans son mode de vie, alors… En Amérique, quand on t’enterre on dit que tu vas bouffer les pissenlits par la racine (note : une traduction littérale s’orientera vers la marguerite plutôt que vers le pissenlit), OK ? Donc le docteur lui a demandé de se relaxer. A partir de ça, le nom du groupe est sorti : The Dead Daisies.

Marco : Oui, c’est ce qui est arrivé. Et le logo du groupe a été élaboré ensuite et il est très cool.

 

thedeaddaisies

 

Parlons un peu de la tournée : quasiment toutes les dates sont sold out. Surpris ? Voire un peu déçus que des salles un peu plus conséquentes n’aient pas été retenues ?

John : Non. Personnellement je préfère ça plutôt que… Il faut te rendre compte que, pour beaucoup de gens et de fans de musique, nous sommes encore un nouveau groupe. Donc je préfère jouer dans une salle pleine avec des gens qui ne peuvent pas entrer plutôt que de jouer dans une salle plus grande mais seulement à moitié remplie. Peut-être aurions-nous pu jouer dans plus des salles plus grandes, oui. Mais nous sommes contents de la situation actuelle. Nous en sommes à environ vingt dates sur cette tournée, nous sommes allés au Royaume-Uni, avons effectué un paquet de concerts en Allemagne où, à l’exception d’une date – il me semble – tous ont été sold out. C’est donc incroyable. Nous sommes heureux et les fans ont été très enthousiastes jusque-là. Nous ne pouvions en demander davantage. Peut-être que la prochaine fois, nous viendrons jouer dans des salles de capacité supérieure, qui sait ?

Marco : Si tu suis un peu l’actualité des Daisies, tu vois que nous nous sommes déjà produits dans des arenas. Quand nous avons abordé la question ensemble et nous étions tous d’accord : il y a vraiment un truc particulier, très personnel et intime dans le contact avec les fans quand tu joues dans un club. C’est là que tu construits une sorte de noyau. Dans les arenas, nous jouions en première partie de Whitesnake, Kiss, Bad Company, Lynyrd Skynyrd… Même si, honnêtement, je pense qu’il nous ait arrivé de rassembler 20-25% du public grâce à nos fans. Mais le reste, c’était les fans des autres groupes. Nous souhaitons construire notre public. Planter des graines et que les racines prennent. Et pour le moment, tout va bien, c’est super. Et comme John l’a dit, c’est mieux d’être un peu prudent et puis, c’est bon aussi pour le promoteur : « C’est un nouveau groupe et les gars font sold out ! ».

John : « Tous les concerts ! ».

Marco : « Faisons les jouer au Bataclan la prochaine fois ! ». Pourquoi pas ? Ça représenterait une belle progression, tu sais ?

John : Ou « Oui » (en français – rire)

 

La présente tournée est effectuée en co-headlining avec The Answer. Y a-t-il une forme de compétition entre les deux groupes ?

John: Non! Je trouve que les deux groupes sont… Nous passons un bon moment avec The Answer. C’est un super groupe. Je pense que nous proposons une musique différente l’une de l’autre, nous ne nous marchons pas sur les pieds. Nous passons un bon moment ensemble et c’est également le cas de nos fans et de leurs fans. C’est vraiment cool.

Marco : Même si un des gars voulait me toucher le cul l’autre jour mais je ne vais pas m’appesantir sur le sujet, tu sais ! (rire)

John : « Si ! ». En Italien, maintenant ! Je vais dire « Oui » dans toutes les langues !

 

Une date maintenant : le 29/11/2016. Ça vous rappelle quelque-chose?

Marco : Nous étions… Au Royaume-Uni ?

 

Non, en Suisse. Et quelqu’un est venu vous rendre visite.

John : Roger Glover (Deep Purple) !

Marco : Au sein de Thin Lizzy, j’ai tourné avec Deep Purple: nous fait quelques dates ensemble, ici et là. C’est comme un ami. Mais je n’avais aucune idée qu’il habitait là. Je crois que Doug est en contact avec lui. Roger a juste dit: « Oh, vous jouez dans cette salle? J’habite dans la même rue ! ». Donc il est venu nous dire bonjour, tout simplement, puis il s’en est allé. Il soutient notre groupe et puis c’est Roger Glover, quoi ! Roger fucking Glover ! C’est aussi un ami : il est des nôtres en quelque sorte. Nous le respectons donc je lui ai donné des accolades à un point qu’il a dû me dire : “OK, ça suffit Marco, j’ai compris!” (rire).

John : J’ai rencontré Roger par le passé. Là, ça devait être ma troisième ou quatrième rencontre avec lui. Car Deep Purple a enregistré son dernier album à Nashville – où j’habite – avec Bob Ezrin. Donc nous nous sommes rencontrés dans des clubs. C’est quelqu’un de très accessible, super sympa, très normal, très terre à terre. Si bien que c’était cool de le revoir.

Marco : Il a vraiment aimé le concert et nous lui avons rendu un petit hommage. C’était une visite sympa, une bonne surprise. C’était cool.

 

John, tu veux probablement ajouter un mot, hein?!

John : En Japonais : “Huuuuuu!” (laughter)

 

Parlons Hellfest maintenant. Marco, tu y as déjà joué avec Thin Lizzy…

John : Je n’y suis jamais allé donc ça sera une première pour moi.

Marco: Je le place tout en haut avec les plus gros, comme le Dowload UK et le Sweden Rock. Et je dois dire que le Hellfest est très bien conçu, mec ! C’est incroyable ! Combien de scène, déjà ? Six ! Incroyable! Dès que tu pénètres dans les lieux, tu vois que tout est parfaitement imbriqué et ça, c’est appréciable. Je suis persuadé que nous allons y passer un bon moment. Quand notre manager nous en a parlé, j’ai dit : “C’est parfait pour nous : nous allons bien y figurer”. Donc oui, nous avons hâte d’y être.

 

 

Interview : Wombat

Un grand merci à Olivier (Replica).