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Interview exclusive – hellfest.fr : SUBROSA [Levi Hanna (basse)]

31 mars 2017

SubRosa

« Jouer au Hellfest est une leçon d’humilité et un honneur»

Levi Hanna – le 24 janvier 2017

 

 

Alors, comment vas-tu ?

Je vais bien !

 

Tu as vécu une sacrée année 2016…

Cette année a été folle pour moi. J’ai perdu ma femme, ce qui fut une immense peine. J’ai aussi commencé à m’initier au saut en parachute. Ça a été une année en forme de montagnes russes, en fait. Et puis Subrosa a beaucoup tourné et a sorti un nouvel album, et ça, c’est quelque chose de super.

 

Jusqu’à quel point ce drame personnel a-t-il impacté ta musique ?

Je pense que ce drame a un peu eu un impact sur chacun d’entre nous car plusieurs membres du groupe étaient plus ou moins proches d’elle. Quand nous avons joué au Psycho (Las Vegas), l’émotion était très grande, si bien que la dynamique du groupe en a forcément été impactée. Nous avions beaucoup de travail à abattre et nous avons essayé de tirer parti de cet évènement.

 

Justement, que penses-tu de la dynamique qui entoure Subrosa actuellement ?

Nous sommes vraiment soudés. Nous sommes une vraie famille. Chacun est heureux de son rôle et de la façon dont son rôle s’insert au sein du groupe. Je pense que je dois être le neuvième musicien à avoir occupé le poste de bassiste sein de groupe, ou quelque chose comme ça. Mais tous les membres disent qu’il s’agit de leur line-up préféré. Donc disons que ça fonctionne bien en ce moment.

 

Avant de rejoindre ses rangs, Subrosa était ton groupe préféré. Qu’as-tu ressenti quand tu as reçu leur appel à le rejoindre ?

J’avais l’habitude de traîner à chacun de leurs concerts. Andy (Patterson – batterie) me connaissait pour avoir enregistré un autre de mes groupes par le passé et il voulait personnellement me faire la proposition. Il m’a dit : « Je sais que tu joues déjà dans un paquet de groupes mais aimerais-tu malgré tout faire partie d’un groupe supplémentaire ? ». Au début, je croyais qu’il parlait de son autre groupe, Oxcross – pas de Subrosa ! J’étais donc un peu hésitant au début. Mais quand il a dit que c’était Subrosa, j’ai rapidement réglé le sujet. J’ai été en état de choc pendant un petit bout de temps quand même.

 

Au début, en quoi Subrosa était-il attirant pour toi ?

L’émotion derrière la musique. Ce groupe parvient à transmettre des émotions comme aucun autre groupe. L’écriture est assez simple, les parties de basse particulièrement, d’ailleurs. Les jouer n’est pas un challenge technique en tant que tel. L’expression de cette émotion est privilégiée par rapport à la performance technique.

 

Comment puisez-vous dans ces émotions ?

Je ne sais pas trop quoi te répondre. Il s’agit de quelque chose que nous faisons naturellement. Nous écrivons en fonction de ce que nous ressentons et c’est tout.

 

Donc tu es triste, c’est tout ?

(rire) Ouais ! Ce n’est pas pour rien que mon surnom est Bourriquet.

 

Comment as-tu choppé un tel surnom?

En me comportant comme Debbie Downer (personnage qui a tendance à casser l’ambiance dans le show US Saturday Night Live).

 

Raconte-moi un peu ton passage au Hellfest 2014…

C’était fou. C’était mon premier concert outre-Atlantique et seulement mon cinquième avec Subrosa. Pendant notre soundcheck, il devait y avoir environ une dizaine de personnes posées là, sous la structure la plus importante au sein de laquelle nous ayons jamais joué (la tente de la Valley). Je pensais que les gens n’avaient rien à foutre de nous et que ça allait être un fiasco. Puis quand nous sommes revenus pour jouer notre set, la tente était pleine et le public était à fond dedans. C’était le plus gros show que nous ayons jamais joué. Ce fut intense et magique. C’était génial du début à la fin. Le festival est vraiment bien organisé. Y jouer est une leçon d’humilité et un honneur. Je ne sais pas quoi en penser si ce n’est que c’est fantastique.

 

Maintenant que tu as éprouvé le circuit des festivals doom, comment évalues-tu le Hellfest ?

Le Hellfest fait partie des festivals les mieux organisés et puis, en termes d’affluence, c’est le plus grand auquel nous ayons participé. C’est très fun d’y traîner avec tous nos amis. C’est clairement un festival très bien organisé, comparé à d’autres où nous nous sommes produits. Et puis nous y avons été bien traités.

 

Tu veux me raconter quelques anecdotes horribles sur le sujet ?

Je ne sais pas si j’en ai à te raconter. Mais c’est juste que les conditions peuvent être un peu rudimentaires ici ou là car l’organisation n’est pas très bonne et qu’il nous faut alors trouver une solution à la volée. Je préfère quand tout est à sa place et que nous savons ce que nous allons faire.

 

Cette année, vous allez jouer au Roadburn, au Maryland Deathfest et au Hellfest. Le Hellfest représente-t-il le temps fort ou tous ces évènements représentent-ils un temps fort à leur niveau ?

Chaque concert sera un temps fort, et ce pour des raisons différentes. Nous proposerons un show spécial au Roadburn qui devrait être cool. Nous n’avons jamais joué au Maryland Deathfest donc ce sera aussi un temps fort. Et le Hellfest est bien évidemment un temps fort en lui-même.

 

Peux-tu m’en dire plus sur votre set plus « tamisé » que vous allez donner au Roadburn ?

Ce ne sera pas un set acoustique car nous n’utiliserons pas d’instruments acoustiques mais ce sera une prestation douce. C’est pour cette raison que nous lui donnons ce nom. Nous allons jouer d’anciens morceaux et les jouer de manière plus feutrée et ainsi leur donner un angle différent. Nous sommes également en train d’écrire de nouveaux morceaux dans l’optique de ce concert mais je doute malheureusement qu’ils soient prêts pour le Roadburn.

 

Quelle a été votre inspiration dans cette démarche ?

Rebecca (Vernon – chant et guitare) a écrit des trucs dans cet esprit pendant des années de son côté et finalement, c’est le groupe dans son intégralité qui a suivi le mouvement. Je pense que ça a émergé quand elle a fait quelques trucs en solo quand le groupe n’était pas disponible.

 

Quel est ton rôle dans tout ça ?

Rebecca écrit toutes les chansons et je construis mes parites autour, en quelque sorte. Il me faut trouver ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas.

 

Si de nouveaux morceaux doivent être conçus dans le cadre de ce concert spécial, cela signifie-t-il qu’un album dans cette veine verra également le jour ?

Nous en avons discuté et savoir si un tel album verra le jour ou non reste à déterminer. Je ne sais pas ce que je dois te dire car je ne sais pas ce que je suis autorisé à dire sur le sujet.

 

Comment expliques-tu que les fans de Subrosa soient surtout des superfans du groupe plus que de simples fans ?

Pour la même raison qui fait que Subrosa était mon groupe favori avant que j’en rejoigne les rangs. Ils sont liés à Subrosa de manière plus profonde. L’émotion est ici un moteur, plus que pour tout autre groupe, ce qui explique que nous ayons des superfans. C’est assez curieux de voir les gens tellement à fond dans le truc et je ne sais pas forcément comment l’analyser. Jamais je n’aurais imaginé faire les choses que je fais actuellement sur le plan musical et je n’imaginais pas davantage de disposer de fans aussi fervents vis-à-vis de mon groupe. C’est étrange.

 

Quel est ton ressenti général concernant l’accueil reçu par le dernier album (For This We Fought the Battle of Ages – 2016) ?

Pour être honnête, je n’y ai pas porté beaucoup d’attention. Je n’ai pas vraiment lu de chroniques et le peu que j’ai lu semble vraiment indiquer que l’album a fait l’objet d’un bon accueil. Je ne pense pas qu’il ait dû faire face à des critiques acerbes et ça, ça fait du bien. Les gens ont compris l’album.

 

Qu’est-ce qui t’attire à travers le parachutisme ?

Je viens de réaliser mon 163ème saut donc il n’est plus question d’adrénaline à mon niveau. Il s’agit plus de vivre une expérience. Quand je suis en chute libre, je déconnecte. Pendant cette minute de chute libre, je n’ai pas à me préoccuper de mon quotidien. Ça me permet d’avancer. Il y a toute une communauté au sein de ce sport, qui s’apparente davantage à un cercle familial qu’à des amis. C’est une grosse communauté et les gens sont contents de profiter de la vie. C’est un environnement positif.

 

Tu as été élevé dans un environnement mormon mais tu en as quitté les rangs. Ce besoin de faire partie d’une communauté n’est-il pas resté ?

Je pense que tout le monde a besoin de faire partie d’une communauté. Après le décès de ma femme, j’ai passé l’essentiel de mon temps dans la zone de saut. Je n’ai pas d’amis dans la région en dehors de Subrosa et de ma famille parachutiste.

 

Qu’aimes-tu tant au sujet de la musique ?

C’est une libération émotionnelle pour moi. Je communique émotionnellement avec les éléments et c’est pourquoi j’étais initialement sur la même longueur d’onde que Subrsa en tant que groupe. J’ai toujours essayé d’écrire de la musique qui soit guidée par l’émotion. C’est mon truc.

 

Interview: Matt Bacon.