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Interview exclusive – hellfest.fr : SHVPES [Griffin Dickinson (chant)]

12 mai 2017

Shvpes

« Tous les gens que je connais qui se sont rendus au Hellfest disent à quel point ce festival est fantastique. C’est notre Everest cette année. Ça va être énorme »

Griffin Dickinson – Le Cabaret Sauvage, Paris – 22 mars, 2017

 

 

J’ai récemment lu que Shvpes pouvait être décrit comme le chaînon manquant entre Rage Against The Machine et Bullet For My Valentine. Es-tu d’accord avec ce point de vue ?

Pas vraiment. Je pense que nous avons bien plus à offrir que de juste faire le lien entre Rage Against The Machine et Bullet For My Valentine. Mais je peux comprendre que quelqu’un ait pu faire ce commentaire. Mais moi, j’ai forcément plus de recul sur tout ce qui a accompagné la conception de notre musique, tu sais ? Nos influences s’étendent à bien plus de groupes que le public puisse l’imaginer. Donc disons que je comprends le point de vue mais que je ne le partage pas.

 

Votre premier album Pain. Joy. Ecstasy. Despair est sorti il y a quelques semaines. Es-tu satisfait de cette première livraison ? Avec un peu de recul, aurais-tu fait certaines choses différemment ?

Ce qui est certain, c’est que nous ferons les choses différemment à l’avenir. Mais je n’apporterais pas de modifications a posteriori pour ce premier album. Je veux dire par là que je suis très fier de ce que nous sommes parvenus à créer et je pense que c’est un premier album solide. Et je connais la direction que je veux emprunter pour le prochain. Bref, le second album ne sera pas une copie du premier et nous procéderons différemment.

 

Quelle est l’histoire derrière le choix d’un tel titre pour l’album ?

Je suis allé voir une pièce de théâtre avec ma mère avant d’entamer le processus d’écriture de l’album. A un moment donné, l’acteur principal a mentionné « les cycles sans fin de la douleur, de la joie, de l’extase et du désespoir ». J’ai trouvé ça super cool ! J’aimais ce côté rythmique : la douleur, la joie, l’extase, le désespoir. J’ai passé les 45 minutes restantes à essayer de m’en souvenir, vu qu’il ne m’était pas possible de sortir mon téléphone en plein théâtre. J’ai ensuite puis noter ces mots et réfléchir à un moyen d’y donner un sens. Pendant la phase d’écriture, j’ai été confronté à beaucoup de hauts et de bas. Nous avons été signés par un label : « c’est génial ! ». Puis quelqu’un est tombé gravement malade dans ma famille : « c’est horrible ! ». Puis nous avons pu jouer au Download UK. Et puis j’ai eu des problèmes de couple… Une succession de hauts et de bas, quoi. C’est ce que Pain. Joy. Ecstasy. Despair. représente pour moi : une sorte de cycle de vie émotionnel. Les choses peuvent être fantastiques puis elles peuvent devenir merdiques avant de redevenir fantastiques… Tu dois accepter que tu vis dans un chaos ambient et que tu ne sais pas ce qui t’attend au tournant.

 

Le titre de l’album a accompagné tout le process créatif ?

Ce n’était pas le titre initialement choisi pour l’album mais seulement un morceau de celui-ci. Au début, il n’était pas clairement déterminé qu’il soit le titre de l’album mais petit à petit, il est devenu évident qu’il le soit.

 

Et parmi ces quatre-là, souffrance, joie, extase et désespoir, lequel incarnes-tu le plus ?

Je pense qu’avec cet album, c’est probablement la souffrance.

 

Et c’est toujours le cas ?

Et bien, en ce moment, je m’éclate donc je dirais que c’est davantage la joie ! (rire)

 

Autre question concernant l’album : es-tu toujours concentré sur celui-ci ou ton esprit et ton humeur sont désormais tournés vers de prochaines étapes ?

Ryan (Hamilton – guitare) et moi avons commencé à écrire des morceaux pour le prochain album… Il est difficile de considérer un album dans sa globalité et de définir une vraie direction quand tu ne disposes que de deux morceaux. Mais ces deux morceaux que nous avons écrits, je suis vraiment à fond dedans. Ce sont les meilleurs trucs que nous ayons composés à ce jour. Donc, ouais, j’ai basculé vers la suite. Vu que notre album est prêt depuis un an, je l’ai tellement écouté pendant cette période… Normalement, je me lasse d’un album après deux mois. Alors, imagine-moi écouter ma propre voix pendant un an ! (rire) Donc, oui, je veux que nous nous dirigions vers le prochain album.

 

Si tu pouvais hériter d’une des qualités de ton père, sur laquelle ton choix se porterait-il ?

Celle d’avoir un fils comme moi (sourire).

 

Etre un musicien, un chanteur, a toujours été évident, dès le début ?

Non, pas du tout. Il y a deux ans, avant que les gars me proposent de rejoindre le groupe, je bossais pour Red Bull et j’étais donc destiné au monde de l’entreprise… Et puis je me dis dit « Allez, putain, il faut tenter le truc ! ». J’ai toujours joué de la guitare et essayé de monter des groupes mais sans que ça aboutisse à quelque chose de concret. J’écrivais de la musique comme passe-temps et non pas dans une optique professionnelle. Et puis les choses se sont bien goupillées et je me suis donné à fond pour que ça marche.

 

Cette longue tournée (5 semaines) avec Trivium est sur le point de s’achever. Comment ça s’est passé ?

Oui, il ne reste plus que 3 dates en incluant celle d’aujourd’hui. Ça s’est incroyablement bien passé. Les fans de Trivium ont été tellement accommodants avec nous. Nous avons des petits passages un peu rap etc., et nous ne pensions pas recevoir un accueil aussi bon de la part d’un public très metal/metalcore. Ça a été vraiment super. Nous avons joué à Milan – nous devons vraiment retourner jouer là-bas, en Espagne – un moment incroyable, en Suède – en Scandinavie, c’était génial dans sa globalité, etc. J’espère que nous allons pouvoir revenir mais aussi tout défoncer au Hellfest ! (rire)

 

Une telle tournée s’apparente davantage à du fun ou à un travail d’apprentissage ?

J’aimerais te dire qu’il n’a été question que d’apprentissage mais ça a été tellement fun que je ne sais pas vraiment ce que j’ai appris et ce que je n’ai pas appris… Par contre, j’ai appris pas mal en termes de jujitsu brésilien, ce qui est plutôt amusant. J’ai fait des combat avec Matt (Heafy – Trivium) car il avait son coach avec lui, un expert en arts martiaux. Donc nous avons fait quelques exercices. J’ai pu picoler et combattre avec André, le coach. Donc j’ai appris pas mal au niveau du jujitsu. Et j’ai également pas mal appris au niveau de ma voix.

 

La tournée était longue. Quelques petits bas enregistrés à certains moments ?

Non, non. Je pourrais aisément prolonger pour 6 semaines supplémentaires. Je n’ai jamais pris autant de plaisir qu’à cette occasion et je pense que c’est la même chose pour les autres gars. Il n’y a eu aucun point négatif enregistré sur la période

 

Tu l’as dit, la tournée est une réussite. Mais tu n’étais pas un peu inquiet avant de la démarrer ? La musique de Shvpes est très différente de celle de Trivium. Et puis les fans de Trivium sont globalement plus âgés que les vôtres…

Nous avons déjà joué devant un public de 3 personnes par le passé donc la perspective de donner des concerts n’est plus un truc qui nous effraie. Une fois que tu as joué des concerts de merde où personne ne se pointe, etc., tu sais que tu es capable de proposer une bonne prestation quel que soit l’accueil réservé par le public, et que ce dernier rassemble 3 ou 30.000 personnes.

 

Votre agenda est très rempli en termes de concerts en ce moment. C’est parce que c’est le moment de tourner autant que possible ? La priorité est davantage de tourner intensément plutôt que d’enregistre un nouvel album ?

En enregistrant le premier album, nous nous sommes dit que nous n’allions jamais arrêter de composer. Car beaucoup de groupes ratent leur deuxième album. Et ça, nous voulons l’éviter. Si nous continuons de composer, nous ne perdrons pas le fil. Une des raisons pour lesquelles des groupes ratent leur deuxième album est qu’ils adoptent une forme de complaisance. Ils s’éloignent de l’écriture et nt tout simplement comment s’y prendre. Ça ne nous arrivera pas. Je pense que le moment est venu pour nous de reprendre le collier et d’écrire dès la tournée achevée. Nous allons nous enfermer dans une baraque au milieu de nulle part, sans Internet, et allons commencer à composer. Le temps de la composition, c’est pour tout de suite.

 

Vous tournez principalement en tant que groupe de première partie. Comptez-vous entreprendre une tournée en tête d’affiche d’ici la sortie du deuxième album ? Même si ça implique de jouer dans des salles plus modestes…

Oui, complètement. Quand l’album est sorti, nous avons fait une tournée de 17 dates au Royaume-Uni en tant que headliner. J’aimerais vraiment tourner de nouveau au Royaume-Uni. Nous avons bâti des choses en tournant aux côtés de Trivium et nous allons continuer à persévérer en ce sens à l’occasion des festivals pendant tout l’été et puis par la suite, jusqu’à la fin de l’année. Bref, j’aimerais bien pouvoir effectuer une telle tournée, oui.

 

Mettons la musique de côté le temps d’une question. En tant que jeune Britannique, qu’est-ce que le Brexit représente pour toi ?

Argh ! Cette question est difficile ! (rire) Cette situation m’énerve. Je ne sais pas quels sont les développements en cours mais, faisant partie d’un groupe, les choses ne vont pas être facilitées. Cela va diviser les gens. Je n’ai pas de problème avec la présence d’étrangers dans mon putain de pays, pour moi ce n’est pas un problème. J’aime l’idée de pouvoir voyager librement en Europe. Ça craint mais c’est la démocratie : il me faut me mordre les lèvres et aller de l’avant.

 

Hellfest maintenant. Même question en fait : qu’est-ce que le Hellfest représente pour toi ?

Le Helfest représente… Avec le Rock Am Ring et le Download UK, je suppose qu’il s’agit des 3 poids-lourds. On peut sans doute y ajouter le Graspop. Je n’y suis jamais allé mais tous les gens que je connais qui s’y sont rendus disent à quel point ce festival est fantastique. Et c’est le festival où tout le monde dans le groupe dit «  La vache, nous jouons sur la Main Stage, en deuxième ! C’est quoi ce bordel ? Northlane joue avant nous ! Qu’est-ce qui s’est passé ?” Nous sommes tellement excités. C’est notre Everest cette année. Ça va être énorme. C’est incroyable : nous allons jouer avec Prophets Of Rage et Linkin Park. Dingue. Absolument dingue !

 

En tant que festivalier, quels concerts ne vous voudrais-tu pas manquer ?

Probablement celui de Shvpes ! (rire) Je pense que… Tu sais quoi ? J’adore chaque concert de While She Sleeps auquel j’assiste. Je n’ai jamais vu The Devil Wears Prada sur scène donc je les inclue dans ma liste avec While She Sleeps. Et probablement Prophets Of Rage. J’adore ce que chacun des membres fait individuellement mais je ne sais pas encore ce que ça peut donner sur le plan collectif. Donc je regarderai probablement leur concert.

 

Pour conclure, je te remercie de bien vouloir terminer cette phrase pour moi : « Je n’ai jamais raconté cette histoire et je ne devrais sans doute pas le faire mais… »

Oh, merde ! J’en ai une qui correspond exactement mais je vais la garder pour moi ! (rire) J’ai dormi une fois dans une cellule de prison en Australie. C’est plus insipide mais c’est probablement, parmi les deux anecdotes, celle que je préfère qui soit révélée (sourire).

 

 

Interview: Wombat.

Un grand merci à Roger (Replica).