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Interview exclusive – hellfest.fr: RAY BROWER [Ray Lawrence (chant)]

21 avril 2017

Ray Brower

« Vu que ça risque d’être la foule la plus importante devant laquelle nous ayons jamais joué, je pense que rien ne peut nous préparer à ce qui nous attend »

Ray Lawrence – 28 février 2017

 

 

HELLFEST 2016 : SUR LA DEEZER OPEN HELL STAGE

Comment avez-vous initialement appris l’existence de la compétition Deezer ?

Via un post Facebook émanant de la page Deezer. Nous avons postulé un ou deux jour avant la clôture des inscriptions.

 

Pas trop de stress sur place avant de se lancer dans la compétition ?

La situation était assez intimidante car nous n’avions jamais participé à un évènement d’une telle ampleur et nous ne savions pas vraiment où nous avions le droit d’aller mais aussi ce que nous étions autorisés à faire ou dire. Mais tout est devenu plus serein quand nous avons pu faire le point avec les gars de Deezer.

 

Vous êtes parvenus à profiter du festival malgré la pression qu’impliquait la compétition ?

Pour être honnête, nous n’avons pas ressenti la moindre pression. Nous avions la volonté de profiter du festival tel qu’il était, de jouer notre set et de considérer cette prestation comme une forme d’apprentissage. Et sans connaître l’issue finale, nous étions contents d’être parvenus à atteindre ce but. Nous étions juste reconnaissants d’avoir eu cette opportunité. Nous ne nous attendions pas à une telle conclusion à la fin du week-end.

 

Le festival était-il tel que vous l’imaginiez ?

Nous avons entrepris un voyage de 24 heures depuis l’Ecosse, avec la traversée de la Manche sur un ferry, avec l’espoir que le festival serait aussi bien que nous l’avions imaginé. Mais nos attentes ont été littéralement surpassées ! Le festival était tellement bien organisé, la musique était super, tout comme les gens sur place. Et tous les gens avec lesquels nous avons discuté ont eu des retours très positifs au sujet de notre musique. Vraiment, cette expérience n’aurait pas pu être meilleure.

 

Comment et où avez-vous appris que vous étiez les gagnants ?

Dans la mesure du possible, nous avons essayé d’assister aux concerts des groupes figurant sur la scène Open Hell et nous avons eu l’occasion d’échanger avec lesdits groupes ainsi qu’avec les gars de Deezer (ces derniers nous ont d’ailleurs payé des bières et nous comptons bien leur rendre la politesse cette année en leur amenant une bonne bouteille de whisky écossais). Une fois la prestation du dernier groupe en compétition achevée le dimanche, il nous a été demandé de nous rendre au bar VIP à 15h et de retrouver les représentants de Deezer pour connaître l’issue finale. Il nous a fallu attendre environ une heure avant de les rencontrer. Ce délai nous a semblé être l’heure la plus longue de notre vie. Pour nous passer les nerfs, nous avons bu quelques coups et nous sommes préparés à entendre une mauvaise nouvelle. Heureusement, Antoine (Deezer) est venu à notre rencontre et nous a appris la bonne nouvelle.

 

Quel sentiment a alors prédominé ? De la fierté, de la joie, du soulagement, du « trop bourré pour réaliser » ? Je suppose que vous avez célébré l’évènement comme il se devait ?

En fait, nous avions du mal à réaliser après avoir constaté le niveau des autres groupes en compétition. Nous étions complètement submergés par la joie. Nous avons tous passé des coups de fil à la maison et joint tous nos proches pour raconter la bonne nouvelle. Nous avons ressenti un sentiment de fierté incroyable en réalisant que ces 5 années de répétitions nocturnes, d’écriture et de concerts avaient valu chaque minute que nous y avions consacrée : par ce biais, la qualité de notre musique était reconnue. Nous avions un long trajet pour rentrer à la maison cette nuit-là donc les gens qui pouvaient faire la fête ont célébrer l’occasion comme il se devait. Nous avons été invités par Deezer à assister au concert de Black Sabbath depuis la terrasse du bar VIP. Ce moment était juste irréel pour nous : nous surplombions des milliers de gens, avec l’élite du Hellfest tout en assistant à la prestation du plus iconique groupe de rock et de metal. C’était la fantastique conclusion d’un incroyable week-end. A ce moment précis, nous avions l’impression d’être des rock stars.

 

ET DEPUIS ?

Vous avez un super évènement à venir maintenant. Mais le quotidien s’en trouve-t-il vraiment impacté depuis le gain de cette compétition ? Un peu plus de couverture médiatique et de public à vos concerts, peut-être ?

La vie quotidienne n’a pas changé – nous continuons d’aller au boulot tous les jours et vivons la vie qui était déjà la nôtre à l’époque. Pour ce qui est de la couverture médiatique accrue, c’est surtout nous qui l’avons assurée en essayant de communiquer un maximum sur l’importance que cette opportunité représente à nos yeux (et pour tout groupe de notre niveau, en fait). Depuis, il y a clairement plus de monde qui fréquente nos concerts et nous espérons que la tendance se confirmera jusqu’au Hellfest puis au-delà.

 

J’ai toujours eu l’impression que la presse metal/rock britannique n’était pas d’un grand soutien pour les groupes locaux. C’est juste une impression ?

Nous n’avons eu que peu, voire aucun rapport avec la presse rock et metal au Royaume-Uni. Nous nous demandons quelquefois ce que nous devrions faire pour obtenir de la reconnaissance dans notre pays. Toutefois, des médias locaux, ici à Aberdeen nous ont porté un peu d’intérêt. Nous avons également répondu à une interview pour un média allemand Legacy Magazine. Nous espérons que, d’ici notre participation au Hellfest, la presse britannique n’aura pas de raison d’ignorer qui est Ray Brower.

 

Quels sont les projets actuels du groupe ? J’ai vu que vous aviez quelques dates en Ecosse et de la nouveauté avec un nouveau morceau en ligne « First Fifteen Minutes »

Notre projet est de poursuivre l’écriture de nouveaux morceaux pour de futurs enregistrements, cette année et plus tard. L’enregistrement de « First Fifteen Minutes » est en fait une version remaniée d’un morceau déjà existant. Nous avons procédé de la sorte en raison de notre changement de line-up et pour illustrer le changement de notre son et ce vers quoi nous allons tendre.

 

Vous avez un nouveau line-up, effectivement. Pourquoi ce choix de James comme nouveau guitariste ?

Nous avions déjà vu James évoluer au sein d’autres groupes, et même à côté de certains d’entre-nous, par le passé. Nous pensions que son style était en adéquation avec le nôtre. Et, dès notre premier jam, nous avons compris qu’il aurait la motivation et la compréhension de ce que Ray Brower représentait à nos yeux et donc qu’il était celui dont nous avions besoin.

 

Comment décrirais-tu la musique de Ray Brower ? Il est souvent question de “heavy music”, “metalcore”, “hardcore” ou juste de “metal”… Et si je devais te comparer à un groupe, quel nom te ferait-il plaisir que je mentionne ?

Cette question nous est très régulièrement posée et, en toute honnêteté, nous n’arrivons pas nous même à nous cataloguer dans un genre. Je suppose que nous sommes fortement influencés par la vague de nu-metal du début des années 2000 et que nous y avons ajouté notre propre déformation hardcore. Je dirais, une sorte de rencontre entre Rage Against The Machine et Machine Head. Des influences et approches variées viennent se mélanger et ce qui en ressort nous représente. Nous ne sommes limités que par notre propre imagination et notre créativité.

 

Quelle est la devise de Ray Brower ? Qu’est-ce que le groupe essaie d’exprimer au-delà de sa musique ?

Parler avec sincérité et agir avec courage ! Aussi mauvais que semble être le contexte, ce sont les gens qui t’entourent et les situations que tu crées qui feront la différente. Aucun d’entre nous n’est issu d’un environnement privilégié, loin de là, mais nous aimons penser que nous avons exploité au mieux notre potentiel et que nous ayons déjà réussi à aller loin.

 

HELLFEST 2017… SUR LA MAINSTAGE 2

Ce concert du Hellfest va être le plus gros concert de votre vie à ce jour. Comment vous y préparez-vous ?

Nous allons procéd2 comme nous l’avons fait jusqu’à présent. A savoir répéter sans relâche et donner quelques concerts en guise d’échauffement avant le jour J, histoire de nous mettre dans le bon état d’esprit. Vu que ça risque d’être la foule la plus importante devant laquelle nous ayons jamais joué, je pense que rien ne peut nous préparer à ce qui nous attend.

 

Plannifiez-vous de rester pendant les trois jours de l’édition 2017 ? Qu’est-ce qui est sur votre agenda hormis votre set ? De la promo ? De la picole ? Regarder autant de groupes que possible? Prendre des selfies avec des centaines de musiciens ?

Tout ça ! Nous avons prévu d’y rester tout le week-end et de profiter de tout ce que le Hellfest a à offrir et éventuellement rencontrer en personne certains de nos héros. En espérant ne pas trop se ridiculiser mais si tout le monde apprécie de voir un Ecossais bourré.

 

A quoi le public doit-il s’attendre concernant Ray Brower ?

Nous impliquons une intensité immesurable à l’occasion de nos concerts mais au Hellfest, il nous faudra pousser le curseur encore plus haut. Nous ne sommes pas un groupe qui se focalise sur les lights et autres gimmicks : c’est la musique qui importe pour nous ainsi que faire en sorte que chacun se souvienne qui nous sommes. Nous allons démontrer pourquoi nous avons gagné notre place sur la Main Stage.

 

Le line-up est à votre goût ? Quel est votre top 3 ?

Il y a clairement de quoi contenter tout le monde avec l’affiche de cette année. Chacun d’entre nous a son propre top 3 :

. Ray (Lawrencechant) : Primus, The Devil Wears Prada, Alestorm.

. Gordon (Wilson batterie) : Alter Bridge, Ill Nino, Skindred.

. Jon (Park – basse) : Steel Panther, Five Finger Death Punch, Northlane.

. James (Dron – guitare) : Slayer, Autopsy, Decapitated

 

J’ai une question vache pour conclure. Je te laisse terminer cette phrase pour moi : « Je n’ai jamais raconté cette histoire et je ne devrais sans doute pas le faire mais… »

Je n’ai jamais raconté cette histoire et je ne devrais sans doute pas le faire mais… Nous quatre (avec notre précédent guitariste) voyageons jusqu’à Glasgow, soit environ 150 miles (240 kilomètres) de chez nous pour voir un concert de Machine Head. Sur place, la bière commence à bien couler pour deux d’entre nous, ce qui n’est pas un problème en soi car nous devons passer la nuit sur place pour pouvoir voir Parkway Drive le lendemain. Les deux autres doivent se partager la conduite pour le retour : l’un reste complètement sobre avec la perspective de conduire alors que l’autre choisit d’en boire « une ou deux ». Dans la salle, il est possible d’acheter des pichets de 3 pintes, ce qui permet d’éviter de multiplier les allers et retours au bar. Du coup, nous nous retrouvons avec une quantité abondante de bière à nous partager à trois. Une fois le set – fulgurant – de Machine Head achevé, monsieur « une ou deux » nous dit qu’il nous retrouve à l’extérieur. Nous finissons donc de boire notre tournée et nous dirigeons vers la sortie… Et là, devine : pas de « une ou deux » à l’horizon. Comme tu peux l’imaginer, quand une salle se vide, ça représente des milliers de personnes. Nous décidons de traîner dans le coin, histoire de le retrouver. En pure perte, car il reste introuvable. Et ce n’est pas plus mal car Machine Head finit par sortir de la salle et nous pouvons ainsi discuter avec eux, prendre des photos, etc. Après plusieurs heures d’attente (nous sommes des gars sympas), nous décidons qu’il est suffisamment grand pour s’occuper lui-même. Les deux qui restent sur place continuent de boire des bières avant de rentrer à l’hôtel pendant que le troisième reprend la route en solitaire. Le lendemain, nous recevons des appels de la famille de « une ou deux », inquiète de ne pas avoir de ses nouvelles. La dernière fois que nous l’avons vu, il venait de descendre cul-sec un pichet et était en train de se frotter à la foule, torse nu. Nous allons voir Parkway Drive – superbe – et rentrons à la maison le lendemain. Tu te demandes ce qui est arrivé à monsieur « une ou deux » ? Comme tu peux l’imaginer, en sortant de la salle, il a pris la mauvaise direction vers un quartier pas très sympa de Glasgow. Des policiers l’ont trouvé sur un pas de porte où il avait probablement décidé de s’établir pour la nuit. A-t-il accepté leur aide et quitté les lieux calmement ? Bien-sûr que non ! Il a agressé un des deux policiers, lesquels l’ont placé en cellule pour la durée du week-end. Nous sommes restés discrets sur cette histoire depuis un bail mais je pense que c’est l’occasion parfaite pour la partager. Haha !

 

Interview: Wombat.