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Interview exclusive – hellfest.fr : PRETTY MAIDS [Ken Hammer (guitare)]

7 avril 2017

 

prettymaids

« C’est génial de jouer dans les festivals : tu as l’opportunité de te produire devant plein de gens qui n’avaient pour certains jamais entendu parler de toi avant »

Ken Hammer – le 3 février 2017

 

 

Quel morceau de musique as-tu écouté avant de répondre à cette interview ?

Haha ! Je viens juste d’écouter « Highway Star » de Deep Purple tout en regardant un film comique.

 

Les différentes chroniques relatives à Kingmaker (2016) sont très bonnes. T’attendais-tu à un retour aussi unanime ?

Hum… Disons que c’est ce que j’espérais car je trouve personnellement que c’est un super album. Bien évidemment, tu ne peux pas forcément t’attendre que tout le monde ait la même opinion. Mais je suis vraiment heureux de la façon dont le public l’apprécie.

 

Pandemonium (2010), Motherland (2013) and Kingmaker peuvent-ils être appréhendés comme un package complet ? Je trouve qu’il s’en dégage une sorte de cohérence et de complémentarité. D’une certaine façon, est-ce que ces 3 albums remettent clairement Pretty Maids dans le jeu après des années plus discrètes ?

Beaucoup de gens se sont exprimés en ce sens même si ce n’a jamais été notre intention de procéder de la sorte. Peut-être est-ce dû à un son relativement similaire du fait du recours à un même producteur (Jacob Hansen) pour ces trois albums ? Ceci étant dit, j’ai toujours pensé que c’était la façon dont Pretty Maids devait toujours sonner.

 

Il me semble que votre succès actuel s’explique par votre capacité à adopter une approche moderne en termes de heavy metal mélodique, tout en conservant vos racines. Vous aviez cet objectif à l’esprit durant l’enregistrement de vos précédents albums ?

Très franchement, nous n’avons jamais raisonné de cette façon. Nous avons toujours composé en fonction de notre état d’esprit du moment. Mais bien-sûr, vu que nous écoutons en parallèle beaucoup de groupes contemporains, il est possible que ceci ait eu un impact sur les chansons que nous écrivons aujourd’hui.

 

Sortir des albums au rythme qui est le vôtre est assez courageux. Avec un tel catalogue, vous pourriez aisément vous reposer sur vos vieux titres pour facilement satisfaire le public : moins de boulot et des salles pleines, tout en continuant à prendre du bon temps. Pourquoi ce choix d’opter pour un chemin plus compliqué et dangereux ?

Haha ! Parce ce que depuis nos débuts, nous souhaitions par-dessus tout écrire une musique qui soit la nôtre, qui nous corresponde. Et étant donné que nous parvenons à produire de nouvelles idées, et que ces dernières nous plaisent, il y a un vrai sens à continuer à enregistrer de nouveaux albums.

 

2017 marque les 30 ans de Future World: ça pourrait être l’occasion de les célébrer, non ? Comme jouer l’album live dans son intégralité : c’est clairement à la mode actuellement et c’est une sorte de ticket gagnant-gagnant pour les groupes et les fans.

Nous avons effectivement abordé le sujet entre nous mais jusque-là, rien n’est planifié en ce sens.

 

La carrière de Pretty Maids n’a pas forcément pris la tournure attendue après la sortie de Jump The Gun (1990). C’est probablement la conjonction de plusieurs facteurs mais y a-t-il une raison majeure qui puisse l’expliquer ? Est-la faute de Kurt Cobain et de ses potes ? Tu as des regrets, au fait ?

Haha ! Si c’était aussi simple que ça… Non, nous n’accusons personne en fait. Et puis je trouve que l’album de Nirvana (Nevermind) est fantastique ! Je pense que nous n’avons juste pas été chanceux : si cet album était sorti deux ans plus tôt, tout se serait bien passé. Enfin… Peut-être ! Haha !

 

Ronnie (Atkins – chant) mentionne souvent que toi et lui sont « les vieux croûtons dans le groupe”… Les vieux croûtons se plaignent souvent en général. J’imagine donc que tu dois penser que « c’était mieux avant » quand tu jettes un œil à la situation présente de l’industrie musicale. Comment gardes-tu le moral malgré tout ?

Déjà, je trouve que c’est Ronnie qui est le vieux crouton au sein de groupe ! Haha ! Plus sérieusement, oui, nous avons conscience que les ventes d’albums ne sont plus ce qu’elles étaient. C’est d’autant plus dommage que cela signifie que les labels sont beaucoup plus frileux dès lors qu’il est question de donner sa chance à de jeunes groupes. Mais Pretty Maids dispose d’une plutôt bonne réputation live donc nous pouvons survivre malgré cet environnement moins favorable.

 

Mais un jour, l’aventure de Pretty Maids devra malheureusement prendre fin. Quelle épitaphe sera adéquate pour le groupe ?

Je suppose que nous devrons mettre un terme à notre histoire à un moment donné mais pour le moment, nous continuer à aller dans l’autre direction ! Haha !

 

J’ai récemment lu que le « hygge » (une forme de philosophie reposant sur l’optimisme) avait une large influence au Danemark. Personnellement, ce concept a-t-il une influence fondamentale chez toi ?

Je le pense vraiment. Cela signifie également que toutes les choses ne doivent pas être prises trop sérieusement. Il faut prendre le temps de se relaxer, de prendre conscience de son environnement et de profiter un peu de la vie.

 

Je suis un gros fan de séries danoises (Forbrydelsen, Borgen, Bron, Legacy, 1864, Unit One…). Partages-tu mes goûts ? Comment expliques-tu que les Danois soient particulièrement bons sur ce sujet ?

Haha ! Oui, je les apprécie également mais aucune idée qui puisse expliquer pourquoi les acteurs Danois soient meilleurs que les autres !

 

Les festivals prennent de plus en plus d’ampleur et sont de plus en plus nombreux. Représentent-ils davantage une menace ou une opportunité pour les groupes ? Certains disent qu’ils tuent les tournées, d’autres qu’ils permettent à des groupes devant un public plus imposant…

Hum… Je n’ai jamais considéré le sujet sous cet angle… Pourquoi les festivals détruiraient-ils les tournées ? C’est génial de jouer dans les festivals : tu as l’opportunité de te produire devant plein de gens qui n’avaient pour certains jamais entendu parler de toi avant. Et c’est aussi l’occasion de revoir plein de potes !

 

Pretty Maids jouera au Hellfest en juin prochain. Ce sera votre deuxième participation, après un premier passage en 2010. Gardes-tu des souvenirs de ce premier passage ?

Oui, c’était assez effrayant. Le festival est tellement grand. C’est un festival fantastique et nous avons vraiment hâte de nous y produire.

 

Je suppose que tu as déjà dû jeter un œil à la programmation 2017. Est-elle à ton goût ? Y a-t-il des groupes dont tu attends particulièrement le set ?

Je veux bien entendu voir à la fois Depp Purple et Aerosmith et nous devrions pouvoir le faire. Et j’aimerais également pouvoir voir mes potes d’In Flames.

 

Aerosmith et Deep Purple feront alors leur tournée d’adieu. Quels sont tes morceaux préférés d’Aerosmith et de Deep Purple ?

Pour Aerosmith : « Dream On ». Et pour Deep Purple : “Highway Star”.

 

 

Interview : Wombat.

Un grand merci à Elodie (Him Media).