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Interview exclusive – hellfest.fr : CHELSEA GRIN [Alex Koehler (chant)]

5 mai 2017

Chelsea Grin

« Nous sommes plutôt des mecs assez faciles à vire. Peut-être un petit peu décalés sur le plan social. Nous sommes un groupe de mecs un peu idiots qui aiment composer de la musique heavy ! »

Alex Koehler – Le Petit Bain, Paris – 11 février 2017

 

 

Comment se déroule la tournée jusqu’à présent ?

Elle se passe super bien, en fait. Elle se passe mieux que je l’avais imaginé donc c’est cool.

 

Quelles étaient tes attentes initiales ?

Ce n’est pas que je m’attendais à ce que ça ne se passe pas bien. C’est juste que nous avons beaucoup tourné en Europe par le passé mais sans que cela permette de créer le déclic qui nous fasse passer à un niveau supérieur en termes de notoriété sur le sol européen. J’ai l’impression que cette tournée est en train de nous le permettre. C’est vraiment super.

 

Y a-t-il un peu de pression supplémentaire ce soir, étant donné que les gars de Betraying The Martyrs jouent à domicile ce soir ?

Pas vraiment. Et si c’est le cas, sache que nous utiliserons cet élément de contexte pour encore plus casser la baraque ! (rire)

 

Cette tournée est assez longue. Genre 5 semaines au cœur d’un hiver froid. Comment t’adaptes-tu personnellement pour endurer les conditions ?

Nous avons pris l’habitude de tourner en Europe à cette période de l’année donc la situation nous est clairement familière. A mon niveau, en tant que chanteur, le mieux est de faire en sorte de me coucher tôt et ainsi accorder du repos à ma voix. C’est une sorte de routine pour moi.

 

Tourner en Europe et tourner au States sont deux choses très différentes pour toi ?

Oui, clairement ! L’ambiance est très différente en Europe et ce constat n’est pas négatif. C’est assez difficile à décrire, en fait. Dans certains endroits, en Europe, le public va préférer être plus spectateur et profiter du show à distance plutôt que de péter un plomb. Alors qu’aux States, dans la plupart, les gens deviennent juste dingues. C’est juste différent.

 

Tu te sens moins dans une zone de confort quand tu joues en Europe ?

Ouais. Le truc le plus marrant, c’est que les gens ne comprennent pas toujours ce que je dis quand je m’adresse à eux. C’est accentué avec le micro, si tu vois ce que je veux dire. Donc au final, quand je parle en anglais au public, ce dernier ne comprend pas toujours. Mais je suppose que la majorité y arrive quand même. Du moins, ce qui compte vraiment est compris ! (rire)

 

Un show dans un festival et un show dans un club, tu les conçois de la même manière ?

Dans le cadre d’un festival, tu es confronté à beaucoup de gens qui n’ont jamais entendu parler de toi et tu peux ainsi capter de nouveaux fans à cette occasion. Quand il s’agit d’une tournée des clubs, le public est principalement composé de gens qui te connaissent déjà et qui sont déjà prêts à suivre le mouvement.

 

Self-Inflicted (juillet 2016) est sorti depuis un bail maintenant. Tu en es toujours complètement satisfait ?

Je pense que Self-Inflicted nous a permis de crever l’écran, notamment en raison de son caractère vraiment heavy et de son approche très directe. Quand nous avons enclenché la phase d’écriture, nous avions en tête de proposer des morceaux qui soient taillés pour le live, tu vois ce que je veux dire ? « A ce moment-là, le public va réagir comme ceci puis il va jumper ici puis mosher là, etc ». Et puis il faut avouer qu’on prend un sacré panard à jouer les morceaux ! (rire)

Cet album est une sorte de retour à une brutalité old-school, non ?

Nous avons engagé pas mal d’expérimentations avec les albums précédents. Et cet album s’inscrit davantage dans une démarche de retour à nos racines, disons-le clairement. Et puis aussi dans un but de proposer le truc le plus heavy que nous soyons en mesure de faire.

 

Procéder de la sorte était plus un souhait ou un besoin ?

Un petit peu des deux. Comme je l’ai dit plus tôt, j’ai toujours adoré écrire la musique la plus heavy qui soit. Et je sentais aussi que c’est ce que les fans voulaient également. Donc disons que c’est un souhait et un besoin, en fait.

 

Vous avez également signé chez Rise Records pour ce album. C’était le bon moment pour prendre la bonne décision ?

Signer chez Rise Records fut génial car nous avons été tellement bien traités. Ce n’est pas un label qui exerce de la pression pour que tu écrives un type de musique très calibré, si tu vois ce que je veux dire ? Au moment de la signature, ils ne nous ont pas dit « Hey, il faut que vous écriviez des morceaux comme ceci ». Ils nous ont octroyé une totale liberté sur le plan créatif. Jusque-là, c’est vraiment super et nous avons l’impression d’être considérés comme de la famille. Donc nous aimons ça.

 

Le groupe vit de sa musique ?

Ouais, ouais… Bon, nous ne sommes pas des millionnaires, loin de là, mais ce que nous gagnons est suffisant pour payer nos factures.

 

Et si tu n’étais pas devenu un musicien, quel aurait pu être ton métier ?

Oh, mec… C’est une bonne question. Je joue dans ce groupe depuis que je suis au lycée donc ça commence à faire un bail que je m’y consacre. C’est tellement en moi que je ne sais pas ce que j’aurais pu faire à part écrire ce type de musique… Probablement un truc nul ! (rire)

 

Pourquoi avoir opté pour un tel nom pour le groupe ?

C’est juste un de ces moments où une petite ampoule s’allume au-dessus de ta tête, tu sais ? A nos débuts, nous nous appelions Ahaziah. Mais le groupe n’était pas un projet d’envergure à proprement parler. Puis nous avons décidé d’améliorer notre musique et de devenir un groupe sérieux. Nous voulions changer de nom pour marquer le coup et Chelsea Grin a fait partie d’un de ces noms qui te font dire : « C’est celui-là ! ». Quand tu l’entends, tu sais que c’est le bon, tu vois ?

 

Aucun intérêt vis-à-vis de l’équipe de foot londonienne donc ?

Pablo (Viveros – batterie) s’y intéresse beaucoup. A titre personnel, je suis un gros fan de Batman et le fait que le Joker soit affublé d’un Chelsea Grin a clairement eu une grosse influence sur mon choix.

 

Le groupe est basé à Salt Lake City. La scène locale y est-elle très active ?

Ouais, la scène de Salt Lake City est très bonne. Je suppose que ça doit paraître surprenant car l’état de l’Utah est surtout connu pour sa population mormone.

 

Qu’est-ce qui t’as initialement attiré dans la musique heavy ?

Je ne sais pas. C’est juste un de ces trucs qui date de ma jeunesse.  J’avais été saisi par son intensité. Ce genre de musique a vraiment capté mon attention et j’ai adoré. Du coup, j’ai voulu aussi écrire des morceaux dans cette veine. Un des moments les plus marquants pour moi est la première fois que j’ai entendu Mitch Lucker (chanteur de Suicide Silence, décédé accidentellement en 2012) pour la toute première fois. C’était la première fois que j’entendais un chanteur capable de monter si haut dans les aigus et de descendre si bas dans les graves. Je suis complètement tombé sous le charme : « Voilà, c’est ça que je veux faire !” (rire)

 

Quelles sont les qualités à détenir pour faire partie de Chelsea Grin ?

Oh, mec… Nous nous n’avons pas vraiment d’exigences pour ce faire. Nous sommes plutôt des mecs assez faciles à vire. Peut-être un petit peu décalés sur le plan social. Nous sommes un groupe de mecs un peu idiots qui aiment composer de la musique heavy ! (rire)

 

Tu étais à peine un adulte à la sortie du premier EP du groupe [Chelsea Grin ( 2008)]. Avec le recul des années, es-tu toujours à l’aise par rapport à la musique et aux paroles des premiers jours ?

Ouais, ouais… Je n’ai jamais rien regretté vis-à-vis de ce que j’ai pu écrire à un moment ou un autre. J’ai surtout l’impression que nous vivons une époque où tout est soumis à un jugement… Notre premier EP traitait beaucoup de la mutilation, des nanas. Tout simplement parce que mes groupes préférés écrivaient des morceaux sur ces mêmes sujets, tu vois ce que je veux dire ? Avec les derniers albums, et surtout avec le tout dernier, je me concentre davantage sur des sujets ayant trait à des expériences personnelles, des trucs plus intimes, quoi. Il y a beaucoup plus d’émotion impliquée dans le process.

 

Tu vas jouer au Hellfest dans quelques mois. Quelques groupes sont à ne pas manquer ?

Linkin Park est un des groupes les plus dingues que j’ai vus sur scène. Ils sont à tomber par terre tellement ils sont bons. Pour ce qui est des groupes plus heavy, assister à un concert de Behemoth est toujours un plaisir. Et puis il y a Slayer aussi.

 

Y a-t-il une chanson écrite par quelqu’un d’autre que tu aimerais avoir composé toi-même ?

Un de mes morceaux préférés est “My Plague” de Slipknot.

 

En guise de conclusion, je te laisse terminer cette phrase “Je n’ai jamais raconté cette histoire et je ne devrais sans doute pas le faire mais…”

Elle implique beaucoup de sperme ! (rire)

 

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Un grand merci à Jeroen (TM) et Marco (Avocado Booking)