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Interview exclusive – hellfest.fr : AVATAR [Johannes Eckerström (chant)]

17 février 2017

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«Je me souviens lorsque nous avons joué à Paris il y a deux ans, les gens dans la salle hurlaient entre les morceaux : Hellfest !!! Hellfest !!! »

-Johannes Eckerström  – Le Trabendo, Paris – 05 Décembre 2016

 

 

J’ai le sentiment qu’Avatar a vraiment eu le coup de foudre pour la France il y a un peu plus de deux ans aujourd’hui. Comment expliques-tu cela ?

Nous avons joué chez vous plusieurs fois bien avant. En effet, nous nous sommes produits en France plusieurs fois par le passé. Nous sommes venus jouer à Paris avec Evergrey par exemple. Je pense d’ailleurs qu’il s’agissait alors de notre toute première fois. C’était il y a un bon bout de temps ! Nous avons également tourné avec Obituary il y a très longtemps également. En fait, je pense qu’il y a eu un vrai tournant décisif en France lorsque nous avons ouvert pour Avenged Sevenfold ici, au Zénith de Paris. Je pense que c’est à ce moment que notre relation particulière avec le public français a démarré. Ces choses sont difficiles à expliquer… Comment établis-tu une relation avec le public d’un pays en particulier ? Parce que la France est définitivement l’un de ces pays avec lesquels nous sommes effectivement particulièrement bien connectés. C’est génial parce que, sur le plan personnel, j’apprécie beaucoup la France. Nous nous sommes baladés dans Paris. Hier, nous sommes allés au cimetière du Père-Lachaise pour rendre visite à Jim Morrison bien sûr. Mais aussi à Jean De La Fontaine. Je lui ai adressé tout mon respect et levé mon chapeau.

 

Il y a deux ans, vous avez rempli la Flèche d’or à Paris qui est une salle qui peut contenir jusqu’à 500 personnes. Ce soir, au Trabendo, le concert affiche complet dans une salle qui en contient 700. Et ce n’est pas tout car votre concert de Lyon était complet également et vous jouerez à Strasbourg demain. Donc, la prochaine fois, vous jouerez au Zénith en tête d’affiche ?

Ouais ! Ce serait super ! On verra bien comment ça va se passer maintenant et où cela va nous mener. Ce que je veux dire, c’est que tout cela est en nous : nous n’appliquons pas de formule magique ! Le succès nous sourit lorsque nous ne nous soucions pas du monde qui nous entoure alors que nous écrivons notre musique. Donc nous continuerons de ne pas nous soucier de notre entourage, mais peut être que cela nous mènera un de ces jours vers la catastrophe ! (rires) Mais tu sais, aujourd’hui, nous ne nous préoccupons pas du reste : nous sommes heureux de notre sort et profitons de chaque instant comme il se doit, en faisant notre boulot du mieux que nous le pouvons.

 

Votre tournée actuelle est dédiée à promouvoir votre dernier album, Feathers and Flesh. En tant qu’album concept, n’est-il pas compliqué d’en interpréter des extraits sur scène ?

Il était très important pour nous de ne pas oublier et ne pas perdre de vue les principes essentiels dans la réalisation d’un album, bien que nous ayons pris la décision de réaliser un album-concept. Il était donc très important pour nous d’être motivés par la musique d’abord : c’était une vraie priorité pour nous. Ce qui fait que chaque chanson peut être considérée à titre individuel. Ce qui veut dire que si la chanson numéro 4 est bonne, ce n’est pas parce qu’elle est liée à la chanson numéro 3. Tu vois ce que je veux dire ? Donc, cela n’a pas été compliqué d’insérer les morceaux issus de notre dernier album aux setlists de nos concerts. D’ailleurs, je tiens à souligner que les moments les plus épiques de cette tournée, chaque soir, se produisent pendant la chanson «Eagle Has Landed» et «Night Never Ending». Les gens chantent avec nous sur ces morceaux, ils connaissent parfaitement les paroles, et c’est génial… Un putain de truc de dingue !

 

Vous allez terminer cette tournée dans votre ville natale, Göteborg, en Suède. Est-ce important pour vous ?

Ouais, c’est super sympa ! Mais je ne me souviens plus si nous avons réellement décidé de positionner cette date en clôture de tournée…Je me demande si ce n’est pas juste parce que notre compagnie de bus se trouve à proximité : c’était vraiment pratique de terminer avec cette date (sourire). Mais tu sais, nous ne réfléchissons pas en nous disant «Hey les gars, on va finir par Göteborg et on va donner le meilleur show qu’on n’ait jamais donné !». En fait, de nos jours, tous les concerts que nous donnons sont pour nous considérés comme devant être les meilleurs à chaque fois ! D’une certaine façon, la date de Göteborg sera donc une date comme une autre. Ça sera juste un peu plus «fun» parce que nous aurons beaucoup d’amis dans la salle. Maman sera présente également, donc ce sera légèrement différent sur le plan personnel. Mais pour ce qui est du concert lui-même ? Bah, il n’y aura aucune différence avec les autres. Il en va de même pour ce soir : j’ai des amis qui habitent Paris et qui vont passer nous voir ce soir, donc nous allons bien nous amuser tous ensemble !

 

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Quels seront vos principaux projets après cette tournée européenne ?

Nous allons faire une petite pause, et tout de suite après le nouvel an, nous allons enregistrer une nouvelle vidéo. Ensuite nous partirons jouer sur cette croisière, tu sais, le ShipRocked qui partira de Miami. Je pense qu’Avatar se serait mieux inscrit sur l’affiche du 70000 Tons Of Metal, mais ce sera sympa quand même ! C’est quand même hyper sympa d’aller se balader aux Bahamas au mois de janvier, je ne m’en plains pas du tout ! (rires). Et après cela, nous réfléchirons à la programmation d’une nouvelle tournée. Et puis il sera également temps pour nous de réfléchir à ce que nous voudrons faire musicalement, à ce que sera donc notre prochaine étape artistique. Car même si notre dernier album a l’air d’être récent, il a été enregistré il y a plus d’un an maintenant, donc il fait déjà partie du passé quelque part… Et nous pensons tous à l’avenir !

 

As-tu le temps d’écrire des chansons lorsque tu es en tournée ?

Oui, cela m’arrive. Mais c’est quelque chose que nous ne nous imposons pas. Si ça arrive, tant mieux. Tu sais, tu essayes toujours de capturer l’inspiration dans l’instant où elle te vient. Mais ce genre de processus demande un autre environnement, en tous cas en ce qui me concerne. En tournée, ton cerveau ne focalise que sur les concerts afin de toujours donner le meilleur de toi-même. Cela implique que tout tourne autour de cela lorsque tu es en tournée. Bien-sûr, tu peux t’autoriser une partie de plaisir pendant la tournée, mais bien souvent le travail reprend vite le dessus. Et puis tu as aussi tout le quotidien à gérer… Pour ma part, je préfère écrire de la musique lorsque je suis chez moi, de sorte que je puisse m’isoler un peu afin d’avoir un environnement propice au calme.

 

Lorsque vous reviendrez en France l’année prochaine, ce sera pour vous produire au Hellfest, et ce sera une grande première pour vous. Que sais-tu de ce festival ?

Je sais que… Et bien… Je me souviens de la première fois où j’en ai entendu parler… c’était il y a un an, parce que tout le monde était là, dans le sens où tous les groupes que j’aime s’y sont produits par le passé ! Je veux parler de Opeth, Katatonia, Pain Of Salvation, Anathema…Et Black Sabbath ! C’était juste incroyable de voir tous ces noms sur une seule et même affiche. Et puis, je connais des gens qui y sont allés. John (Alfredsson), notre batteur, a travaillé là-bas en tant que tour manager par exemple, et il a adoré le festival ! Il nous a parlé de ce sentiment si spécial que tu ne peux trouver qu’au Hellfest uniquement, cette atmosphère si particulière. Donc nous avons déjà un ressenti concernant ce festival. Tu sais, en Suède, nous avons le festival Sweden Rock qui est très important là-bas. Mais on n’y trouve pas forcément cette touche française qui vous est propre ! Je me souviens lorsque nous avons joué à Paris il y a deux ans, les gens dans la salle hurlaient entre les morceaux «Hellfest !!! Hellfest !!!». Ils voulaient nous voir jouer au Hellfest, donc ça va être un vrai plaisir de nous y produire et d’y retrouver nos fans français.

 

Veux-tu nous dire ce que tu penses de l’affiche de l’année prochaine ?

Oh oui ! J’y ai encore jeté un coup d’œil aujourd’hui. Je peux te dire que je suis un énorme fan de Devin Townsend, et ils joueront juste après nous, sur la même scène, ce qui est parfait ! Emperor ! Je suis très excité à l’idée de les voir ! J’aimerais bien revoir Opeth aussi bien sûr. Et je n’ai jamais vu Autopsy, donc j’aimerais bien les voir également. Obituary, nous avons déjà tourné ensemble : ils sont géniaux ! Je suis un énorme fan de Behemoth également… Soilwork est toujours bon en concert… Pain Of Salvation, je ne les ai jamais vu… Cryptopsy bien sûr, Turisas aussi… Donc je devrais rester les trois jours pour tout voir !!! C’est là le problème, car j’aurais peut-être la chance d’en voir un ou deux dans la liste… En tous cas, Emperor et Devin Townsend sont mes top priorités. Et Cryptopsy… Et… (rires). J’admire ce groupe pour sa musique si extrême, mais avec un groove si personnel. C’est vraiment un très grand groupe !

 

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Personne ne peut classer votre musique dans un seul et unique registre musical. Quelles sont vos principales influences musicales ?

Je peux difficilement répondre à cette question, car nos influences se trouvent dans tellement de choses à la fois.  Notre principal objectif est de créer du bon metal, mais la plupart des choses qui nous inspirent ne vient pas de la musique metal. Par exemple, dans Feathers and Flesh, je parle beaucoup des Beatles, de Queen et de Pink Floyd. Principalement de Queen et des Beatles, parce que ces groupes ont tellement diversifié leurs approches musicales et ont emprunté de nombreuses orientations diverses et variées. Prenons par exemple le White Album des Beatles : c’est très compliqué de le définir et de choisir un style musical particulier pour le qualifier. Si tu écoutes la chanson «Blackbird», tu ne peux pas deviner à l’avance que tu vas entendre. Ou quelque chose comme «Ob-La-Di, Ob-La-Da»… ou alors «Back in the USSR». Mais toutes ces chansons ont pourtant un point commun : malgré leur variété, elles sonnent comme les Beatles, et rien d’autre ! Elles ne sonnent pas comme des chansons des Beach Boys tu sais. Cela vient de leurs voix, leur style de jeu est unique. De même, Judas Priest est devenu de plus en plus influent chez moi, principalement en termes de groove. Et aussi parce que j’aime de plus en plus ce groupe et que j’en deviens de plus en plus fan. Je suis également un très grand fan de Blind Guardian et de Helloween… Rammstein aussi… Et Black Sabbath est l’un de mes groupes préférés de tous les temps. Donc je pense que tu peux entendre un peu de toutes ces sonorités différentes dans notre musique, tandis que moi, j’y apporte une touche personnelle en termes de façon de penser. Je me concentre beaucoup sur l’atmosphère que dégagent nos chansons, et sur la mélodie également. Si je veux écrire une chanson accrocheuse, et qu’elle finit par passer à la radio, cela ne nuira pas non plus à notre carrière. Mais si tu te réveilles le matin en te disant : « Tiens, si j’écrivais un tube pour la radio” (il entonne un air plutôt débile) ‘lalala lala lala lalalala baby »… Alors, je réalise un effort conscient dans le but de produire un effet particulier… Personnellement, je préfère largement la spontanéité en matière de composition. J’emprunte beaucoup d’éléments au prog metal parce que c’est la musique qui me touche le plus personnellement. J’adore Anathema, par exemple, du fait de l’atmosphère que ce groupe génère avec sa musique. C’est une musique très émotionnelle, et cela me rend très émotif, jusqu’à me faire pleurer ! (rires). Il en va de même avec la musique de Steven Wilson, c’est une musique très forte émotionnellement parlant. C’est la raison pour laquelle la musique prog’ m’influence tellement.

 

Comment vous est venue l’idée du concept d’Avatar ? Je veux parler bien sur de votre univers basé sur le thème du cirque.

Nous avons eu un coup de bol ! Ce qui s’est passé, c’est que nous étions en train d’enregistrer notre quatrième album, Black Waltz qui ne s’appelait pas encore comme cela d’ailleurs à ce moment-là. On était très satisfaits de cet album à l’époque, et donc nous nous sommes dit que quelque chose avait changé dans notre orientation musicale, mais aussi dans la façon dont nous l’avions enregistré et produit. Nous sentions que nous avions franchi un pas, en quelque sorte, une progression. Nous avions grandi de façon rapide et étonnante, comme si nous avions gravi dix marches d’un seul coup. Et nous avions toujours à l’esprit notre volonté de proposer à nos fans un «package global». Tu peux appeler ça une image si tu veux, mais nous souhaitions absolument proposer un concept artistique global à nos fans. Quelque chose qui collerait parfaitement à notre musique. Cela pouvait être quelque chose à la Kiss, ou alors quelque chose de plus sérieux à la Joy Division. Ou alors quelque chose de léger comme, je ne sais pas moi… Les Foo Fighters, par exemple ? Ils portent juste des jeans et des t-shirts, et ils s’amusent bien !   Tu vois, c’est un «package global». Mais, nous ne savions pas encore ce qui allait le mieux nous convenir … Et nous ne savions même pas non plus quel titre nous allions donner à notre album ! Nous aimions bien le titre «Let It Burn» parce qu’il était très direct, très simple et très efficace à la fois. Et puis, il sonnait metal également. Donc, que pouvions nous donc bien faire ? Et nous nous sommes dit : « Pourquoi ne pas mettre Johannes dans un lac ? Et déversons de l’essence sur lui ! Et enflammons-le !  Cool ! Faisons donc ça ! ». Nous avons donc fait des séances de shooting photos pour trouver la pochette de notre album. Nous avons appelé un pyrotechnicien pour nous aider à réaliser ce que nous souhaitions faire : nous avions besoin d’un pyrotechnicien un peu fou pour réussir à mettre le feu au lac ! Nous avons fait venir quelqu’un des Etats-Unis et il m’a embrasé pour prendre des photos, et il en a profité pour nous montrer tout ce qu’il savait faire, comme manger du verre cassé et tout ce genre de trucs délirants…Alors nous avons réalisé que tout cela était bien cool et que nous avions cette chanson «The Waltz» pour laquelle nous souhaitions réaliser un clip vidéo. Ce que nous avons fini par faire, toujours avec l’aide de notre pyrotechnicien fou venu des USA. Certaines personnes qui travaillaient à ses côtés nous ont suggéré d’essayer cet univers du cirque. Ils m’ont proposé de me déguiser en clown effrayant, et de m’habiller comme si je travaillais vraiment dans un cirque pour voir comment j’allais me sentir. C’est alors que  je me suis regardé dans un miroir et que je me suis dit : «Hey, mais ce n’est pas un clown, c’est moi ! » Je me sentais comme à la maison en fait ! C’était juste parfait, je me sentais tellement bien ! Donc, nous avons pris des photos car John a tout de suite dit : “Vite, prends des photos, prends des photos tout de suite !”. Et voilà, c’est devenu la pochette de notre album. Nous avons donc eu de la chance, c’est évident !

 

Penses-tu que ton personnage puisse évoluer à l’avenir ?

Peut-être bien ! Mais ce serait un véritable suicide commercial de changer quoi que ce soit maintenant, parce que les gens apprécient cet univers tiré du cirque autour de la musique d’Avatar. Et nous adorons ça ! Donc, tant que cela nous plaît, nous n’avons aucune raison de changer quoi que ce soit. Aussi longtemps que cela nous inspirera, que cela aura du sens pour nous, nous ne changerons pas. Nous verrons bien combien de temps cela durera. Mais nous avons besoin de nous sentir en phase avec la musique d’Avatar, c’est une forme d’honnêteté intellectuelle. Si un jour le clown s’en va, alors cela devra s’arrêter. Mais, ce serait complètement ridicule de dire que cela n’arrivera jamais, même si je ne le vois pas du tout venir. Tout comme il serait complètement ridicule de dire que cela n’arrivera jamais ! Le temps nous le dira…

 

Combien de temps passez-vous à vous maquiller et à vous déguiser avant chaque concert ?

Nous commençons généralement à se préparer de façon à être prêts une heure avant le début du concert. Nous ne voulons pas être prêts trop longtemps en avance parce que nos déguisements nous permettent d’effectuer une sorte de transition mentale, et c’est aussi notre rituel quelque part… Donc, quelque fois, nous réalisons des vidéos pour la presse, et dans ce cas, je me prépare un peu plus tôt que d’habitude. Tu sais, si je devais me préparer très en amont, du genre cinq heures avant de faire la fête, le résultat serait très différent ! Je perdrais toute l’intensité de la transition vers mon personnage, donc une heure / une heure et demie avant, c’est suffisant. Et puis, la durée du maquillage dépend aussi de ma réussite du premier coup ou pas. Quelques fois, je recommence tout à zéro, ce n’est pas une science exacte !

 

Pour finir cette interview, as-tu un message particulier à adresser aux fans du Hellfest ?

Et bien, j’ai appris à dire «Faites du bordel» (en français dans le texte) ! Donc… Faites du bordel quand on se verra au Hellfest les amis !

 

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Interview: Keuf

Un grand merci à Roger (Replica)