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Interview exclusive – hellfest.fr : AIRBOURNE [Ryan O’Keeffe (batterie) et David Roads (guitare)]

10 février 2017

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« Quand les gens m’interrogent pour connaître mon festival préféré, en général, je mentionne le Hellfest. Il y a un certain feeling, une certaine énergie. Et puis le catering y est fabuleux ! »

Ryan O’Keeffe – Le Trianon, Paris – 1er décembre 2016

 

 

Quel est le dernier truc que vous avez choisi d’écouter ensemble ?

Ryan : Quand étais-ce… Ah, oui, c’était à l’occasion d’un repas de Noël ! Nous avons organisé un repas de Noël et nous avons écouté l’album Fly On The Wall (AC/DC) car Joël (O’Keeffe – chant et guitare) avait embarqué un lecteur dans le pub, du moins, dans la salle privative où nous dinions… Ce fut intéressant (sourire). Qu’avons-nous écouté d’autre ?

David : Quelques vieilleries, des démos, nos morceaux de rock préférés, tu vois le genre…

 

Vous êtes à Paris pour deux jours et le soleil brille même. Plutôt que de vous la couler douce ou de faire un peu de tourisme, vous voilà en train de répondre à des interviews. La situation ne vous dégoûte pas un brin ?

Ryan : (rire) Non ! Ҫa fait partie de notre métier que de propager la parole du rock n’roll. Nous serions davantage dégoûtés de ne pas faire d’interviews : ça signifierait que nous ne rencontrons pas de succès.

 

Il y a un an de ça, Paris a été le théâtre d’attaques terroristes. Revenir à Paris pour la première depuis ne suscite pas un étrange sentiment chez vous ?

Ryan : Non, non. Nous tournons partout. Nous venons de jouer à New York, et plus globalement aux Etats-Unis de manière importante. Nous avons tourné constamment depuis les dix dernières années et des évènements se sont produits partout entre temps. En général, quand des évènements tragiques ont lieu dans un lieu précis, il est rare qu’ils s’en reproduisent de nouveau au même endroit… C’est en général assez sûr après coup.

David : Les terroristes ne refrapperaient pas ici de nouveau.

 

Depuis ces évènements, la perception que vous avez de votre métier n’a pas évolué ?

Ryan : Non. C’est la même chose avec nos voyages, vu que nous prenons beaucoup l’avion. Depuis le 11 septembre 2001, il est évident que les mesures de sécurité dans les aéroports ont été renforcées. Et d’une manière général, c’est la même chose en ville : la sécurité est renforcée.

David : C’est la vie en générale. Tu regardes les infos et tu vois qu’un accident s’est produit. Et toi, tu peux te faire renverser par une voiture le jour suivant. Comme Ryan l’a dit, nous voyageons énormément, notamment par avion : nous sommes donc probablement plus exposés que la plupart de la population. Mais ce n’est pas quelque chose qui doit nous inquiéter outre mesure. Il faut continuer d’avancer.

 

Breakin’ Outta Hell’s est sorti il y a quelques semaines. Etes-vous satisfaits des divers commentaires et chroniques ?

Ryan : Il s’agit clairement des meilleurs retours reçus depuis… Black Dog Barking (2013) avait été très bien accueilli mais le dernier album semble bénéficier d’un accueil assez exceptionnel : nous ne pourrions pas être plus contents que nous le sommes aujourd’hui. Et l’accueil des nouveaux en conditions live s’avère lui aussi fantastique.

 

Chaque nouvel album d’Airbourne enregistre un classement supérieur au précédent dans les charts. Curieusement, cela semble avoir été plus difficile avec les Etats-Unis cette fois-ci. Comment l’expliquez-vous ?

Ryan : Je n’ai pas vu les chiffres pour les States mais je sais que l’album y est sorti une semaine plus tard. Les gens ont eu la possibilité de le télécharger ! (rire) Peut-être qu’il ne s’est pas si bien classé dans les charts mais nous venons d’y effectuer une tournée et cette dernière a été la plus réussie que nous ayons fait aux States. Ça a donc été sans incidence sur la vente de tickets, entre autres.

 

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Des morceaux préférés issus de cet album pour les jouer sur scène ?

Ryan : “Down On You” passe très bien. “It’s All For Rock N’Roll” est également un titre spécial, que nous avons écrit au sujet de Lemmy. Nous avons d’ailleurs filmé une vidéo à Manchester en support de celui-ci, laquelle sortira au début de l’année. C’est un morceau assez particulier pour nous.

 

Votre setlist est restée plutôt inchangée ces dernières semaines. C’est une approche pas très rock n’ roll du coup, non ?

Ryan : Nous avons justement changé le set lors de notre dernier concert, à Londres. Nous avons ajouté “Hellfire” que nous n’avions pas joué depuis six ans ou quelque-chose comme ça. Nous avons également ajouté “Diamond In The Rough” que nous n’avions plus joué depuis quelque temps.

David : Nous essayons simplement d’offrir le meilleur set possible, qui déroule bien, avec le bon feeling. Qui dispose d’une bonne dynamique, qui soulève les foules et qui propose un bon mélange des différents albums : c’est important. Etablir une bonne setlist est un exercice compliqué. Mais comme Ryan l’a dit, nous venons de donner deux concerts de rang et beaucoup de gens ont acheté des billets pour les deux concerts donc il est nécessaire dans ce cas de changer le contenu de la deuxième date. Comme insérer d’autres morceaux pour que cela soit différent pour le public.

 

Vous êtes désormais signés chez Spinefarm Records. Vous n’étiez pas heureux chez Roadrunner ? Ce qui est certain, c’est que vous êtes désormais de sacrés clients au sein de Spinefarm.

Ryan : (rire) Beaucoup de gens de chez Roadrunner ont bougé autre part. Et il se trouve que nous travaillons chez Spinefarm avec des gens avec lesquels nous collaborions chez Roadrunner. Nous sommes donc désormais chez Spinefarm qui semble être le parfait endroit pour nous. A l’occasion de ce premier album chez eux – le premier enregistré en Australie – nous avons pu faire venir Bob Marlette, qui s’était chargé de Runnin’ Wild, ainsi que Mike Fraser. Il a pris l’avion pour l’Australie et il est resté avec nous pendant 2 mois. Nous n’aurions jamais pu envisager une telle organisation avec Roadrunner. Spinefarm s’est montré vraiment très coopératif dans le but de faire au mieux pour le groupe et de lui permettre de faire ce qu’il voulait faire. Et l’album s’avère super. C’était le bon moment pour nous pour bouger.

 

Enregistrer en Australie, c’est quelque chose que vous allez reconduire à l’avenir ?

Ryan : Non, car le studio dans lequel nous avons enregistré – au moment-même où nous nous parlons, je pense – a été détruit.

David : Les Sing Sing Studios étaient là depuis les seventies mais malheureusement, les locaux ont été vendus et nous avons été le dernier groupe à y avoir enregistré un album.

Ryan : Nous pourrions enregistrer le prochain au Royaume-Uni ou en France, je ne sais pas encore.

 

Avoir Bob Marlette à vos côtés a été un important atout pour vous, je suppose.

Ryan : Oui et nous souhaitons clairement qu’il soit avec nous pour le prochain album. Nous verrons bien.

 

2017 marque le dixième anniversaire de Runnin’ Wild. Vous avez des projets de commémoration à cet effet ?

Ryan : Nous en avons effectivement parlé entre nous. Si l’album est bien sorti en 2007 en Australie alors que nous étions sur un label australien, sa sortie européenne remonte en revanche à 2008. Je pense que nous allons faire quelque chose l’année prochaine concernant Runnin’ Wild. Nous en avons parlé en tout cas.

 

Vous sortez un album tous les trois ans. C’est un cycle qui marche et qui est le parfait rythme pour vous ?

David : Ce n’est pas vraiment planifié de la sorte. Chaque album en lui-même génère un cycle de deux ans et…

Ryan : Le premier album est sorti chez Capitol/EMI puis en Europe via Roadrunner. Le second est sorti chez Roadrunner, le suivant chez Warner puis le dernier chez Spinefarm. Cela représente pas mal de changements de labels. Et nous avons de la chance de toujours être en mesure de sortir des albums. Ce cycle de trois ans n’est pas intentionnel. Peut-être que le prochain album sortira plus rapidement, tout dépend. D’une manière générale, nous tournons pas mal.  Nous ne sommes pas rentrés chez nous depuis juin. Nous sommes partis en tournée dès le mois de juin et ceci ne représente qu’un échauffement pour la promotion de l’album. L’année prochaine, ce sera une grosse tournée. La présente tournée serait suffisante pour beaucoup de groupes. Nous avons déjà fait l’Europe, les US, le Canada. Nous sommes de retour en Europe et au Royaume-Uni maintenant. Il y a aussi le Hellfest qui se profile, où nous disposons d’une position importante sur l’affiche. Nous tournons beaucoup et passons donc beaucoup de temps sur la route. Et ceci affecte la sortie de l’album suivant : il est impossible de sortir un album deux ans plus tard si tu vis sur la route depuis deux ans. C’est physiquement impossible.

 

Et pour vous, sortir un album, c’est davantage le souhait de proposer de nouveaux morceaux ou de se donner une raison de poursuivre les tournées ?

Ryan : Bon, nous adorons tourner. C’est aussi la raison d’être du groupe. Nos prestations live ont contribué à vendre le groupe et je suppose qu’elles ont permis de convertir en fans des gens qui se venus assister à nos concerts. Concevoir un album est probablement quelque chose de différent car tu dois adopter un certain état d’esprit. Sur la route, c’est différent car tout repose sur les concerts et ta faculté à rester sain et en bonne forme physique. Et c’est ce à quoi nous nous employons. En studio, c’est complètement différent. Ton esprit se concentre sur l’écriture : “Est-ce que ça fonctionne?” or “Est-ce que ça va fonctionner sur scène?”, ce genre de choses.

 

Joel semble de plus en plus accaparer l’espace (promo globale, affiches, pochettes, Facebook…). Le laisser seul sous les projecteurs est quelque-chose qui vous convient ?

Ryan : Absolument car c’est lui le chanteur. D’autre part, s’il y a bien une chose que les gens affirment aujourd’hui, c’est qu’il n’y a plus de rock stars. Et il n’y aura pas de rock star qui va émerger si tu regardes quatre personnes à chaque fois.

David : Joel est le frontman.

Ryan : Ouais, c’est le frontman. Et il le fait très bien. Et je pense que ça explique pourquoi ce groupe marche bien : c’est un frontman très divertissant.

 

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Tu parles de “rock stars”, de“frontman”. Votre opinion sur le choix d’AC/DC de faire appel à Axl Rose l’année dernière ?

Ryan : Le tour s’appelait Rock Or Bust. Je n’ose même pas imaginer l’état d’esprit d’Angus quand il a compris qu’il ne pourrait pas tourner avec son frère. Puis, il perd son batteur. Puis, il perd son chanteur. Un cauchemar ! N’importe qui d’autre aurait annulé la tournée après la perte de son frère.

David : Nous l’avons vu comme un coup de main donné par Axl Rose pour faire en sorte que la tournée puisse s’achever.

Ryan : Ҫa s’appellait Rock Or Bust : il a fait du rock et il n’a pas failli. Et d’après les retours que j’ai entendus, Axl a fait du très bon boulot, ce qui est fantastique en soi.

 

Ce sera la quatrième venue du groupe au Hellfest en 2017. Vous avez une anecdote particulière à partager concernant un précédent passage ?

David : Probablement celle où nous avons dû courir pour rejoindre la scène ! Tu t’en souviens, Ryan ? (rire) La veille, nous avions joué dans un festival en Espagne. Nous étions assez saouls, je crois…

Ryan : Ҫa remonte à nos débuts, à 2008. Nous avions joué en Espagne, dans les montagnes. Nous avons grimpé dans un van et un chauffeur devait nous acheminer vers le Hellfest et, nous ne pouvions pas utiliser un tour bus à cette occasion. Pendant le trajet, quelques joints ont tourné ainsi que des bières. Tout le monde s’est endormi et je me suis réveillé à 3 heures du mat’, à l’envers sur mon siège, avec la tronche contre le tableau de bord. J’ai immédiatement regardé le tour manager, vu que nous étions au milieu de nulle part, en rase campagne, au petit matin. J’ai alors regardé le chauffeur qui m’a dit “Je ne sais pas où nous sommes!”.

David : Apparemment, il avait conduit dans la mauvaise direction pendant quelques heures.

Ryan : Nous n’avions pas de GPS mais nous avons malgré tout fini par arriver à destination, très tôt le matin. Mais nous ne nous sommes réveillés que vingt minutes avant le début du set. Personne n’avait pris soin de réveiller le groupe mais le matériel avait été installé pendant ce temps-là. Le tour manager a quand même fini par nous réveiller et nous faire sortir du bus : “Vous devez être sur scène dans 15-20 minutes!”. Nous avons enfilé les fringues que nous avions sous la main et nous avons couru en direction de la scène avec les cheveux en bataille. Les guitares ont été balancées aux mecs, j’ai sauté derrière mon kit de batterie et au final, ça a été un des meilleurs shows que nous ayons joués. Il y avait des drapeaux australiens dans la foule et le public connaissait et attendait le groupe. C’est de loin un de nos concerts les plus mémorables. Normalement, nous prenons une heure pour nous réparer, tu sais. Les gars font des vocalises, moi je bosse sur mes bras et mes poignets pour les échauffer. Mais il s’agissait d’un jour chaud et ensoleillé et je suppose que nous étions prêts à assurer dans ces conditions ! C’était un de ces grands moments de rock n’roll !

 

Et l’édition 2017 ? la programmation est à votre goût ?

Ryan : Ҫa va être un festival très, très cool. Il y a tellement de noms sur l’affiche ! Je l’ai déjà dit à l’occasion d’interviews quand les gens m’interrogent pour connaître mon festival préféré : en général, je mentionne le Hellfest.

David : Il s’en dégage une telle énergie !

Ryan : Il y a un certain feeling, une certaine énergie. Et puis le catering y est fabuleux ! (rire)

 

Pour conclure, j’ai une petite requête. Je dois interviewer des membres de The Dead Daisies dans les jours à venir : quelle question leur poser de votre part ?

Ryan : Rouge ou blanc avec votre dîner ?

 

 

Interview : Wombat.

Un grand Merci à Olivier (Replica).