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Interview DEVILDRIVER

16 janvier 2018

DevilDriver

Dez Fafara (chant) & Neal Tiemann (guitare) Dimanche 18 juin 2017

« Nous travaillons, nous écrivons sans cesse. Je ne pense pas que nous ayons du temps à perdre en regardant dans le rétro-viseur.» – Dez Fafara

 

 

Comment est votre journée jusqu’à présent ?

Dez : Formidable ! J’adore venir ici. Ce festival est tellement bien organisé. Là, nous attendons de jouer ce soir. Nous disposons d’une super scène et nous allons jouer avec Slayer. Nous montons sur scène à 17:30 : c’est un super créneau pour nous et nous sommes excités par cette perspective. Le Hellfest est un de mes festivals préférés. C’est la première participation de Neal au Hellfest.

Neal : Ouais, ça fait partie de ces gros évènements que j’attendais avec impatience !

 

Dez, j’ai eu l’opportunité de t’interviewer pour la première fois en 2011. Je me souviens que tu étais en train de lire un bouquin sur la franc-maçonnerie à l’époque. J’aimerais savoir si tu as aimé ce livre et connaître celui que tu es en train de lire.

Dez : Je suis franc-maçon, en fait. Donc oui, j’ai beaucoup aimé ce livre ! (sourire) En ce moment, je lis un recueil de poèmes de Johnny Cash qui a été imprimé après sa mort et que son fils, John, m’a donné. Je l’ai donc avec moi. Il s’appelle Forever Words.

 

Votre dernier album en date, Trust No One est sorti l’année dernière. Votre esprit est-il tourné vers sa défense ou se concentre-t-il vers son successeur ?

Neal : Nous pensons toujours aux prochaines étapes. Nous ne sommes jamais pleinement satisfaits. Bien évidemment, Trust No One signifie beaucoup pour nous et nous continuons de tourner pour le promouvoir. Mais nous échangeons beaucoup dans la perspective d’un nouvel album. Nous avons même déjà écrit des morceaux pour un nouvel album.

Dez : Nous travaillons, nous écrivons sans cesse. Je ne pense pas que nous ayons du temps à perdre en regardant dans le rétro-viseur. Actuellement, nous tournons en support de Trust No One, qui est l’album ayant rencontré le plus de succès à sa sortie parmi nos 7 albums et qui a reçu une critique positive unanime partout dans le monde.

 

Le line-up a connu plusieurs changements au fil des années. Je me demandais si DevilDriver était le groupe d’une personne ou un groupe à part entière…

Dez : Bon, déjà, le tout premier guitariste n’a fait qu’une tournée avec nous avant de décider qu’il ne voulait plus tourner… Par la suite, je n’ai pas opéré le moindre changement à ce poste pendant 13 ans. Tu as déjà eu un boulot pendant 13 ans ? Eté marié pendant 13 ans ? Eu une copine pendant 13 ans ? La plupart des gens te répondront: “Non!”. C’est un bail. Je me suis aussi séparé d’un batteur. Ça faisait des années que nous ne nous entendions plus. Et pour finir, un autre guitariste est parti après n’avoir composé aucun morceau en 6 albums. C’est pourquoi j’ai fait venir Neal qui est un guitariste mais aussi un compositeur. Je pense que ce changement est très positif pour le groupe. Hormis ces changements, nous n’avons pas enregistré de vrais changements en presque 15 ans. Je ne connais pas beaucoup de groupes dans ce cas, tu sais… (sourire) Si tu ne t’entends pas avec d’autres membres, il faut opérer des changements. Il faut que l’expérience reste positive, qu’il s’agisse d’écrire de la musique, de voyager ou de jouer live. Si l’expérience n’est pas positive, ce n’est pas une bonne chose.

 

Hormis tourner et enregistrer, pas d’autres projets en vue?

Dez : Tourner et enregistrer, ça se résume à ça. Nous allons rentrer pour enregistrer, participer au Chicago Open Air avec plein de gros groupes en juillet. Nous avons également une tournée en headliner en août puis une autre tournée avec des groupes d’envergure à l’automne aux States.

 

Tu mentionnes le Chicago Open Air… Aux States, il n’y a pas pléthore de festivals du type de ceux qu’on peut trouver en Europe. Pourquoi ?

Dez : Il commence à y en avoir pas mal maintenant. C’est bien de constater que la mentalité européenne en la matière commence à s’exporter. Les festivals sont un excellent moyen pour les gens de voir plein de groupes. Je trouve ça bien.

 

Lors de notre entrevue de 2011, nous avions parlé des concerts de Coal Chamber prévus quelques mois plus tard. Quand je t’avais questionné sur le caractère permanent de cette réunion, tu m’avais dit : « Je vais avoir un rendez-vous galant avec la demoiselle, partager un verre de vin avec elle et nous déciderons de la suite plus tard ». Au final, il était comment, ce rendez-vous galant ?

Dez : Il s’est bien passé mais je n’ai pas envie d’un nouveau rendez-vous.

 

En revanche, tu vas intégrer des morceaux de Coal Chamber à la setlist de DevilDriver à l’avenir, non ?

Dez : Nous le ferons éventuellement à l’occasion de certains concerts car je ne veux plus avoir à attendre 13 ans pour jouer ces morceaux. Je ne peux pas me lancer dans un projet à moins de le faire à 110%. Dans le cas présent, les autres membres de Coal Chamber ont besoin changer d’attitude pour ce faire.

 

La première fois que je t’ai vu sur scène remonte au 20 juin 1998, à l’occasion du Ozzfest, à Milton Keynes, en Angleterre. Eprouves-tu de la nostalgie vis-à-vis de cette époque ? De l’état de l’industrie musicale à l’époque plus particulièrement…

Dez : Quand je regarde en arrière vers cette époque… C’était une période vraiment unique pour la musique. Tous les groupes sonnaient de manière différente. Chaque groupe avait son propre son, à l’époque. Même s’il y a de nouveau un frémissement en ce sens actuellement. Je regarde ça en me disant que c’est la période qui m’a permis d’être qui je suis en tant qu’homme et en tant que musicien. C’était une super époque, tu sais. Mais je ne regarde pas trop en arrière, je préfère aller de l’avant. Peut-être que je le ferai au moment d’écrire un livre mais pas maintenant.

 

Revenons au sujet des festivals. Certains groupes se focalisent uniquement sur les festivals et des fans ne fréquentent plus les clubs et gardent leur argent pour se rendre dans les festivals. Est-ce que ça signifie que les festivals tuent les tournées ?

Neal : Je ne pense pas du tout que ça soit le cas. Que ce soit pour nous, mais aussi pour de nombreux autres groupes, les concerts dans les petits clubs sont la vie. Nous en retirons l’énergie qui nous permet de jouer sur de grosses scènes et ainsi de générer une nouvelle énergie que nous déployons de nouveau dans les clubs. C’est pour cette raison que le public continue de venir à nos concerts. Nous ne sommes pas un cas isolé.

Dez: Nous allons jouer plein de dates en France l’année prochaine. Nous nous engageons sur 16 ou 18 semaines en Europe : c’est beaucoup pour un groupe européen en Europe. La France, le Royaume-Uni et d’autres territoires sont les bastions de DevilDriver. Nous ne voulons pas nous contenter de jouer les festivals. Voilà la réponse : nous ne voulons pas juste nous concentrer sur les festivals. Nous voulons donner des concerts en tête d’affiche, jouer dans les clubs car c’est de là que nous venons.

 

Est-ce que DevilDriver propose des packages VIP Meet & Greet aux States?

Dez : Oui.

 

Le public européen ne semble pas encore adhérer à cette pratique. Devoir payer un supplément pour rencontrer les groupes : est-ce devenu un mal nécessaire?

Dez : C’est très personnel. Pour pouvoir me rencontrer, il faut venir à une séance de dédicace, à un Meet & Greet. Voilà comment tu pourras me rencontrer. Je vais du bus à la scène puis je retourne dans le bus. Tu ne m’apercevras pas backstage ou dans un strip-club. Je ne l’ai jamais fait. Cette pratique aide le groupe. Nous y consacrons une heure en prenant soin de vraiment discuter avec les gens, nous sympathisons. Ces sessions de Meet & Greet permettent au groupe de partir sur les routes. Et puis, sans ces sessions, comment ferais-tu pour rencontrer DevilDriver ? A la fin d’un concert, tu n’attends quand même pas de nous que nous rejoignions le public et parlions à tout le monde ? Il faudra du personnel de sécu, etc. Tu vois ce que je veux dire : ce serait une organisation compliquée à mettre en place. Donc ceci permet aux fans de nous rencontrer et à nous de rencontrer nos fans. Je trouve ça super car ça te permet de te faire plein d’amis. Ils te voient comme une personne à part entière, pas comme une rock star, tout simplement parce qu’ils ont pu te parler. A l’occasion d’une séance de dédicace, je signe, je sers la main puis : suivant, suivant… C’est quoi, ça ? Si tu veux rencontrer les membres du groupe, c’est la seule façon de le faire. Si tu veux rencontrer Ozzy, comment vas-tu le faire ?

Neal : j’ai l’impression que les tickets de concerts sont un peu plus chers en Europe qu’aux States. Si tu paies déjà pas mal pour ton billet, tu n’as pas forcément envie de rajouter 30 euros pour ça…

Dez : Aux States, nous faisons en sorte que le prix ne soit pas excessif. Disons que tu paies 50 euros pour le Meet & Greet. Mais tu reçois un t-shirt – ce qui équivaut à 25-30 euros, en général. Et puis tu reçois un pass pour aller backstage, ainsi qu’un poster signé par nous tous et une photo prise avec tout le groupe au complet. Au final, c’est plutôt bon marché et ça fonctionne bien. Je trouve que c’est une super façon de rencontrer le groupe. Les groupes devraient faire ça en Europe également. Mais les billets sont déjà tellement chers en Europe. Je ne sais pas pourquoi…

 

Pour conclure, je vous remercie de terminer cette phrase pour moi : « Je n’ai jamais raconté cette histoire et je ne devrais sans doute pas le faire mais… »

Neal : Ceci me fait penser à plein de trucs que je ne peux pas te raconter !

Dez : Si nous n’en avons pas parlé jusque-là, il y a probablement une raison ! Mais ça reste une bonne question, par contre ! (rire)

 

Interview : Wombat.

Un grand merci à Elodie et Charles (HIM Media).