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Interview CRYPT SERMON

18 janvier 2018

Crypt Sermon

Brooks Wilson (chant) – Samedi 15 juin 2017

« Nous ne sommes pas des fans de Rob Zombie mais c’était l’occasion de voir un gros show avec de la pyro, etc. Le genre de truc qui ne sont pas compatibles avec un groupe de doom » – Brooks Wilson

 

Comment vas-tu ?

Je vais bien. Je pense même que je suis le membre le plus reposé du groupe à cet instant donné. Nous avons voyagé pendant 28 heures ou quelque chose comme ça pour arriver ici. Nous avons attendu le dernier train à Nantes mais ce dernier n’est jamais venu. Il y avait plein de metalheads qui attendaient aussi ce train. C’est alors que nous avons réalisé que ça faisait 28 heures que nous étions en train de voyager. Nous avons finalement pu être pris en charge par une navette. On s’est bien occupé de nous mais il a fallu attendre que la navette vienne nous récupérer depuis Clisson. Nous étions sur le point de nous écrouler tellement nous étions fatigués. Je suis le seul qui sois OK aujourd’hui. Les mecs ont voulu faire les warriors et trainer un peu : ils sont tous allés voir Rob Zombie. Nous ne sommes pas des fans de Rob Zombie mais c’était l’occasion de voir un gros show avec de la pyro, etc. Le genre de truc qui ne sont pas compatibles avec un groupe de doom. En tant que groupe de doom qui ne joue littéralement que dans le cadre de festivals, nous profitons de cette occasion.

 

C’est donc votre premier festival européen…

C’est ma première fois en Europe ! Ce n’est pas la première fois pour Steve, par contre car il vient juste de jouer au Keep It True pour remplacer un guitariste d’Eternal Champion. Il vient de me donner un cours intensif concernant ce à quoi je pouvais m’attendre car j’étais très nerveux, d’autant plus que quitter mes enfants est toujours compliqué pour moi.

 

C’est ici le public le plus nombreux devant lequel tu aies jamais joué, et de loin… As-tu fallu apporté des ajustements au jeu de scène ?

Je pense que l’approche est similaire, quel que soit l’environnement. Elle repose sur la connexion que tu établis avec le public et la façon dont tu les fais rentrer dans ton univers. Ce n’est pas un secret. Regarde les grands performeurs : ils regardent le public et les attirent vers eux. Je n’arrive pas à croire que nous ayons commencé en jouant dans des caves et que nous en sommes aujourd’hui à participer à de tels évènements.

 

Comment établissez-vous cette connexion avec le public ?

C’est une question intéressante. Tu peux identifier ceux qui connaissent les paroles. S’ils brandissent des horns par exemple, tu peux aussi les solliciter. Quand un concert est super, c’est que le groupe prend du plaisir à jouer. Nous sommes des musiciens enthousiastes à l’idée de jouer et ça, c’est un élément-clé dès lors qu’il est question de jouer live. C’est le cas pour nombre de groupe de heavy metal traditionel ou de rock. Bien sûr, nous sommes intéressés à un certain point par la musique pop qui elle aussi, a recours à des éléments théâtraux. Cette communauté rejette souvent ça mais c’est fun de faire partie du public pour de tels shows et c’est également fun de jouer de tels trucs.

 

Je pense que chaque individu se souvent de la première fois qu’un de ses groupes a déclenché un moshpit…

C’est vrai ! Genre « Je l’ai fait ! ». Je me souvent quand Steve et moi faisions partie d’un groupe de grindcore. Nous n’avons pas sorti le moindre album mais les gens ont fait preuve d’enthousiasme et ont commencé à mosher. C’est la première fois où nous nous sommes dit qu’il y avait quelque chose à creuser. En tant que musiciens, c’était plutôt gratifiant. Je joue dans des groupes avec Steve depuis un putain de bail et certains n’était pas aussi bons que celui-là !

 

Tu as des pointes au bout de tes bottes, une cravate de cow-boy : d’où vient ce look de western ?

Nous en avons parlé au sein du groupe. L’esthétisme que nous essayons d’élaborer est un mélange des cultures européenne et américaine. C’est sur scène que ça prend forme. J’ai grandi dans le sud et je trouve qu’il y a un phénomène culturel qui te conduit alors à apprécier la musique country, et ça, c’est intéressant. Je porte de bottes de cow-boy depuis que je fais de la musique. Je suis le seul à être originaire du sud et ça me donne un héritage, en termes d’éducation religieuse, de valeurs communautaires, qui sont typiquement issues du sud-est des Etats-Unis. Les gens sont enclins à se côtoyer, à passer du bon temps ensemble car il n’y a pas grand-chose à faire d’autre sur place.

 

Ce background chrétien influence la musique ?

Je pense que je peux m’exprimer avec une certaine autorité  sur le sujet. J’ai grandi dans un environnement très religieux et la fascination a été continue. Son influence sur les cultures du monde entier est telle qu’elle les a façonnées. Le recours à l’imagerie religieuse m’intéresse mais je ne compte pas toujours l’utiliser. Si jamais nous devons l’utiliser plus intensément à l’avenir, nous devrons aussi être capables de nous en passer.

 

Et ta fille, elle influence ta musique ?

Etre père a eu un impact sur l’écriture de mes textes. Mais je ne pense pas qu’elle ait eu de l’influence sur ma musique pour autant. Avoir un enfant te donner nécessairement une autre vision des choses. Ça te nourrit au niveau des idées, notamment en termes d’utilisation de la langue. Je suis impliqué dans le système éducatif de jeunes enfants donc le cadre ne m’est pas inconnu. La paternité comporte des valeurs particulières : c’est une chose incroyable.

 

Interview : Matt Bacon.