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ANTHRAX – 2 interviews exclusives pour hellfest.fr : Charlie Benante and Joey Belladonna

7 mars 2016

« Achetez la musique. Ne la volez pas. » – Charlie Benante – 16/12/2015

INTERVIEW #1 : CHARLIE BENANTE

 

Qu’est-ce que ça fait d’enchaîner les interviews pendant une journée complète ?

Il y a des fois où parler de moi finit par me rendre malade !

 

Simple curiosité : je croyais que vous viviez tous à New York. Quand as-tu emménagé à Chicago ?

Je me suis installé là-bas il y a quelques années. C’est une longue histoire.

 

C’est en effectuant quelques recherches pour préparer cette interview que j’ai réalisé à quel point tu étais le cœur battant d’Anthrax…

C’est toi qui le dis, pas moi ! (rire)

 

Quand as-tu commencé à archiver tous ces documents concernant le groupe ?

Depuis le premier jour, j’ai toujours été un peu collectionneur. Je conservais un exemplaire de chaque truc que nous sortions et je le stockais. Je disais à l’ingénieur du son : « Enregistre ce concert pour moi ! ». Et je mettais la bande de côté. Je conservais des affiches de nos concerts et je les mettais de côté également. Je me procurais également un exemplaire de chacun de nos t-shirts et je le mettais de côté. C’est tout moi, ça.

 

Et comment tu stockes tout ça?

Nous disposons d’un espace de stockage qui s’apparente à une sorte de grand grenier.

 

Donc à Chicago, il existe une caverne dédiée à Anthrax?

En quelque sorte.

 

As-tu déjà éprouvé le rêve de monter un Musée Anthrax ?

Non, ce serait quand même un peu exagéré. Mais ce serait assez fun.

 

J’ai été vraiment impressionné à l’écoute de votre nouvel album. Il est prêt depuis longtemps : qu’en penses-tu à titre personnel ?

Je l’adore. Je l’adore vraiment. Je pense que c’est un aboutissement. Crois-moi, je me sens vraiment épanoui par ma contribution personnelle au sein du groupe. Avant de débuter l’écriture des morceaux, j’éprouvais un peu d’inquiétude, que les chansons ne viennent pas… Mais en fait elles sont venues. Je dis toujours que je peux respirer un peu plus facilement une fois que le sixième morceau est écrit car cela signifie que nous sommes sur le bon chemin.

 

Vous avez écrit jusqu’à vingt morceaux pour cet album…

C’était le but. Je ne voulais pas non plus écrire vingt morceaux pour faire du remplissage. Je voulais vingt très bons morceaux. Il y en a bien vingt mais tous ne sont pas aboutis au niveau des paroles, entre autres.

 

Y a-t-il une chance qu’un EP ou quelque chose dans le genre sorte l’année prochaine ?

Ça pourrait évoluer dans ce sens. Je m’imagine bien retourner en studio, finir ces morceaux et sortir un EP. Je ne veux pas faire patienter les gens jusqu’à un nouvel album. J’aimerais beaucoup sortir un autre Anthems (EP sorti en 2013 regroupant des reprises) et peut-être y intégrer deux nouveaux morceaux.

 

Sur les sept morceaux ne figurant pas sur l’album, combien pourraient faire l’objet d’une finalisation ?

Il y en a trois bons, des vraiment bons mais qui ne sont pas complètement aboutis. Et l’un d’entre eux est actuellement en train d’être re-travaillé avec un autre objectif en tête.

 

C’est fascinant… C’est la première fois que vous produisez autant de matière, non ?

C’est correct. Je ne sais pas pourquoi ce fut si fluide cette fois. J’étais vraiment inspiré. J’étais juste content que ça sorte. Je n’ai pas eu à batailler, c’est juste venu naturellement.

 

Ça doit être encourageant de constater qu’après trente-trois ans d’exercice au sein d’un groupe, il est possible d’avoir une telle créativité.

C’est exactement ce que j’ai pensé ! J’étais juste reconnaissant que ça puisse se passer de la sorte !

 

C’est juste époustouflant.

Totalement !

 

Quelle est la nature de ta relation avec Jon Dette (remplaçant récurrent de Charlie en tournée) ?

Excellente. Je l’adore et c’est un grand batteur. Je lui suis très reconnaissant d’exister.

 

Comment est-il devenu ton remplaçant officiel ?

Il y a quelques années, ma mère est tombée malade et j’ai dû rater quelques dates pour passer du temps auprès d’elle. Le gars qui assurait habituellement mes remplacements n’était pas disponible donc nous avons sollicité Jon qui a accepté. Une fois que Jon (Donais – guitare) a quitté Shadows Fall pour de bon pour nous rejoindre, les gars ont pensé que c’était le moment d’officialiser son statut et ils lui ont demandé d’être le remplaçant officiel. Voilà comment ça s’est passé.

 

L’artwork du nouvel album est mon favori au sein de votre discographie. D’où l’inspiration est-elle venue ?

Je prenais un café avec Alex Ross et nous discutions de concepts et de la possibilité pour lui de réaliser l’artwork. Je lui ai donc exposé quelques-unes de mes idées. Il n’a pas été très convaincu par une ou deux mais pour cette dernière, c’était : « Je pense que tu tiens quelque chose ». A partir de là, nous avons rebondi l’un l’autre. Une fois qu’il a eu le concept en tête, j’ai trouvé que c’était parfait. Il a fait un super travail. Il a pris mon idée et lui a donné vie.

 

Je l’ai justement sous les yeux et les détails sont époustouflants.

Ce mec est fantastique !

 

Y a-t-il une signification particulière quant à la façon dont sont alignées les statues ?

C’est une histoire assez marrante, en fait. A l’origine, les statues devaient être en travers. Alex me disait : « Non, non, non ». Il a donc apporté deux modifications. La première, c’est l’ordonnancement des statues. La deuxième, ce sont les statues qui sont désormais à l’effigie du groupe. Au début, je ne voulais pas que ça représente le groupe mais il a tellement insisté que je l’ai suivi. Si tu observes l’ordre des statues, il correspond plus ou moins à l’arrivée des membres au sein du groupe.

 

Avez-vous pensé à décliner des figurines ?

Nous n’en sommes pas arrivés là mais j’avais envie de faire un jeu d’échecs. Nous avons complètement annulé ça mais nous allons faire un jeu de poker à la place. Mais je trouve qu’un jeu d’échecs aurait vraiment été génial.

 

As-tu eu l’occasion de jeter un œil à la programmation du Hellfest ?

Ouais, elle est assez cool :

 

Tu y as déjà joué, non ? Qu’en as-tu pensé ?

C’est un des meilleurs festivals. Je pense même qu’il aura encore plus de sens après les attaques qui ont touché Paris. La sécurité sera sans doute renforcée.

 

Etes-vous inquiets par la perspective de revenir jouer en Europe après ces évènements?

Oui. Nous sommes déjà tous angoissés à l’idée de prendre l’avion donc toute cette merde rend l’idée encore plus difficile à appréhender.

 

Qu’est-ce que ça signifie pour l’avenir d’Anthrax ?

La même chose que pour tous les gens qui font ce qu’ils aiment, qui gagnent leur vie et qui profitent de la vie. Ça signifie qu’il y a un paquet de trous du cul qui essaient de tout gâcher.

 

Qu’est-ce que tu aimes tant au sujet de la musique ?

Elle illumine ma journée. Elle m’aide à tenir le coup. Elle me met de meilleure humeur. Je pense que, d’une manière générale, elle aide beaucoup de gens dans leur quotidien. J’aimerais que plus de gens soit absorbés par elle plutôt que de déprimer ou de commettre des actes odieux. Ils devraient plutôt écouter du Iron Maiden, se relaxer et le savourer.

 

Quelques paroles sages pour conclure ?

Achetez la musique. Ne la volez pas.

 

 

Interview : Matt Bacon.

New York – 16/12/2015

Un grand merci à Heidi Robinson-Fitzgerald (Herfitz)

 

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« Je n’ai jamais joué au Hellfest ? Est-ce que c’est un festival d’été ? » – Joey Belladonna – 26/10/2015

 INTERVIEW #2: JOEY BELLADONNA

 

Anthrax n’a joué qu’une seule fois en 10 ans au Hellfest. C’était en 2009, et tu ne faisais pas partie du groupe à ce moment-là. Est-ce que tes potes t’ont parlé du festival ?

Absolument pas, non. Ils ne m’en ont pas parlé. Mais tu sais, lorsque tu fais des concerts, tu en parles quelques jours avant en disant « Ah ouais, on va jouer à tel endroit »… Mais bon, pas grand-chose de plus. Bon donc, je n’ai jamais joué au Hellfest ?

 

Et non, pas encore !

Est-ce que c’est un festival d’été ?

 

Oui, exactement !

Ok, alors peut-être y jouera-t-on l’année prochaine, non ? Qui sait, va savoir ! Tu sais, j’adore jouer dans de tels évènements. Les gros festivals d’été sont très importants pour moi et j’adore y jouer parce que ce sont toujours des endroits super ! Il y a toujours des bons souvenirs à ramener, des personnes sympas rencontrées à ce moment-là. Et le festival, c’est un gros festival n’est-ce pas ?

 

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Ouais tout à fait, c’est même le plus gros festival metal français ! Et sinon, par toi-même, as-tu entendu parler du Hellfest ? Si oui, de quelle façon ?

Oui, j’ai entendu parler du Hellfest, mais tu sais, parmi tous ces concerts et festivals, tu ne sais pas vraiment comment ça se passe tant que tu n’y as pas mis les pieds toi-même ! Tu imagines les environs, tout ce qui entoure le festival, les loges, le bus… Tu vois bien comment tout cela s’imbrique. Je me souviens en particulier du Download Festival, je me rappelle que nous avions fait une grosse tournée européenne il y a deux ans, et je ne comprends pas comment on a fait pour rater le Hellfest (rire) !

 

En 2016, sais-tu que Slayer, Megadeth et Anthrax se produiront au Hellfest sur la même scène ?

Ah bon, vraiment ? Je vais jouer au Hellfest l’année prochaine ?

 

Oui, tu joueras au Hellfest !

Est-ce que c’est officiel ? C’est déjà annoncé ?

 

Non, cela ne l’est pas encore, mais cela ne devrait plus trop tarder !

Ah ok, mais toi, tu le sais, tu es au courant, n’est-ce pas ?

 

Oui, je suis au courant car je suis membre du Hellfest Crew (je me tourne pour lui montrer mon blouson).

Woow, ok! Donc… Tu as l’information ! Et on y jouera quel jour ?

 

En principe, cela devrait être le dernier jour du festival, le dimanche (note : la programmation ayant évoluée depuis, Anthrax jouera le vendredi), mais cela reste à confirmer. Et c’est Black Sabbath qui sera la tête d’affiche ce jour-là.

Oh putain, ça c’est bon ! Avec Slayer et Megadeth, cela signifie que nous serons 3 du Big 4 ! On se connaît tous très bien et on est tous potes, et c’est super pour les fans, je pense, de nous voir tous réunis. Le Big 4 aurait été parfait mais bon, vous en aurez 3, cela n’est déjà pas mal ! Et bien écoute, merci pour l’info !

 

Je t’en prie Joey !. Votre nouvelle vidéo pour le titre « Evil Twin » est sortie il y a quelques jours. C’est le premier single extrait de votre prochain album à paraître au cours du premier trimestre 2016. Il y a un message extrêmement puissant dans cette chanson qui va droit au cœur de tous les Français, en particulier du fait du massacre perpétré chez Charlie Hebdo en janvier 2015 à Paris. En quoi Anthrax est-il particulièrement concerné par ce sujet ?

Oui, j’ai entendu parler de Charlie Hebdo et ça craint, tout autant que ce qui est arrivé chez nous le 11 septembre 2001… Ça craint de plus en plus. C’est tellement triste d’avoir à faire à ces sales cons de nos jours. On n’avait pas vraiment besoin d’eux… Maintenant, la peur s’installe partout, ça change radicalement la donne, et putain ça craint vraiment… Je ne sais pas quoi te dire de plus sur ce sujet, sauf qu’il faut en avoir bien conscience et faire avec désormais…

 

Ouais comme tu dis Joey… Revenons à votre nouvel album, d’après toi, quelle sera sa principale valeur ajoutée dans la discographie d’ANTHRAX ?

Je pense que cet album est une très belle continuation de notre album précèdent. On revient sur notre terrain de prédilection. C’est un disque bien heavy, plus lourd que le précédent selon moi. Il est vraiment très intense, avec des moments épiques, donc je suis très satisfait de ce petit dernier. Quand tu l’écouteras, tu verras qu’il te faudra certainement plusieurs écoutes pour te l’approprier pleinement, prendre conscience de tous les détails, car il est riche, très riche même.

 

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« Spreading The Disease » célèbre ses 30 ans cette année. Cela signifie-t-il que vous allez fêter ça comme il se doit sur scène, ce soir, au Zenith de Paris ? Ou alors plus tard lors de votre tournée estivale des festivals par exemple ?

Ouais, on a du matos pour vous oui ! On va vous en jouer quelques titres bien sûr, ouais ! Parce que j’adore cet album : ça a été mon premier « vrai » enregistrement studio en tant qu’album tu sais ! J’avais bien enregistré quelques reprises avec différents musiciens, mais cet album est mon premier en tant que tel ! Je me souviens qu’à l’époque, j’étais très curieux et très intrigué de voir ce que le résultat allait donner, d’entendre comment j’allais sonner en tant que chanteur. J’étais vraiment très satisfait du résultat, même si cet album n’a jamais eu le succès qu’il méritait, en tous cas pas autant que nos autres disques. Il n’est même pas encore devenu disque d’or, mais il le deviendra peut-être un jour, ne désespérons pas ! (rire)

 

Penses-tu un jour reprendre ta carrière solo ou réserves-tu ton avenir artistique à Anthrax ?

Oh oui… Tu sais, j’ai des chansons en stock, et j’adore faire ma propre musique. Mais j’essaye de ne pas trop interférer avec le reste. Il y a des gens qui courent tout le temps et qui essayent de tout faire en même temps. Moi, ce n’est pas mon truc… Parfois, tout le monde est disponible pour bosser avec moi sur mon projet solo, et parfois, cela n’est pas le cas. Donc ça prend beaucoup de temps et cela demande de la patience pour avancer car je m’implique à fonds dans ce que je fais, et j’apprécie que les gens s’intéressent à ma carrière solo. Parfois, je me demande si je ne devrais pas essayer quelque chose d’un peu plus léger musicalement, un peu moins metal en quelques sortes, quelque chose à mi-chemin entre le metal et le rock par exemple. Avec des connotations bluesy… Pas de la pop non plus, tu vois… Je ne sais pas trop quoi en penser… J’ai toujours donné dans le metal très “prévisible” mais efficace, avec des bonnes chansons, donc quelquefois, je me dis qu’un peu de changement… En tous cas, j’ai la matière pour !

 

Lorsque tu fais de la promo comme c’est le cas aujourd’hui, c’est à dire des interviews, des meet & great avec les fans, etc… Ne crains-tu pas de mettre ta voix en danger pour le concert au Zénith de ce soir ?

Certainement pas (rire). Tu sais quoi ? Ce genre de truc ne m’inquiète pas vraiment et je peux fonctionner tranquillement avec. Mais tu as raison, certains chanteurs préfèrent ne pas du tout solliciter leur voix le jour des concerts, et préfèrent donc rester enfermés dans leur chambre d’hôtel. Mais moi non, je peux parler, peut-être pas toute la journée quand même, mais je peux parler !

 

 

Interview: Keuf

Hôtel Mercure-Porte de Pantin – 26/10/2015

Un grand merci à Valérie (Nuclear Blast)